‹ Seize mois autour du monde, 1867-1869: et particulièrement aux Indes enChapitre 91 sur 168 · CHAPITRÉ IX · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ IX

millions d'âmes, déborde de toutes parts de ses frontières?

Ne pourrait-on pas aussi, pour hâter le développement agricole et par suite commercial, créer des agents spéciaux sur le modèle de ce que j*ai vu pratiquer avec grand succès aux Indes anglaises? Lorsque la guerre américaine vint imposer à l'Angleterre l'obligation de développer rapidement la culture cotonnière aux Indes, on nomma quelques commissaires chargés d'aller dans les campagnes engager les paysans à planter du coton, leur indiquer les avantages qu'ils y trouveraient, leur donner des directions et même leur fournir gratuitement des graines; pourquoi n'en ferait-on pas autant chez nous pour la soie?

En résumé, je dirai : la Cochinchine nous offre de grandes ressources, on y a fait beaucoup déjà, mais il reste encore beaucoup à y faire; nous y avons marché aussi vite qu'on pouvait raisonnablement le demander; mais, pour faire un nouveau pas en avant, il sera bientôt temps que le régime civil prenne la place du pouvoir militaire et surtout que la nation française vienne en aide à son gouvernement en lui apportant te concours de son initiative individuelle et de ses capitaux.

Je ne voudrais pas terminer, sans avoir rendu

hommage et justice à Tamiralde la Grandière, que je nommerais volontiers le Père de la Cochinchine; c'est assurément à sa fermeté, à sa prudence et à son esprit de suite que nous devons la conservation etravancementde notre colonie, en même temps que le charme et l'extrême distinction de sa famille se répandaient sur tout Saigon. Je penserai souvent aussi aux amis qui m'ont si bien reçu en Cochinchine et qui, soit que leur nom fût Vial, Turc, Daler ou Brossard de Corbigny, avaient le don de me faire oublier par leurs conversations intéressantes la chaleur affreuse qu'il fait ici dès le mois d'avril.

19 avril.

Hong-Kong est avant tout une place d'affaires, et c'est à ce titre seul qu'elle intéresse l'immense majorité des gens qui y passent; je serais tenté, quant à moi, de la célébrer en même temps comme une des plus belles victoires qu'aient jamais remportées l'énergie et la persévérance humaines.

C'était, jusqu'en 1841, une lie de granit, aride et escarpée, offrant pour seul avantage extérieur quelques sources de bonne eau où les navires venaient parfois se ravitailler. Mais cette montagne

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