LIVINGSTONE
» la vie dans les mêmes circonstances, et a passer de nou- » veau par les différentes étapes de cette nude et fortifiante » éducation. » A la longue, ii finit ses études médicales, écrivit sa thèse latine, passa ses examens, et fut admis au degré de licencié de la faculté de médecine et de chirurgie. Il pensa d'abord à aller en Chine; mais la guerre qui désolait alors ce pays l'empêcha de suivre cette idée , et ayant offert ses services à la Société des Missions de Londres, il fut envoyé par elle en Afrique, où il arriva en 18i0. Il avait eu le projet de se rendre en Chine à ses frais; et la seule douleur qu'il éprouvât en allant en Afrique aux: frais de la Société des Missions « provenait, » disait-il, « de ce qu'il n'était pas » agréable, pour un homme qui avait l'habitude de se n tirer d'affaire tout seul, de se trouver en quoi que ce soit t sous la dépendance d'autrui » . Arrivé en Afrique, il se mit vigoureusement à l'œuvre. Il ne pouvait supporter l'idée de prendre simplement part aux travaux des autres, et il résolut de se créer comme missionnaire une sphère indépendante, pour liiquelle il se prépara, en entreprenant, outre ses travaux de prédication, toutes sortes d'ouvrages manuels. «Celte multiplicité d'entreprises, '* dit-il, ce m'épuisait et ii nie rendait plus incapable d'étudier le soir (pie je ne l'art* vais jamais été à l'époque où je travaillais comme ouvrier v> lilateur. » Pendant son séjour chez les l'érhuanas, il creusa des canaux, bâtit des maisons, mit des champs en culture, éleva des bestiaux et instruisit les indigènes, tout en travaillant avec eux. Dans les commencements, ayant entrepris, avec un certain nombre d'entre eux, lin long Voyage à pied, il surprit , au moment du départ, quelques-unes de lctîrs observations sur sa faiblesse physique. « lln'est pas fort, -5 disaient-ils^ « il est tout grêle, et ne paraît robuste que parce « qu'il se met dans ces sacs (c'est ainsi qu'ils nommaient ses i) pantalons) ; il n'ira pas loin. -A Ces remarques firent bouillir dans ses veines son sang de montagnard et lui donnèrent la
foire de mépriser la fatigue et de faire marcher ses compagnons d'un lel train, pendant des journées entières, qu'il leur fa 1 1 n l bien à la tin se faire une opinion plus juste de ce dont il était capable comme marcheur. Si l'on veut savoir ce qu'il ht en Afrique et comment il le ht, il faut lire ses Voyages d'un missionnaire , l'un des plus intéressants ouvrages de cette espèce qui aient jamais été publiés. Une des dernières actions qui y sont rapportées est on ne peut plus caractéristique. La chaloupe à vapeur Birkenhead, qu'il avait emmenée avec lui en Afrique, n'ayant pas répondu à ses espérances , il envoya des ordres en Angleterre pour qu'on en construisît une autre, dont il estimait le prix de revient à environ 2,000 livres qu'il se proposait de prendre sur l'argent que lui avaient rapporté ses voyages , et qu'il avait mis de côté pour ses enfants. « C'est maintenant ;> à eux à gagner cet argent, » fut l'expression même dont il se servit, lorsqu'il envoya l'ordre par lequel il en disposait ainsi.
Parmi les hommes distingués qui ont consacré leur vie à de grandes œuvres de philanthropie, et qui, dans leur patrie même, ont rempli le rôle de missionnaires, saint Vincent de Paul fné en 1576, mort en 1660) a droit à une des premières places. Fils d'un petit fermier de Rauquines, près de Pouy, dans le département des Laudes, il dut, pendant sa première jeunesse, se consacrer au travail de la ferme; car les ressources insuffisantes de sa famille semblaient le destiner à une vie de laborieuse obscurité. Toutefois, les remarquables indices qu'il donna de la vivacité de son intelligence et de la sensibilité de son caractère engagèrent ses parents à faire tous leurs efforts pour lui procurer une éducation libérale, et ils réussirent à le faire entrer comme élève au couvent des cordeliers, à Dax. Là, il étudia avec tant de succès, qu'à seize ans on le jugea capable de remplir les fonctions de précepteur dans la famille du magistrat du