‹ Self-help; ou, Caractère, conduite et perseverance, illustrès à l'aide de biographies;Chapitre 24 sur 133 · WATT · texte numérisé non relu

WATT

à peine si , tant bien que mal , elle pouvait être construite. Que de fois, du temps qu'il travaillait à son invention à Glasgow, Watt fut dérouté et, pour ainsi dire, désespéré par la maladresse et l'incapacité de ses ouvriers ! «Vous medeman- « dez » , écrivait-il au docteur Roebuck, « quel est le princi- « pal obstacle à la construction des machines? — c'est la » main-d'œuvre, toujours la main-d'œuvre. » Son premier cylindre fut fabriqué par un blancbœuvrier avec des plaques de fer battu soudées ensemble; mais le blancbœuvrier s'étant servi de vif-argent pour rendre le cylindre imperméable à l'air, il se détacha des aspérités du cylindre des fragments de vif-argent qui tombèrent dans l'intérieur et « tirent le » diable h quatre avec la soudure » . Cependant, tout maladroit que fût son blancbœuvrier, Watt ne pouvait guère se passer de lui; et c'est pourquoi nous le voyons prendre un ton si lamentable lorsqu'il écrit au docteur Roebuck : « Mon vieux blancbœuvrier est mort ! » On sent que, dans l'esprit de Watt, c'est une perte presque irréparable. Le cylindre qu'il employa ensuite fut un cylindre fondu et foré à Canon, mais si inégal, que ce fut à peine si l'on put s'en servir. On eut beau garnir le piston de papier, de liège, de mastic, de carton-pâte, de vieux feutre, jamais on ne put le rendre imperméable à la vapeur. Même après que Watt eut établi sa résidence à Birmingham, et que l'assistance des meilleurs ouvriers de Roulton lui fut acquise , Smeaton , lorsqu'il vit fonctionner la machine, exprima l'opinion que , malgré l'excellence de l'invention , elle ne deviendrait jamais d'un usage général, vu la difficulté que l'on éprouverait toujours à en ajuster les diverses parties avec une précision suffisante. Pendant longtemps, nous voyons Watt, dans ses lettres, se plaindre à son associé, et lui dire que si ses machines ne vont pas , cela tient à la maind'œuvre qui est « horriblement mauvaise» . 11 arriva même, dans certains cas, que les cylindres, une fois fondus, se

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trouvèrent plus larges d'un huitième de pouce à une extrémité qu'à l'autre. Comment de telles machines auraientelles pu fonctionner avec précision ? Il était impossible cependant d'obtenir rien de mieux. Il n'existait pas alors d'ouvriers mécaniciens de premier ordre : leur éducation se faisait; mais elle n'était pas faite. On était donc obligé de s'en tenir aux travaux à la main; et les outils en usage étaient, pour comhle de malheur, d'une nature très-inférieure. Quelques tours à la mécanique, assez mal établis, quelques grossières machines à percer cl à forer, constituaient les principales pièces d'un atelier. Longtemps après, lorsque Uruncl inventa ses poulieries, un temps considérable s'écoula avant qu'il pût trouver des ouvriers capables de les construire, et lorsqu'elles furent enfin construites, il n'eut pas moins de peine à trouver des ouvriers capables de les diriger.

Dix ans durant, Watt poursuivit ses combinaisons et ses essais, n'ayant, en somme, que peu de raisons d'espérer, peu d'amis pour l'encourager, sans cesse aux prises avec des difficultés de toutes sortes, et ne gagnant sa vie que bien juste, en travaillant beaucoup. Même lorsqu'il fut arrivé à avoir une machine fonctionnant régulièrement, il sembla aussi loin que jamais de toucher au port; car il ne put trouver de capitaliste qui voulut s'associer avec lui et lui fournir les capitaux nécessaires pour mener à bien celte grande entreprise. Il continua donc , pour gagner le pain de sa famille, à faire des quarts de cercle, à vendre et raccommoder des violons, des tîntes et toute espèce d'instruments de musique, à toiser des ouvrages de maçonnerie, à inspecter des roules, à diriger des constructions de canaux, bref, à faire tout ce qui se présentait et lui offrait une perspective de gain honnête. A la longue pourtant , Walt trouva un partenaire digne de lui dans un autre émanent chef d'industrie, dont nous reparlerons bientôt, Matheu

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