‹ Seize mois autour du monde, 1867-1869: et particulièrement aux Indes enChapitre 50 sur 168 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

reste toujours son ciel bleu et sa fraîche verdure.

Une seule chose me manquait : j'allais partir sans avoir vu les bayadères! Une fête donnée par M. Dinshaw-Manockjee-Pitti est venue comme à point combler hier ce dernier de mes souhaits. M. Dinshaw, en grand costume de parsie, recevait «es invités à l'entrée de sa vérandah et les conduisait avec tous les honneurs jusque dans une salle éclairée par mille lumières. Là, un domestique vous apportait un bouquet et répandait sur vous quelques gouttes d'eau de rose, puis on offrait du vin de Champagne aux Européens, du bétel aux parsies et aux hindous. Quatre bayadères, couvertes de lourds bijoux et de vêtements dorés, chantaient d'une voix monotone quelque complainte du pays et faisaient de temps en temps un pas en avant ou accentuaient la mesure en se balançant sur leurs pieds ; c'était là tout, et cela suffit, du l®** janvier au 31 décembre, pour divertir les natifs et leur faire passer une soirée agréable. Je m'étais attendu^ à quelque chjose de plus piquant, et j'avoue que je fus désappointé. Dans les intervalles de repos, on faisait marcher les boîtes à musique, les oiseaux mécaniques ou le piano self-acting, qui font plaisir aux Orientaux toujours, aux Anglais quelquefois, aux Français jamais !

Mais si la fête me laissa froid, j'eus du moins beaucoup de plaisir à causer avec quelques parsies ; c'est là une des classes les plus avancées de Bombay. Ce ne sont pas des hindous à proprement parler, puisqu'au lieu de révérer Brahma, ils adorent le feu et le- soleil comme leurs ancêtres persans et sont, en un mot, de la religion de Zoroastre. Aux Indes, on ne les rencontre du reste qu'à Bombay et à Surate, et ils forment une infime minorité en comparaison des 160 millions d'hindous et des 20 millions de mahométans qui sont répandus dans tout Tempire.

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