‹ Self-help; ou, Caractère, conduite et perseverance, illustrès à l'aide de biographies;Chapitre 62 sur 133 · LIVINGSTONE · texte numérisé non relu

LIVINGSTONE

clic. Son attention ayant, à l'une des réunions de la société dont il faisait partie, été appelée sur la cause des missions, il résolut de se dévouer tout entier à cette œuvre, et la Société des Missions de Londres ayant accepté ses services , son maître lui permit de quitter la quincaillerie avant l'expiration de son engagement. Les îles de l'Océan Pacifique, et plus particulièrement Huahine et Raiatea parmi les îles de la Société, et Rarotonga parmi les îles Harvey, furent la scène de ses premiers travaux. Comme les apôtres, il travaillait de ses mains, forgeait, jardinait, construisait des vaisseaux, et s'efforçait d'apprendre aux insulaires les arts de la vie civilisée, en même temps qu'il les instruisait dans les vérités de la religion. Ce fut dans le cours de ces incessants travaux qu'il fut massacré par des sauvages, sur la côte d'Erromanga. Nul plus que lui ne mérita jamais de ceindre la couronne du martyre.

Non moins intéressante est la carrière du docteur Livingstone, qui, de nos jours, a exploré l'Afrique comme voyageur et missionnaire. Il a écrit lui-même l'histoire de sa vie, dans un style modeste et sans prétention qui est parfaitement caractéristique de l'homme lui-même. Ses ancêtres étaient de pauvres et honnêtes montagnards; et l'on raconte de l'un d'eux, qui jouissait dans son voisinage d'une grande réputation de sagesse et de prudence, que lorsqu'il fut près de mourir, il fit venir autour de lui ses enfants et leur donna cet avis, le seul bien qu'il pût leur laisser : « Je me suis » enquis avec beaucoup de soin, durant ma vie, des tradi- » lions de notre famille, et je n'ai jamais pu découvrir qu'il » y eût eu un malhonnête homme parmi nos ancêtres. Si 11 donc quelqu'un de vous ou des vôtres venait à tourner » mal , ce ne serait point que limprobité soit dans votre ii sang , au contraire. Je livre ce précepte à vos médita- :i tions : Soyez honnêtes. » A dix ans, Livingstone alla travailler, comme ouvrier aux pièces, dans une filature de

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coton près de Glasgow. Ayant pris sur son salaire de la première semaine de quoi acheter une grammaire latine, il se mit à apprendre cette langue, dont il poursuivit l'étudej pendant plusieurs années, à une école du soir. Il serait resté volontiers jusqu'à minuit, et plus tard même, à étudier ses leçons, si sa mère ne l'eût envoyé au lit; mais celle-ci n'y manquait guère, car il fallait qu'il se levât assez tôt pour être à la fabrique tous les matins à six: heures. De cette façon il parvint, non sans peine, à lire Virgile et Horace; niais il ne s'en tenait pas là, et, à l'exception des romans, il lisait tous les livres qu'il pouvait se procurer, et plus particulièrement les ouvrages scientifiques et les récils de voyages. Il s'occupait aussi de botanique, et passail les rares moments de loisir dont il pouvait disposer à parcourir le voisinage pour faire des collections de plantes. A l'atelier même, il poursuivait ses lectures, en dépit du bruit des machines, plaçant son livre sur la mull-jcnny à laquelle il travaillait, de manière à saisir au passage les phrases l'une après l'autre. Ainsi, à force de persévérance, le jeune ouvrier acquit une foule de connaissances utiles, et avec l'âge il sentit grandir en lui le désir d'être envoyé comme missionnaire parmi les païens. Pour se rendre plus propre à cette entreprise, il résolut d'obtenir une éducation médicale. A cet effet, il se mit à économiser sur son salaire, et il parvint à mettre de côté assez d'argent pour passer plusieurs hivers à Glasgow, à suivre des cours de grec, de médecine et de théologie. Le reste de l'année, il travaillait comme ouvrier dans une filature de coton; et ce fut ainsi que, sans jamais recevoir un sou de personne, il prit sur son modique salaire d'ouvrier filaleur de quoi subvenir aux frais de ses études. « En jetant un regard en arrière sur cette vie » laborieuse, » dit cet excellent homme, « je ne puis ni'em- » pécher de remercier le ciel de m'avoir donné une telle exis- » tenec ; et si cela était possible , j'aimerais à recommencer

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