III. — MADRAS
Contrairement à ce qui se passe pour les rayons de Calcutta et de Bombay, où ces deux villes centralisent presque toutes les aflfaires, le commerce de la présidence de Madras, quoique beaucoup moins important, se répartit entre un grand nombre de ports. La ville de Madras en prend en-
viron la moitié; le reste se divise entre les petites places d'affaires de Cocanadah, Pondichéry, Karikal, Tuticorin sur la côte Coromandel, Cochin et Calicut sur la côte Malabar.
On ne trouve plus ici l'activité fébrile de Bombay et de Calcutta, la vie y est plus calme, les affaires y sont plus modestes. Elles s'élèvent annuellement à un chiffre total d'environ :
Pour l'exportation F. 200 millions.
Pour l'importation en marchandises. ... « 110 —
Les principaux articles d'exportation sont le coton pour une valeur d'environ 100 millions, et les cafés pour 15 millions; le reste comprend des indigos, des riz, des graines, du poivre, des huiles, du sucre, etc. L'exportation du coton s'élève à 350,000 balles, dont les deux tiers s'expédient de Madras même et l'autre tiers de Gocanadah et de Tuticorin ; cette exportation se fait presque entièrement sur l'Angleterre. Les cafés, dont la quantité peut être estimée à 15 millions de kilogrammes, partent un tiers de Madras et deux tiers de la côte, et vont moitié en Angleterre et moitié en France.
Quant à l'importation, qui se compose principalement de produits manufacturés anglais, elle ne se fait directement d'Angleterre que pour une portion, car la moitié environ des cotton goods im-
portés dans la présidence de Madras lui est expédiée par Calcutta et Bombay.
Il y a, le long de la côte, dans notre possession française de Pondichéry et sur un ou deux autres points, quelques maisons françaises peu importantes; à Madras, par contre, il y en a deux grandes, et je citerai particulièrement MM. Lecot et compagnie.
Je ne crois pas pouvoir quitter l'examen de la présidence de Madras sans dire quelques mots de l'Ile de Ceylan, qui en est si rapprochée et qui, bien que ne dépendant pas politiquement de l'empire indien, puisqu'elle relève directement du gouvernement anglais, doit, il me semble, lui être rattachée dans une revue commerciale.
L'exportation de Ceylan consiste surtout en café, dont elle expédie annuellement plus de 40 millions de kilogrammes d'une valeur de hO millions de francs. On y produit aussi pour 5 ou 6 millions de francs d'huile de coco. ^ Quant à l'importation, elle se distingue par le chiffre relativement considérable de 15 ou 20 millions de francs en riz, l'île n'étant pas encore assez cultivée en céréales pour subvenir aux besoins de ses habitants, bien que leur nombre ne s'élève qu'à environ 2 millions.
La capitale commerciale de Ceylan est Colombo ; on n'y trouve pas de maison française.