‹ Self-help; ou, Caractère, conduite et perseverance, illustrès à l'aide de biographies;Chapitre 64 sur 133 · SAINT VINCENT DE PAUL · texte numérisé non relu

SAINT VINCENT DE PAUL

village. Il continua ses travaux pour se préparer au ministère, prit la tonsure, et, quelque temps après, alla poursuivre l'étude de la théologie à l'université de Toulouse, où, pendant ce temps, il gagna sa vie à donner des leçons. A vingtqualre ans, il fut consacré prêtre, et quatre ans plus tard il obtint le degré de bachelier es lettres et la permission d'ouvrir un cours.

Un legs de quinze cents livres lui ayant été laissé par un ami qu'il avait à Marseille, il se vit dans la nécessité de visiter cette ville; et, en revenant par mer, le vaisseau dans lequel il se trouvait fut attaqué par des corsaires tunisiens. Dans le conflit auquel cette rencontre donnalieu, Vincent fut blessé, puis envoyé à Tunis, et, plus tard, à Alger. Durant sa captivité, il fut successivement esclave de trois maîtres , dont le dernier était un renégat italien qu'il convertit à sa foi première, et auquel il persuada de s'enfuir avec lui en France, où ils réussirent à arriver. Après une visite faite au pape , à Rome, Vincent se rendit à Paris. Durant sa captivité en Afrique, son cœur s'était ému des souffrances des pauvres, des malades et des affligés, et il avait résolu de dévouer à leur service le reste de sa vie. Il alla donc demeurer prè de l'hôpital de la Charité, qu'il visita chaque jour. Vers cette époque , il se vit en butte à une accusation de vol , portée contre lui par un des locataires de la maison qu'il habitait. Fort de son innocence, que cependant il lui était impossible de prouver, il supporta avec patience et résignation cette grande injustice pendant six ans; mais enfin le véritable coupable fut découvert, et l'honnêteté de Vincent mieux établie que jamais.

Ce fut àTolleville, dans le diocèse d'Amiens, que Vincent commença son célèbre système de missions domestiques. Ces missions eurent tant de succès et produisirent des résultats si salutaires, que plus tard il prit l'habitude d'en célébrer tous les ans l'institution avec une pieuse gratitude.

Lorsqu'il alla s'établir à (ïhàlilloti, comme curé de la paroisse, il agrandit son plan et organisa une association pour secourir les besoins temporels aussi bien que les besoins spirituels des pauvres et des malades. Cette association, qu'il nomma la Confrérie, de Charité, servit bientôt de modèle à une foule d'institutions semblables, en France et en divers autres pays. Il travailla lui-même avec une persévérance infatigable à étendre la sphère d'action de l'association , et il obtint un grand succès, particulièrement dans les districts où son iulluence personnelle se faisait sentir; tels, par exemple < que ies diocèses de lîeauvais, de Boissons et de Sens.

Ullâ visité qu'il lit à Marseille, en compagnie du Comte de Joiguy, commandant i\c< galères royales, lui révéla accidentellement l'extrême misère qu'avaient à endurer les pauvres diables qui expiaient leurs crimes sur les galères. Il les trouva dans un état de dénùment, de dégradation et d'abrutissement indescriptible, et résolut, si cela était possible, d'apporter quelque soulagement à leur sort. Il se présenta comme leur ami et leur bienfaiteur; mais d'abord ils île firent que le railler et se moquer de lui. Il n'était pas homme à se laisser ainsi décourager; et il persévéra patiemment, jusqu'à ce qu'eulin, par la simple persistance de sa douceur, il en ramena à lui d'abord un, puis deux, puis un plus grand nombre, et enfin les gagna tous. Ayant obtenu leur confiance, il les détermina à le seconder dans les efforts qu'il faisait pour leur bien-être ; e! des succès aussi grands qu'inattendus suivirent les réformes qu'il introduisit. Le comte de Joigny (il un rapport au roi sur l'amélioration extraordinaire que cet excellent prêtre avait effectuée dans le caractère des criminels, même de ceux de la pire espèce; et Louis XIII , rendant à ses services la considération qu'ils méritaient , le nomma aumônier général des galères de France.

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