SUR LA CHINE
Monsieur le Ministre ,
Le commerce extérieur de la Chine s'est élevé, pour Tannée 1867, aux chiffres approximatifs de :
600 millions de francs pour l'importation ;
450 millions pour Texportation.
Les principaux articles d'importation ont été :
Les opiums, pour 300 millions, soit 5 millions et demi de kilogrammes;
Les cotonnades, 120 millions, soit 4 millions et demi de pièces;
Les articles de laine, 55 millions;
Les cotons bruts, 40 millions; les riz, 30 millions, soit 150 millions de kilogrammes;
Les houilles et métaux, 25 millions.
Et Ton peut évaluer aux sept huitièmes de ce total les provenances de l'Angleterre et de ses colonies.
L'exportation s'est composée surtout de :
Thés, pour 270 millions, représentés par 75 millions de kilogrammes ;
Soies, pour 120 millions, représentés par 2 niillions et demi de kilogrammes.
Et les principaux pays sur lesquels cette exportation a été dirigée sont :
L'Angleterre et ses colonies, pour 60 millions de kilogrammes de thé et 20,000 balles de soie ;
L'Amérique, pour 15 millions de kilogrammes de thé et 1,000 balles de soie;
La France, pour 500,000 kilogrammes de th^ et 20,000 balles de soie.
L'importation se fait à peu près entièrement par l'entremise des deux grandes places de Hong-Kong et de Shanghaï; elle se* répartit ensuite, partie entre les marchands chinois qui, désireux d'ach^ ter de première main, viennent s'approvisionner sur ces places mêmes, et le reste entre les succursales qu'ont là plupart des grandes maisons dans un ou plusieurs des quatorze ports secondaires ouverts par le gouvernement chinois au commerce européen.
Quant à l'exportation, elle se fait plus directe-
ment de chacun des ports ; ainsi, Foo-chow exporte annuellement 20 millions de kilogrammes de thé, et Amoy en expédie 2 millions de kilogrammes. Cependant Shanghaï sert encore beaucoup d'intermédiaire aux places du nord et du Yangtze-Kiang, et les produits de Canton et de Swatow passent presque tous par Hong-Kong.
Pour celui qui, comme moi, étudie surtout la Chine commerciale au point de vue français, il est, je crois, inutile d'entrer dans plus de détails au sujet des ports secondaires. Ce n'est pas de ce côté-là qu'est l'avenir pour nous, car il est à remarquer que, pour tout le commerce côtîer et pour celui des rives du Yangtze-Kiang, les négociants chinois nous opposent une concurrence de plus en plus prédominante, grâce au peu de frais qu'ils ont en comparaison des nôtres. Je ne m'occuperai donc, monsieur le Ministre, que de Hoûg-Kong et de Shanghaï; j'examinerai leur importance relative, je dirai par quelles nations le commerce y est conduit, enfin je rechercherai la part que la France pourrait et devrait y prendre.