‹ Self-help; ou, Caractère, conduite et perseverance, illustrès à l'aide de biographies;Chapitre 19 sur 133 · VV E D G \V 0 0 D · texte numérisé non relu

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traction pour les visiteurs distingués de toutes les parties de l'Europe.

Les travaux de Wedgwood curent pour résultat de faire de la manufacture de la poterie, qui jusque-là était restée dans la plus misérable des conditions, l'une des plus importantes de l'Angleterre, A partir de cette époque, au lieu d'importer de l'étranger les poteries dont elle avait besoin pour son propre usage, l'Angleterre commença à en exporter de grandes quantités, et cela en dépit même des droits prohibitifs qui frappaient les produits des manufactures anglaises. En 1785, c'est-à-dire au bout d'une période de trente ans à peine à dater de ses premières opérations, Wedgwood fut appelé adonner son témoignage, devant une commission parlementaire, sur l'importance de ses manufactures; et de ce témoignage il résulta que la fabrication de la faïence, qui , avant Wedgwood, ne donnait qu'un travail précaire à un petit nombre d'ouvriers inbabiles et mal payes, avait fait de tels progrès qu'elle donnait directement et régulièrement de l'occupation à environ vingt mille personnes, sans compter le nombre toujours croissant de celles auxquelles elle donnait indirectement de l'occupation dans les mines de charbon, dans l'industrie des transports par eau et par terre, etc., et sans parler non plus du stimulant (pie, de diverses façons, elle offrait à l'activité générale sur plusieurs points du pays. Mais quelque importants que fussent les progrès faits de son temps, Wedgwood était d'avis que ce genre de manufacture était encore dans l'enfance, et que les progrès accomplis étaient bien peu de chose auprès de ceux que cet art était susceptible d'accomplir, grâce, d'un coté, à l'influence de la tradition industrielle et à l'intelligence croissante des manufacturiers, et de l'autre, aux ressources naturelles et aux avantages politiques dont jouissait la Grande-Bretagne. 11 est à peine nécessaire d'ajouter que cette opinion s'est trouvée complètement justifiée par les

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progrès qui depuis ont été réalisés dans cette importante branche de l'industrie nationale. En 185:2, quatre-vingts millions au moins d'articles de poterie, sans parler de ce qui fut fabriqué pour le marché intérieur, furent exportés de L'Angleterre à l'étranger. Mais ce n'est pas seulement la quantité et la valeur des produits qu'il faut considérer, c'est aussi L'amélioration des conditions d'existence de toute la population employée dans cette branche de manufacture.

A l'époque où Wedgwood commença ses travaux, le distri» t du Staffordshire n'était encore parvenu qu'à un état de demi-civilisation. La population était pauvre, ignorante, peu nombreuse. La manufacture de Wedgwood, une lois qu'elle fut solidement établie, donna de l'ouvrage et des salaires relativement élevés à trois fois autant de monde qu'auparavant ; et les progrès moraux marchèrent du même pas que les progrès matériels. Lorsque John Wesley, pour la première fois, visita Burslem, en 17(50, il fut 1res- mal reçu par les potiers, qui, lorsqu'il voulut leur adresser la parole, se moquèrent de lui, le huèrent, et Lui jetèrent des pierres et de la boue. Vingt ans après, Wesley vint de nouveau visiter ce district, et voici ce qu'il put en dire : « Je suis revenu a à Burslem. Quelle transformation surprenante ce pays a » subie ! Les habitants y sont accourus de toutes parts, et • le désert sauvage a été littéralement transformé en un s champ fertile. Maisons, villages, villes se sont élevés; » et les perfectionnements qui se font remarquer dans la b physionomie générale du pays ne sont pas plus étonnants » que ceux qui se sont introduits dans les mœurs de la » population. »

Celle transformation, c'était à Wedgwood qu'elle était due. Certes de tels hommes ont bien le droit de prendre place parmi les héros industriels du monde civilisé et les bienfaiteurs du genre humain.

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