WALTER SCOTT
résultat de nombreuses années de patient labeur, Scott , lorsqu'il lui arrivait de parler de lui-même et de ses propres facultés, le faisait toujours avec la plus grande modestie. « 11 n'est dans ma carrière, » disait-il dans une certaine occasion , « aucune époque où je ne me sois senti gêné et » embarrassé par ma propre ignorance. »
C'est ainsi que doivent parler la vraie sagesse et la sincère humilité; car plus un homme a de savoir réel, et moins il a de suffisance. Il ne faut pas imiter certain étudiant du collège de la Trinité , à Oxford , qui , étant allé prendre congé de son professeur, lui dit « qu'ayant fini son éducation, il » allait partir » et se vit très-justement repris en ces termes : « Vraiment! vous avez fini votre éducation? moi, je » ne fais que de commencer la mienne. »
L'esprit superGciel qui sait un peu de tout, mais rien parfaitement, peut s'enorgueillir de ses talents; pour le sage, il confesse humblement que tout ce qu'il sait, c'est qu'il ne sait rien , ou il déclare avec Newton « qu'il n'a fait que ra- » masser quelques coquilles sur le rivage, et que le grand » océan de la vérité s'étend inexploré devant lui » .