‹ Self-help; ou, Caractère, conduite et perseverance, illustrès à l'aide de biographies;Chapitre 34 sur 133 · MAUVAIS OUTILS ET BONS OUVRIERS · texte numérisé non relu

MAUVAIS OUTILS ET BONS OUVRIERS

champs, enveloppé dans une couverture, que Ferguson, au moyen d'un Cl garni de grains de chapelets et convenablement tendu entre son œil et les étoiles , parvint à dessiner une carte du ciel. Franklin, la première fois qu'il déroba la foudre aux nuages chargés d'électricité, se servit d'un cerfvolant fait avec un foulard tendu sur deux bâtons en croix. Watt fit le premier modèle de sa machine à vapeur à condensation avec une vieille seringue d'anatomiste dont l'usage ordinaire était d'injecter les artères avant la dissection. Gifford, alors apprenti cordonnier, fit les calculs nécessaires à la solution de son premier problème de mathématiques sur de petits bouts de cuir aplanis à coups de marteau; et Rittenhouse, l'astronome, calcula ses premières éclipses sur le manche de sa charrue.

Ainsi, pour celui qui veut se perfectionner, les occupations les plus ordinaires fourmillent d'occasions et de suggestions : mais il faut savoir en tirer parti. Le professeur Lee, par exemple, se sentit attiré vers l'étude de l'hébreu, en voyant, dans une synagogue où il avait été appelé comme ouvrier charpentier pour réparer des bancs, une Bible imprimée en langue hébraïque. Il fut pris d'un immense désir de lire le livre dans l'original, et, ayant acheté une grammaire d'occasion, il se mit au travail et réussit à apprendre seul cette langue. Comme le disait Edmond Stone au duc d'Argyle qui lui demandait un jour comment il avait fait, lui, pauvre aide-jardinier, pour arriver à lire les Princrpia de Newton en latin , <. On n'a besoin que de v savoir les vingt-qualre lettres de l'alphabet — et de vou- » loir, pour apprendre tout le reste. » En effet, si l'on est attentif et persévérant, et que l'on s'applique à tirer parti des occasions , il n'est rien à quoi l'on ne puisse arriver avec cela.

Walter Scott trouvait partout des occasions de s'instruire et tirait parti même des accidents. Ainsi, par exemple, ce

fut dans l'exercice de ses fonctions de commis greffier qu'il pénétra dans les Higblands, et forma, avec ceux des héros de 1745 qui survivaient, les liaisons qui lui servirent à jeter les fondements d'un grand nombre de ses plus intéressants ouvrages. Plus tard , étant quartier- maître de cavalerie légère à Edimbourg, il fut accidentellement réduit à l'inaction par un coup de pied de cheval et forcé de garder la chambre. Mais, en ennemi juré de la paresse, il se mit aussitôt à écrire, et en trois jours il composa le premier chant du Lai (Ut dernier ménestrel, la première de ses grandes œuvres originales.

Le voisinage d'une brasserie fut la circonstance toute fortuite qui amena le savant Pricstley à s'occuper de l'étude des gaz. Observateur attentif, il remarqua, en visitant la brasserie, les phénomènes particuliers qui, dans le gaz flottant à la surface de la liqueur en fermentation, accompagnent l'extinction d'un brandon allumé. Il avait quarante ans alors et ne savait rien en chimie. 11 se procura des livres qui, toutefois , lui apprirent peu de chose, car sur ce point la science était à créer. 11 commença donc à expérimenter, et se fit, à cet effet, un appareil qui n'était pas des plus parfaits. Les curieux résultats auxquels l'amenèrent ses premières expériences l'engagèrent a en faire d'autres qui , dans ses mains, donnèrent naissance à une science nouvelle, la chimie pneumatique. Vers la même époque, Scheele , qui, au fond d'un village écarté de la Suède, travaillait dans la même direction, découvrit plusieurs nouveaux gaz, sans avoir à son service d'autre appareil que quelques fioles de pharmacie et quelques vessies de porc.

Humphry Davy, jeune élève apothicaire, fil ses premières expériences avec des instruments de la plus élémentaire simplicité. Il les fabriquait lui-même la plupart du temps, se servant pour cela de tout ce qui lui tombait sous la main. Les poêlons et les casseroles de la cuisine, les

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