CHAPITRE IX
résultats. Il y en a jusqu'à présent 1 par 70 ou 80,000 âmes, c'est-à-dire qu'ils sont 29 pour toute la Gochinchine, et ils dépendent d'un directeur de l'intérieur établi à Saigon et qui lui même relève directement et sans intermédiaire de la personne du gouverneur.
C'est là un rouage excellent, et je ne saurais en imaginer de meilleur..., à une condition toutefois, et une condition sijie quâ non, c'est que les inspecteurs, qui cumulent des fonctions si diverses et si importantes, soient bien préparés pour cette liante position. En Angleterre et en Hollande, il y a des écoles spéciales pour former les fonctionnaires des colonies; en France, nous n'avons encore rien de pareil, et lorsqu'il s'est agi d'organiser la Gochinchine, le gouverneur, membre lui-même de la marine, n'a rien eu de mieux à faire que de les recruter parmi ses officiers. On prend donc quelques enseignes de vaisseau et quelques officiers d'infanterie de marine, on leur fait faire un petit stage de quelques mois et on les lance dans une carrière toute nouvelle pour eux; ils y déploient, la plupart du temps, beaucoup de bonne volonlé et un grand patriotisme; mais qu'arrive-t-il neuf, fois sur dix? c'est qu'au moment où ils commencent à être bien au fait de leur charge, au moment où ils parlent un peu l'annamite et peuvent rendre de
véritables services, une promotion, un avancement dans leur coites les fait rentrer dans la marine et quitter la Gocliinchine.
Devant ces considérations, et lorsqu'on se rappelle qu'une colonie doit appartenir avant tout à Tagricullure et au commerce, il est vivement à souhaiter que le régime militaire, bon dans les premiers temps, fasse bientôt place à une administration civile, que Ton établisse en France une école pour des jeunes gens qui veiTaient dans l'inspection des affaires indigènes, non pas une position temporaire, mais bien une carrière définitive, pouvant les mener jusqu'au grade de directeur et même de gouverneur, et leur assurant en tout cas, après une quinzaine d'années de loyaux services, une pension de retraite parfaitement méritée et dont les Indes et Java nous donnent du reste l'exemple.
Si, après avoir envisagé ainsi l'administration intérieure de la rochinchine, j'examine maintenant ce que son gouvernement y a fait pour le commerce, je n'aurai qu'une phrase à dire et cette seule phrase renfermera l'éloge le plus chaleureux que je puisse lui adresser. En déclarant le commerce libre de tout droit et de toute entrave, en ouvrant la Gochinchine à toutes les nations et à tous les produits, en déclinant toute, interven-