‹ Seize mois autour du monde, 1867-1869: et particulièrement aux Indes enChapitre 61 sur 168 · CHAPITRE VI. H · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. H

vers des arbres le gracieux portail d'Ala-Ooden.

En revenant nous avons erré longtemps au milieu des tombeaux qui, chez les musulmans, jouent toujours un si grand rôle. Ici, à l'exemple de ce que nous avons déjà vu en Egypte, les « grands de la terre » faisaient construire leurs tombes de leur vivant, mais, détail bien curieux, loin que cela leur donnât des pensées sérieuses, on les voyait tenir leurs orgies dans la salle même qu'ils destinaient à leur sarcophage. Quelquesuns de ces tombeaux sont remarquables, celui de l'empereur Humayon par sa grandeur, celui de Nizam-Ooden par sa grâce; on dit que ce dernier a été le fondateur de la secte des thugs, ces fameux étrangleurs de Tlnde, et que c'est pour cela que sa tombe est encore si bien entretenue.

J'aurais voulu rentrer à l'hôtel et me reposer un peu après cette journée bien remplie; j'avoue, en outre, que pour moi le grand intérêt de Delhi réside essentiellement dans l'époque où elle partageait avec Agra l'honneur d'être la capitale de l'empire mogol, mais le major de Kautzon en a décidé autrement en sa qualité d'Anglais, et il m'a fallu avaler sur place toute l'histoire de la révolte de 1857 et de la prise de Delhi, dont les insurgés avaient fait leur forteresse. Or, comme cette insurrection me paraît avoir été entièrement mili-

taire et ne pas être provenue d'un sentiment général et national, j'avoue qu'elle me laisse froid. Pauvre major, pourvu seulement qu'il ne se soit pas aperçu qu'il prodiguait ses perles à un indigne I

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