‹ Self-help; ou, Caractère, conduite et perseverance, illustrès à l'aide de biographies;Chapitre 60 sur 133 · APOTRES ET MISSIONNAIRES · texte numérisé non relu

APOTRES ET MISSIONNAIRES

]>ien différents dans leur vie et dans leur caractère, quoirttie animés d'un zèle non moins ardent , se sont montrés ces grands apôtres et missionnaires qui, poussant jusqu'à ses dernières limites l'esprit de sacrifice, sont allés à travers le monde chercher et sauver leurs frères déchus. Soutenus par une énergie infatigable, supérieurs aux privaliens, supérieurs aux dangers, supérieurs aux contagions, ils ont enduré toute espèce de travaux et de fatigues, se réjouissant de leurs souffrances mêmes, et mettant leur gloire à mériter la couronne du martyre. Tels furent, entre mille, Ignace de Loyola et François Xavier.

Loyola, qui appartenait par sa naissance à la noblesse espagnole, joignait à la bravoure du soldat toutes les grâces et toute la dissipation du courtisan. Au siège de Pampelune, il eut une jambe fracturée par un boulet de canon. Sa blessure ayant été mal soignée, il se vit pendant longtemps aux portes de la mort. Durant sa convalescence, qui fut longue, après avoir lu et relu tous les livres de chevalerie errante qu'il put se procurer, il tomba, par hasard, sur une Vie des Saints où il trouva des récits de victoires remportées non sur les autres , mais sur soi-même, et des exemples de récompenses bien autrement nobles qu'aucune de celles dont il était question dans les livres de chevalerie. Cette lecture exerça une influence déterminante sur le cours de ses idées, et , suspendant son épée de chevalier à un pilier de l'église de Xotre-Dame de Montserrat , il résolut , après avoir dit adieu à sa lame bien-année, de suivre l'exemple des saints dont il venait de lire la vie.

Sa vie, à lui, a été si bien racontée par le père Iîouhours qu'il est inutile d'en donner ici une nouvelle narration, et que nous nous contenterons, en conséquence, d'en citer quelques traits, pour montrer de quelle énergie extraordinaire Loyola était doué : le fait est que jamais peut-être nul n'en posséda une aussi forte dose. Il avait une telle puis-

sance de volonté, une telle résolution, et avec tout cela une telle patience, que tous ceux à qui il arrivait d'être habituellement eh contact avec lui Baissaient tôt ou tard par subir son ascendant. Quoique d'un caractère naturellement violent et emporté, il exerçait sur lui-même une surveillance et un contrôle si rigides et si incessants, que ses médecins euxmêmes crurent et déclarèrent qu'il était d'un tempérament flegmatique. Mais, quelle que fût l'influence qu'il exerçait par la force de sa volonté, il en exerçait une bien pius grande encore par l'amour et la vénération qu'il inspirait. Saint François Xavier, le grand apôtre des Indes, s'agenouillait toujours lorsque, du fond de l'Orient, il écrivait à Ignace. Et ce n'étaient pas seulement ses amis et ses compagnons qui éprouvaient pour lui de tels sentiments : le matin du jour où il rendit son âme à Dieu, les gens s'arrêtaient dans les rues, sur les places publiques, dans les antichambres, dans les hôpitaux, et jusque dans les lazarets, pour se communiquer cette fatale nouvelle : « Le saint est mort! »

Parmi ceux qui se sentirent attirés par le caractère non moins que par les enseignements de Loyola, François Xavier fut un des plus purs et des plus dévoués. Comme Loyola, il appartenait à une ancienne et illustre famille. De manières comme de sentiments, c'était un gentilhomme accompli : brave, honorable, généreux, facile à entraîner, et lui-même très-capable d'enlrainer les autres; facile à persuader, et lui-même extrêmement persuasif; du reste, plein d'énergie, de patience et de résolution. A l'âge de vingtdeux ans, il occupait le poste honorable de professeur de philosophie à l'université de Paris. Ce fut là qu'il lit la connaissance de Loyola. Il devint bientôt son intime ami et compagnon; et, peu de temps après, il partit, à la tète de la première compagnie de prosélytes que celui-ci ait envoyée en pèlerinage à Rome.

Quand Jean III, de Portugal, résolut de planter le drapeau

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