‹ Seize moisChapitre 28 sur 46 · BUT DU PARTI · texte numérisé non relu

BUT DU PARTI

Z.E DÉPXiACSMEKrT 2>£ I.A PUISSANCE PUBLIQUE.

Ce parti , qu'on appelle tantôt bonapartiste, tantôt républicain , parce qu'il est composé d'élémens très-divers, passe pour n'avoir point de tendance uniforme, point de dessein commun; grave erreur. On peut facilement découvrir une niéme pensée à travers des emblèmes opposés. Cette pensée, je dois la signaler en distinguant les chefs de la foule, elle but des moyens ou même des résultats, mais en montrant que ce qui condamne le but, c'est que moyens et résultats en sont les conditionsnecessaires.il faut les subir ou s'abjurer.

Le but est-il d'avoir des révolutions poui' des révolutions? Personne ne le pense , ou bien c'est la passion de ce ramas qui s'attache à la fortune des

partis. S'agit-il pour les uns de république, pour les autres de bonapartisme, ce qui ne serait encore qu'une question de forme ou de personnes ? Pas davantage. Voyez si vous pouvez reconnaître l'école impériale dans ces orgies de carrefour qui sem-, Lieraient bien plutôt inventées pour outrager le génie qui nous rendit un trône et des autels que pour rendre hommage à sa gloire? C'est un bonapartisme subalterne et corrompu; ou plutôt ce n'est qu'une amorce à des souvenirs qu'on voudrait exploiter, une levée faite à l'ombre d'un nom héroïque pour enrôler plus de soldats. Et quant aux républicains, le moyen de prendre au sérieux, comme gens de théorie , les bandes employées depuis seize mois à montrer par nos villes une république , yZo/to/z/'e comme celle d'Angleterre, car elle tient le pied dans le ruisseau. Il n'y a dans tout cela que des besoins de désordre, qui, par le choix des cris de ralliement, trahissent seulement une préférence pour l'anarchie ou bien le despotisme. Voilà tout.

Non, non, il s'agit d'une entreprise plus sérieuse , parce que les complices abondent, et qu'il y a en même temps des hommes d'action, des hommes détalent, des hommes de bien parmi les chefs. Avec des intentions différentes, tous s'accordent dans un système que je respecterai

tnnt qu'il ne sera qu'une utopie, qu'une vue abstraite des intérêts et de la destination de l'humanité. Mais si des entreprises inconstitutionnelles font cortège à l'utopie , si une tourbe aveugle la traduit en clubs, en émeutes, en attentats qui révoltent les nations civilisées, j'en prendrai de l'épouvante dans l'intérêt de ma patrie compromise , de la liberté profanée. Or, le propre de ce système est, par sa nature même, de passer bientôt de la théorie à l'action. Et l'action, c'est le drame que nous avons vu , il y a quarante ans.

Le fond de ce système est le déplacement de la puissance publique. Ici philanthropie, là préjugé, ailleurs envie, ailleurs passion, haine, cupidité, partout la tendance générale est de porter la puissance publique au sein de ce que les chefs du parti appellent \Qs/orces vives de la société. Hé bien ! là est le vice fondamental de ce parti , ce qui le rend impie et funeste. Car les forces vives sont des forces matérielles , des forces brutales , et c'est par les forces morales que l'humanité doit être régie; ou la société ment à son auteur.

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