‹ Seize mois autour du monde, 1867-1869: et particulièrement aux Indes enChapitre 166 sur 168 · IV. — COUP d'oeil d'ensemble sur les rapports · texte numérisé non relu

IV. — COUP d'oeil d'ensemble sur les rapports

COMMERCIAUX DE l'eUROPE AVEC LE JAPON.

Les relations commerciales de l'Europe avec le Japon sont loin d'avoir l'importance de celles que nous avons avec la Chine et les Indes, mais, toute proportion gardée entre les 30 ou 40 millions de Japonais, les 200 millions d'Hindous et les 3 ou 400 millions de Chinois, il y a lieu d'être nonseulement satisfait mais encore étonné des progrès considérables que nous y avons faits dans le court espace de dix années.

Les Japonais sont, de tous les Orientaux, ceux qui s'habituent le plus rapidement à notre civilisation et à ses besoins, et qui prennent le plus facilement goût à tous les produits de notre industrie. Il y a donc là, pour le commerce européen, les éléments les plus encourageants; nous avons

déjà réussi à leur vendre des quantités considérables d'articles de coton et de laine, de bateaux à vapeur et surtout de fusils, à leur acheter en échange beaucoup de soies, de thés et d'autres produits. Nous pourrons non-seulement développer toutes ces branches d'affaires, à l'exception, je l'espère, du commerce des fusils, mais encore il nous reste à créer de nouvelles sources d'échanges. Il est en effet deux sortes d'entreprises que le Japon finira forcément par confier un jour aux Européens : je veux parler de l'exploitation de ses mines et de l'établissement des chemins de fer. S'il faut en croire le bruit public, un peu exagéré sans doute, mais qui est néanmoins basé sur quelque chose de vrai, il y aurait au Japon de superbes mines d'or, d'argent, de cuivre et de charbon, très-mal exploitées encore et qui donneraient de fort bons résultats sous la direction d'ingénieurs entendus. Ensuite les chemins de fer captiveront aussi, et cela prochainement, l'imagination japonaise, et il y aura des lignes productives à établir, celles, par exemple, de Hiogo à Osacca et Kioto, ou de Yokohama à Yédo, et peut-être de Kioto à Yédo.

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