‹ Self-help; ou, Caractère, conduite et perseverance, illustrès à l'aide de biographies;Chapitre 101 sur 133 · ET RE OCCUPE, C'EST ÊTRE HEUREUX · texte numérisé non relu

ET RE OCCUPE, C'EST ÊTRE HEUREUX

vailler à notre instruction, lorsque nous ne faisons en réalité que nous amuser.

C'est un mal grandissant, et qui opère de diverses façons : son moindre inconvénient est de produire des intelligences sans profondeur; son résultat le plus grave est d'engendrer une aversion profonde pour tout travail soutenu, et de donner à l'esprit un cachet déplorable d'étroitesse et de lâcheté. Si nous voulons réellement devenir sages et instruits , nous devons prendre notre parti de nous appliquer au travail avec l'ardeur soutenue dont firent preuve nos prédécesseurs; car le travail est et sera toujours le prix inévitable de tout ce qui a quelque valeur. Il faut donc non-seulement savoir travailler avec énergie et résolution, mais savoir attendre les résultats du travail avec patience, lîuffon a été jusqu'à dire de la patience que c'est le génie : voulant dire par là que, dans son opinion, le pouvoir des grands hommes consistait surtout dans la faculté qu'ils ont de travailler avec suite et d'attendre. Tout progrès sérieux est lent; mais celui qui travaille avec conscience et ferme propos peut être sur que le jour du triomphe arrivera. Peu à peu, l'esprit d'industrie , qui apprend à s'exercer d'abord dans les branches élémentaires de l'éducation, passera naturellement à des objets dont la dignité est plus haute et l'utilité plus vaste. Mais nous n'en devons pas moins continuer à travailler; car notre éducation n'est jamais finie. « Etre occupé, » disait le poète Gray, « c'est être heureux. » — « Mieux vaut s'user que se 'i rouiller, » disait l'évêque Cumberland. — « N'avons-nous n pas l'éternité pour nous reposer! » s'écriait Arnaud. Et l'énergique Mornix de Sainte-Aldegonde avait pour devise : u Repos ailleurs ! »

C'est un signe de courte vue chez le travailleur que d'être impatient des résultats. Pour être satisfait, il faudrait qu'il les vît se produire sous une forme tangible, et, pour ainsi dire, immédiatement. Semblable aux petits enfants qui voit-

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(Iraient voir pousser les graines qu'ils sèment, il déracinerait volontiers ses plantes, au risque de les tuer, pour voir les progrès qu'elles font. Cependant celui qui plante et qui sème doit savoir attendre patiemment et d'un cœur confiant, sur que le printemps viendra, et l'été, et l'automne, et les (leurs et les fruits qu'ils apportent avec eux. Il doit même quelquefois se contenter de la pensée que ses enfants jouiront de ces fruits. Un octogénaire plantait, nous dit La Fontaine, dans une de ses plus jolies failles, quand survinrent trois jeunes hommes qui , surpris de le voir employer ainsi le peu de force qui lui restait, lui dirent :

« A quoi bon charger votre vie » Dos soins d un avenir qui D'est pas fait pour vous? »

Kt le vieillard de répondre à cette imberbe sagesse .

• Mes arrière-neveut me devront cet ombrage :

t Ih; bien . défendez-vous au sage » De se donner des soins pour le plaisir d'autrui.' » Cela même est un fruit que je goule aujourd'hui. •

De toutes les éducations, la plus haute et la plus utile est celle que l'on se donne à soi-même. Celle que l'on reçoit à l'école et au collège n'est qu'un commencement d'éducation qui n'a guère de valeur que parce qu'elle nous inculque l'habitude de l'application soutenue, et nous donne les moyens de poursuivie plus tard notre propre éducation d'après un plan et un système définis. Pour que l'esprit puisse exercer toutes ses facultés, il faut, même dans le système d'éducation le plus parfait , laisser par-ci par-là des espaces libres ouverts à son activité spontanée. Ainsi livré à lui-même et forcé jusqu'à un certain point de reconnaître ce dont il est capable et ce dont il est incapable, il gagnera en force et en activité, et les maux qui naissent d'une trop grande dépendance de la part de l'élève et d'une trop grande autorité de

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