‹ Seize mois autour du monde, 1867-1869: et particulièrement aux Indes enChapitre 51 sur 168 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

AKOLA. — NAGPORE. —VISITE A UN TEUPLB HINDOU. ALLAHABAD. — QUELQUES MOTS SUR L^HISTOIRE

DE L'iNDE. — DELHI.

16 janvier 1808.

J*aî quitté Bombay hier soir.

J'aurais bien aimé traverser pendant le jour la chaîne des Ghauts qui sépare le littoral du plateau élevé de Tlnde centrale, et qui a nécessité pour le chemin de fer de très-grands travaux d'art, mais le train express, le seul que Ton puisse prendre pour arriver jusqu'à. Akola, en a décidé autrement.

Je me suis réveillé ce matin au milieu d'un pays plat, poudreux, dépourvu d'arbres et n'offrant au regard qu'une succession de champs médiocrement cultivés. Çà et là quelque terrain en friche venait même prouver que, contrairement à une

opinion assez généralement reçue en France, ce ne sont pas les terres qui manquent ici, mais bien les bras qui font défaut ; tel est le cas du moins pour les provinces du centre et le Deccan, et ce n'est que dans la vallée du Gange que la population devient réellement compacte.

A trois heures de l'après-midi, je me suis arrêté à Akola, où m'avait donné rendez-vous M. Rivett- Carnac, le commissaire du gouvernement indien pour la surveillance et l'encouragement de la culture du coton dans le Bérar et les provinces centrales. Akola, où ne s'élèvent encore que quelques maisons européennes tout fraîchement bâties, s'occupe déjà d'une exposition des produits du pays : une exposition et un chemin de fer, cela ne suffit-il pas pour convaincre à première vue du bon sens pratique que les Anglais apportent à leur colonisation de l'Inde?

M. Rivett-Carnac habite d'ordinaire Nagpore, et il n'est ici que pour présider aux travaux de l'exposition ; ce n'est donc que sous une tente qu'il me donne l'hospitalité, mais je ne m'en plains pas, car il a su trouver le seul joli endroit de tous les environs. C'est un bouquet de mangoliers séculaires, à l'ombre desquels je me sens délicieusement après le bain froid, qui devient si vite une des nécessités journalières de la [vie aux Indes.

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