‹ Self-help; ou, Caractère, conduite et perseverance, illustrès à l'aide de biographies;Chapitre 20 sur 133 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

IXl'KNTKURS ET l'nODL'CTBl'RS.

« Ce n'est pas en général des universités, mais des bouges de la misère , que sortent les grands inventeurs qui révolutionnent l'industrie; ils ne sont pas d'ordinaire vêtus de soie, mais de bure, et sont plus souvent noirs de poussière cl de fumée que parés de décorations brillantes. »

(ISAAG TAM.OH.)

« L'invention n'est-elle pas la poésie de la science?... Toutes les grandes découvertes portent avec elles la trace ineffaçable d'une pensée poétique. 11 faut être poète pour créer. »

(E. M. B.vtaillk.)

Ce sont les inventeurs qui ont mis en mouvement toutes les grandes industries du monde ; c'est à eux que la société doit non -seulement le nécessaire, mais le confortable et le superflu; c'est grâce à leurs travaux et à leur génie que la vie de chaque jour devient sans cesse et sous tous les rapports plus facile et plus agréable. Notre nourriture, notre logement, l'ameublement de nos maisons, le verre qui, tout à la fois , ferme nos demeures au froid et les ouvre à la lumière, le gaz qui permet à la nuit de rivaliser avec le jour, les voitures et les navires qui sillonnent la terre et l'eau, les horloges et les montres qui arrêtent au passage les heures que le temps emporte, les instruments divers à l'aide desquels sont fabriqués tant d'objets de luxe ou de nécessité , tout cela est le résultat de l'ingénieux et patient labeur de cette phalange d'hommes d'élite que nous appelons les inventeurs; et l'humanité est d'autant plus heureuse

que leurs inventions dans les arts et dans les sciences se multiplient davantage, et que les fruits de leur travail viennent en plus grand nombre augmenter la somme du bien-être individuel et du contentement public.

La génération présente est l'héritière de tout ce qu'ont produit l'industrie et l'habileté des générations passées ; et la civilisation dont nous jouissons et dont nous nous glorifions n'est en définitive que la somme des effets utiles du travail accumulés pendant des siècles. Philarètc Chasles a donc bien raison de dire que « le véritable inventeur, c'est n le genre humain •■ . Il semble que pour unir toutes les générations, et pour montrer que l'homme n'est puissant que par l'association , il ait été décrété que chaque inventeur n'interpréterait qu'un mot du problème qu'il se propose de résoudre, et que toute grande idée serait le résumé du passé, comme elle est le germe de l'avenir. Aussi arrivc-t-il rarement qu'une invention de quelque importance soit laite par une seule personne. On voit au contraire les inventeurs se succéder, s'emparer tour à tour des (ils de l'invention, faire, souvent sans résultat visible, quelque progrès dans la voie que leur ont tracée leurs prédécesseurs, el les choses aller ainsi, — quelquefois pendant des siècles, — jusqu'au jour où enfin arrive un homme, plus grand peutêtre que ses confrères, qui, cherchant à satisfaire les besoins de son époque, réunit les fils restés épars jusqu'alors, forme un trésor de tous les gains partiels dus aux succès et aux insuccès passés, et, fort de tous les résultats antérieurement acquis, réussit enfin à atteindre le but glorieux de tant d'elforts divers. Ainsi Newton découvrit les lois de la gravi talion; ainsi James Watt inventa la machine à vapeur; ainsi fut peu à peu conçue et perfectionnée la locomotive, dont Robert Slephenson a dit: "Ce n'est pas l'invention » d'un seul homme , mais de toute une race d'ingénieurs

mécaniciens. » Un autre inventeur, Joseph Bramah, fait,

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