‹ Seize mois autour du monde, 1867-1869: et particulièrement aux Indes enChapitre 156 sur 168 · IV. — CONCLOSION · texte numérisé non relu

IV. — CONCLOSION

Pour résumer en peu de mots mon opinion sur la Gochinchine je dirai, monsieur le Ministre, que nous avons là une très-bonne colonie, que jus^ qu'ici il y a été fait beaucoup par son gouvernement, et que certes ceux qui jettent de tous côtés le blâme sont bien impatients ou bien peu impartiaux ; mais qu'il reste encore beaucoup à y faire et qu'il sera bientôt temps d'y introduire même de grandes réformes.

J'ai indiqué, dans le cours de mon rapport, les améliorations que je crois devoir surtout recommander et qui sont : la substitution du régime civil au régime militaire, l'introduction d'une culture riche, telle que la soie ou le tabac, qui puisse donner à l'exportation un aliment de quelque importance, enfin le développement de la population de notre colonie aussi bien par quelques mesures sanitaires que par un peu de publicité à l'étranger et particulièrement en Chine.

Pour couronner toutes ces mesures il en faudrait une dernière qui malheureusement est moins du domaine du gouvernement que de celui de la nation française elle-même; il faudrait que les Français, renonçant un peu aux idées qu'ils ca-

ressent d'ordinaire pour leurs lils et qui ne voient rien de plus enviable qu'une place dans les bureaux de l'enregistrement, des douanes, ou, en un mot, de Tadministration, finissent par comprendre que le présent et l'avenir appartiennent maintenant à ceux qui font le plus preuve d'initiative individuelle. Je retombe là, monsieur le Minisire, dans la thèse que j'ai déjà indiquée dans mon dernier rapport sur l'Inde anglaise et que j'ai hâte d'arriver à développer plus au long dans une de mes prochaines communications.

J'ai l'honneur d'être, etc.

Saigon, 26 mars 1868.

â^l SEIZE MOIS AUTOUR DU MONDE.

RAPPORT

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