‹ Self-help; ou, Caractère, conduite et perseverance, illustrès à l'aide de biographies;Chapitre 28 sur 133 · PUISSANCE DE L'APPLICATION DANS LES SCIENCES ET DANS LES LETTRES · texte numérisé non relu

PUISSANCE DE L'APPLICATION DANS LES SCIENCES ET DANS LES LETTRES

a L'occasion a encore quelques cheveux sur le devant de la lète; par derrière elle est complètement chauve. Saisissez-la par le toupet, vous pourrez encore la retenir; mais si vous la laissez échapper, Jupiter lui-même ne la rattraperait pas. »

[Traduit du lutin.)

« Allez en avant, et la foi vous viendra! » (d'âlembert.)

C'est par les moyens les plus simples et par l'exercice des qualités les plus ordinaires que s'obtiennent dans le monde les plus grands résultats. La vie commune, avec ses besoins, ses devoirs, ses soucis de chaque jour, offre à tous de nombreuses occasions d'acquérir l'expérience la plus précieuse; et, même dans les sentiers les plus fréquentés, l'homme vraiment laborieux trouve une carrière assez vaste pour bien des efforts et bien des progrès.

L'accroissement dont la prospérité humaine est susceptible ne se peut réaliser qu'en suivant la vieille grande route de l'application et de la bonne conduite; et ce sont toujours, dans cette voie, ceux qui font preuve de la plus grande persistance et de l'amour du travail le plus sincère qui obtiennent les plus grands succès.

Même dans les plus hautes branches de l'activité humaine, les qualités les plus ordinaires, telles que le sens commun, l'attention, l'application, la persévérance, sont invariable-

ment les plus utiles. On peut, à la rigueur, se passer de génie; mais le génie lui-même, quelque grand qu'il soit, ne peut négliger d'avoir recours à la coopération de ces qualités communes. Les grands hommes sont précisément ceux qui croient le moins à la puissance surnaturelle du génie et à la possibilité de se passer de cette sagesse vulgaire et de cette suite dans les idées, sans lesquelles, même dans les petites choses, il n'est pas de succès. Quelques-uns d'entre eux ont même détini le génie : « le bon sens porté à sa plus » haute puissance. » Un instituteur distingué, recteur d'un collège, disait que le génie n'était autre chose que le pouvoir de faire des efforts. John Fostcr n'y voyait que la faculté de se monter au diapason voulu. Enfin Buffon a dit que « le

•i génie c'est la patience » .

Newton, à coup sur, était un esprit de premier ordre, et cependant, un jour qu'on lui demandait comment il était arrivé à faire ses extraordinaires découvertes, « En y penn saut toujours, « répondit-il modestement, lue autre fois il décrivait ainsi sa manière de travaille r : « Je ne perds pas » de vue mon sujet, et j'attends (pic les premières lueurs, «grandissant peu à peu, se changent en une pleine et « éclatante lumière. » Ce ne fut , et il en a toujours été ainsi, qu'à force d'application et de persévérance que New- Ion atteignit à sa grande réputation. Sa seule récréation consistait à varier ses travaux, c'esl-à dire à qui lier momentanément un sujel pour s'occuper d'un autre, k Si j'ai pu <i rendre quelques services, >• dit-il un jour au docteur Bentley, « je ne le dois qu'à la patience et à la persévérance r. que j'ai apportées dans mes recherches. » Un autre grand philosophe, Kepler, disait aussi, en parlant de ses éludes et de ses progrès : « Je pourrais m'appliquer la description que » Virgile donne de la renommée, — Fuma mobilitale rit/et, » vires acquiriteundo; — car, chaque réflexion étant pour moi » l'occasion de réflexions nouvelles, j'arrive à la longue à

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