‹ Seize mois autour du monde, 1867-1869: et particulièrement aux Indes enChapitre 165 sur 168 · III. — OSACCA ET HIOGO · texte numérisé non relu

III. — OSACCA ET HIOGO

Osacca et Hiogo sont deux villes voisines, situées à une dizaine de lieues l'une de l'autre, au fond de

la mer Intérieure. On ne comprend pas très-bien pourquoi nos agents diplomatiques ont demandé l'ouverture simultanée de ces deux places, car les inconvénients qui en résultent l'emportent de beaucoup sur les avantages que l'on prétend y trouver. On dit que le port d'Osacca est moins bon que celui de Hiogo, mais on peut répondre à cela que, dans chacun d'eux, les navires ne peuvent pas aborder à quai et sont obligés de se tenir en rade, et qu'en attendant la construction d'un chemin de fer dans un temps plus ou moins éloigné, les produits qui viennent s'embarquer à Hiogo traversent encore tous la barre si décriée de la rivière d'Osacca.

Quoi qu'il en soit, les deux concessions existent, et comme, à peine ouvertes, elles se peuplent déjà de nombreux négociants qui, tout en se plaignant hautement de la double dépense, établissent leurs comptoirs dans les deux villes en même temps , il est à peu près certain qu'elles se développeront simultanément. Hiogo ou plutôt Kobé (car c'est là le nom de la concession) restera le port de chargement et de déchargement; Osacca, la grande ville des banquiers et des marchands japonais, sera le centre des af-

faires, avec son million d'habitants, son voisinage de la ville industrielle en même temps que sa-

erée de Kioto, avec enfin sa belle position au eœur de Nîpon.

Kobé et Osacca se présentent à notre commerce sous les meilleurs auspices, surtout pour nos produits manufacturés dont elles deviendront, je erois, les grands entrepôts du Japon ; elles méritent donc, au plus haut point, Fattention des Européens.

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