‹ Seize mois autour du monde, 1867-1869: et particulièrement aux Indes enChapitre 164 sur 168 · II. — YOKOHAMA ET YÉDO · texte numérisé non relu

II. — YOKOHAMA ET YÉDO

La concession de Yokohama n'a rien de séduisant à première vue; c'est un ancien marais que les Japonais ont comblé, tant bien que mal, pour nous, et la baie qui le précède n'offre aucun avantage spécial pour le chargement et le déchargement des navires. C'est cependant là que s'est formé le grand centre européen du Japon et qu'il se traite dès maintenant un commerce annuel de plus de 100 millions de francs, moitié en importations, moitié en exportations.

Les principaux produits que nous y achetons sont 3

Les soies brutes pour 35 à 10 millions; •

Les graines de vers à soie, 15 à 25 millions;

Les th^s, 10 millions.

lesprincipaux articles quenousj vendons sont:

Les cotons filés, tissés et imprimés, pour 20 millions ;

Les étoffes de laine ou de laine et coton mélangés, 15 millions;

Les armes et bateaux à vapeur, 12 millions.

Il faut y ajouter aussi une certaine quantité de sucre venant de Chine (environ 3 millions de francs), de vins et liqueurs (1 million de francs), et de temps en temps des riz de Hong-Kong et de Saigon, et des cotons de Chine, *

Les affaires d'exportation s'y font d'une façon régulière et très-satisfaisante ; les importations, au contraire, ne sont pas encore bien stables, nous ne connaissons pas encore assez les goûts et, pour dire le mot, les modes du Japon, et, à Texception des filés de coton et des shirtings anglais, qui sont déjà considérés ici comme matières premières, la demande, pour les articles de fantaisie, cotons imprimés, pure laine ou laine et coton, a été des plus variables d'une année à l'autre.

La grande ville de Yédo, qui va être ouverte prochainement à nos négociants, n'est distante de Yokohama que de 6 ou 7 lieues; elle a eu, dit-on, jusqu'à 2 millions d'habitants dans les beaux temps du taïkounat, mais ce chiffre s'est restreint d'année en année depuis notre arrivée, et il est tombé

maintenant au-dessous d'un million. La ruine de la maison de Tpkungawa et la fermeture des palais de presque tous les princes ont donné à Tancienne capitale un air de tristesse et de mort, et il est grandement à désiriBr que le mikado mette à exécution le projet qu'il annonce d'y transporter sa résidence.

La concession que Ton nous y prépare est fort bien située sur le bord de la baie, à Tembouchure de la grande rivière d'Ogawa. Elle servira certainement à développer nos rapports avec le Japon, mais je ne pense pas qu'elle porte atteinte à Yokohama, pas plus que ne le feront Hiogo et Osacca. Ces deux derniers pbrts lui enlèveront probablement son commerce de thé et exporteront peutêtre un peu de soie, niais Yokohama restera toujours le grand entrepôt des districts séricicoles de Maybash et d'Oshiou, qui forment en définitive rimmense majorité de la production japonaise. Je crois donc qu'au lieu de se nuire les uns aux autres, tous ces ports ne feront qu'augmenter d'importance chacun de son côté.

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