‹ Seize moisChapitre 23 sur 46 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

LE PARTI REVOLCTIOIVIVAIRE.

SoCRATE. — Les démngogues sont la maladie ;i laquelle doit avoir attention tout médecin d'état, tout législateur. Les plus ardens parlent et agissent. Les autres entourent les tribunes , Lourdonnent , coupent la parole à tout le monde , en sorte que tout se gouverne par eux. Lchansons dépravés , ils versent la liberté sans mesure àun peuple altéré; quand il est enivré une fois , il ne loue et n'honore entre les magistrats que ceux qui s'abaissent au niveau des particuliers , et entre les particuliers que ceux qui s'élèvent au niveau des magistrats. Les enfans s'accoutument à parler aussi haut que leurs pères , à ne plus les respecter pour être libres. Les pères respectent leurs fils , le maître ses disciples. Les nouveaux-venus s'égalent aux anciens; les vieillards s'assimilent aux jeunes gens pour ne pas paraître despotiques ou ridicules. Ce bouleversement s'étend à la famille et à tout. Pour maintenir le peuple dans leur dépendance et l'attirer aux assemblées, les démagogues ne manquent pas de lui promettre la dépouille des riches. Comme ce no sont pas les hautes classes qui ont cherché à innover, on les accuse de conspirer contre le salut et la liberté du peuple. Ce sont, dit-on, des oligarques; s'ils le deviennent bon gré mal gré pour se défendre, à qui la faute ? Le peuple alors, pour se garder d'eux et de lui-même, se cherche un chef : voilà la lige des tyrans I Aussi , l'effet uniforme de l'excessive liberté est-il de conduire à l'excessive servitude.

Platon , Répuh. , 1. vu.

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