RICHARD F OLE Y
nous parlons. Le foHdftlëur de la première de ces familles fut Richard Foley, dont le père, petit propriétaire, vivait, sons le règne de Charles Ier, dans le voisinage de Sfourbridge. Là se trouvaient lès principales manufactures de fer des districts du Centre, el Richard fut élevé comme ouvrier dans une ùcs, branches de cette industrie, — celle de la fabrique des clous. Ce qui le frappa surtout fut rénorme perte de temps et de travail qu'entraînait le procédé grossier dont on se sériai! pour diviser les tiges de fer destinées à cette manufacture. Il parait que les cloutiers de Slourbridge se trouvaient alors dans l'impossibilité, ou a peu près, de lutter contre la Suède, qui travaillait à meilleur marché qu'eux , et d'où l'on importait en Angleterre une quantité considérable de clous. Ofl vint à savoir que ce qui permettait aux Suédois de livrer les clous à si bas prix était l'usage de machines à fendre le fer qui avaient complètement remplacé le rude et laborieux procédé que l'on suivait encore en Angleterre pour là préparation des liges de fer destinées à ce genre de manufacture.
Richard Foley, s'étant assuré que tel était bien le cas, résolut de se rendre maître du nouveau procédé. II disparut tout à coup du voisinage de Stourbridge, el pendant plusii itr'g années on n'entendit plus parler de luis Personne ne savait ce qu'il était devenu, pas même sa famille; car il n'avail fait part à personne de ses projets, tant il craignait de rie pas réussir. Il tùlvail que peu ou point d'argent, mais il parvint cependant à se rendre à Hull , où il trouva moyen de s'engager à bord d\\n vaisseau en partance pour un poi'l : uédnis. Le seul objet de valeur qu'il possédât était sou violon; et, arrivé en Suède, ii partiiîf, en jouant du violon et demandant l'aumône, à se rendre aux mines de Dannemora, près d'i'psala. Lxeeilent musicien aussi bien qu'agréable compagnon, il ne tarda pas à s'insinuer dans les bonnes grâces des forgerons. Reçu partout, admi
être témoin de tous les travaux, il eut d'amples occasions de recueillir toutes sortes d'observations, el de se rendre maître, du moins le croyait-il , du nouveau procédé de la fenderie du fer. Après un séjour assez prolongé pour 'qu'il pût se croire sûr de son fait, il disparut un beau jour de Dannemora, comme il avait disparu précédemment de Stourbridge, sans que personne sût où il était allé.
Revenu en Angleterre, il communiqua les résultats de son voyage à quelques personnes de Stourbridge, qui eurent assez de confiance en lui pour lui avancer les fonds nécessaires à l'érection d'une usine et à la construction des nouvelles macbines à fendre le fer. Mais lorsque tout fut prêt et que le moment fut venu de mettre ces machines en mouvement, il se trouva, au grand déplaisir et au grand désappointement de tous, et particulièrement de Richard Foley, qu'elles ne marchaient pas, ou que du moins elles ne fendaient pas le fer. Foley disparut de nouveau. On crut que la honte et la mortification qu'avait dû lui faire éprouver l'avortement de ses projets lui avaient fait quitter le pays pour toujours. 11 n'en était rien. Foley, qui s'était tout simplement mis dans la tète qu'il s'emparerait du secret de la fenderie du fer, et qui n'en voulait pas démordre, était reparti pour la Suède, armé connue devant de son violon, et s'était une seconde fois acheminé vers les forges de Dannemora, où il avait été accueilli avec de grandes démonstrations de joie par les mineurs qui, pour mieux s'assurer de leur violonneux, le logèrent cette fois dans la fenderie même. Il y avait, du reste, en lui une telle absence apparente d'intelligence, excepté lorsqu'il jouait du violon , que les forgerons n'avaient pas l'ombre d'un soupçon touchant les projets de leur ménétrier, auquel ils fournirent ainsi eux-mêmes les moyens d'atteindre à ce qui avait fait le but et l'espoir de toute sa vie. Il examina avec soin, celte fois , tous les détails de l'usine, et ne tarda pas à découvrir la cause de son in-