JOH\SO\T ET WASHINGTON IRVING
dil-il , « sont injustes : je n'ai jamais vu un seul homme de « mérite méconnu ; c'est généralement à soi-même que l'on » doit s'en prendre si l'on ne réussit pas. »
Washington Irving, l'auteur américain, était du même avis. « Quant à tout ce que l'on dit, « écrit-il, .< au sujet » du mérite modeste négligé, ce n'est trop souvent qu'un » prétexte dont les gens indolents et irrésolus se servent » pour imputer au public leur manque de succès. Ii faut » dire aussi que le mérite modeste n'est que trop souvent » enclin à la négligence, à l'inaction, ou n'est qu'un mérite » sans instruction. Mais le talent mûri par l'étude et bien h discipliné est toujours sur de trouver un théâtre, pourvu » toutefois qu'il veuille s'en donner la peine ; car il ne faut » pas non plus qu'il s'affaisse dans son coin de feu et at- » tende qu'on vienne le chercher. Il y a, au fond, beaucoup » d'hypocrisie dans la façon dont on accuse sans cesse le » monde de tout pardonner aux audacieux qui se mettent i) en avant et affichent leur succès, et de laisser dans l'oubli » le mérite qui se cache. Le fait est que ces audacieux sont » doués de qualités très-précieuses, telles que l'activité et la » promptitude , sans lesquelles le mérite n'est qu'une pro- » priété en jachère. Un chien qui aboie est, après tout, » plus utile qu'un lion qui dort. »
L'attention, l'application, l'exactitude, la méthode, la ponctualité, la promptitude, sont les principales qualités requises pour mener à bien les affaires de toute espèce. Ces qualités peuvent, à première vue, paraître assez indifférentes, mais elles sont en réalité de la dernière importance pour le succès, le bien-être et le bonheur de L'homme. Ce sont en elles-mêmes de petites choses ; mais c'est aussi de eboses comparativement petites qu'est faite la vie humaine : c'est la répétition constante d'une foule de petites actions qui nonseulement constitue le caractère individuel, mais qui détermine le caractère (\c^ nations ; et toutes les fois que des
hommes ou des peuples out dégénéré, on a pu remarquer que le mépris des petites choses est le rocher sur lequel ils sont venus se briser. Tout être humain a des devoirs à accomplir, et, que sa sphère d'action soit l'administration d'une famille, la conduite d'un métier ou d'une profession ou le gouvernement d'une nation, il a besoin de cultiver les facultés qui lui ont été données pour l'accomplissement de ces devoirs.
Les exemples que nous avons déjà cités de la puissance du travail dans les diverses branches de l'industrie, de l'ait cl de la science, rendent inutile d'insister davantage sur l'importance de l'application persévérante dans toutes les occupations de la vie. Il résulte de l'expérience de chaque jour que l'attention sérieuse au\ affaires de détail est à la racine de tout progrès humain, et que la vigilance est la mère de la bonne foi tune. L'exactitude est aussi de la plus grande importance : c'est le signe invariable d'une bonne éducation. Il faut en effet de l'exactitude dans les observations, de l'exactitude dans les discours, de l'exactitude dans les affaires. Mieux vaut ne pas s'en mêler que de ne pas faire les affaires comme elles doivent être faites ; mieux vaut aussi mille fois faire peu de chose et le faire parfaitement, que de faire beaucoup et de ne le faire qu'à moitié. Aussi était-ce un homme sage que celui qui avait coutume de dire à ceux avec qui il était en affaires : u Restez encore un peu, que » nous en finissions une bonne fois. »
On accorde généralement trop peu d'attention à cette importante qualité, l'exactitude. Un homme éminent dans l'application des sciences à l'industrie nous disait tout dernièrement : « Vous ne sauriez croire combien, dans le cours
de ma longue expérience, j'ai trouvé peu de gens qui m fussent capables de définir un fa il exactement. » Et cependant, c'est bien souvent, dans les affaires, la manière dont on traite les questions de détail qui détermine les gens