‹ Self-help; ou, Caractère, conduite et perseverance, illustrès à l'aide de biographies;Chapitre 86 sur 133 · IMPUISSANCE DES CLASSES IMPRÉVOYANTES · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE DES CLASSES IMPRÉVOYANTES

moindre de ses mauvaises habitudes; et en pareille matière on trouve plus conforme à ses goûts, comme ce l'est trèscertainement à l'habitude commune, de commencer par son prochain que de commencer par soi-même.

Toute classe d'hommes qui vit au jour le jour sera toujours une classe inférieure, ses membres restant nécessairement, sans force et sans défense, attachés aux flancs de la société comme des naufragés aux flancs d'un navire, triste jouet des temps et des saisons. N'ayant pas de respect pour eux-mêmes, ils n'en inspirent aucun à autrui. Qu'une crise commerciale arrive, ils sont inévitablement écrasés. Privés de cette accumulation de puissance que toute épargne, quelque petite qu'elle soit, donne invariablement, ils sont à la merci de tout le monde, et, s'ils ont de bons sentiments , ne peuvent contempler qu'avec crainte et en tremblant le sort possible que l'avenir réserve ta leurs femmes et à leurs enfants. « Le monde, » disait dans une certaine occasion M. Cobden, s'adressant aux ouvriers de Huddersfield , « a toujours été » partagé en deux classes , ceux qui épargnent et ceux qui » dépensent, les économes et les prodigues. La construction » de toutes les maisons, de toutes les usines, de tous les » ponts, de tous les navires, aussi bien que l'achèvement de » tous les grands ouvrages qui ont contribué au bien-être et » à la civilisation , est l'œuvre de ceux qui savent économiser » et qui ont toujours eu pour esclaves ceux qui ne savent » que dissiper inutilement leurs ressources. Les lois de la » nature et de la Providence veulent qu'il en soit ainsi , et » je serais un imposteur si je faisais espérer aux membres » d'une classe quelconque qu'ils pourront améliorer leur sort » tout en restant imprévoyants, insouciants et paresseux. » Un avis du même genre, et non moins bon que le précédent, est celui que M. Bright donna, en 1847, à une assemblée d'ouvriers à Rochdale. Après avoir affirmé que l'honnêteté se trouve en proportions à peu près égales dans toutes les

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classes de la société, il continua ainsi : m II n'y a qu'une voie » sûre, pour un homme ou pour une classe d'hommes quel- » conque, de maintenir sa position présente, si elle est » bonne, ou de s'en faire une meilleure, c'est la pratique du i' travail, la frugalité, l'honnêteté. Le seul moyen qu'aient les a hommes de sortir d'une position dans laquelle ils ne trouvent pour leurs besoins physiques ou intellectuels ni con- » fort, ni satisfaction, est la pratique des vertus qui servent » tous les jours à un si grand nombre d'entre eux à s'élever » et à améliorer leur sort. »

Il n'y a pas la moindre raison pour que la condition de la moyenne des ouvriers ne soit pas tout à la fois utile, honorable, respectable et heureuse. La masse des classes ouvrières pourrait, à peu d'exceptions près, être aussi frugale, aussi vertueuse, aussi instruite, et jouir d'un aussi grand bien-être que ceux de la même classe qui sont parvenus à se procurer tous ces biens. Ce que quelques hommes sont, tous pourraient le devenir sans difficulté. Employez les mêmes moyens, et les mêmes résultats suivront. Que dans toute société il y ait une classe d'hommes vivant de leur travail de chaque jour, c'est l'ordonnance de Dieu, et c'est sans doute une ordonnance aussi juste que sage-, mais que cette classe vive dans un autre état que celui de la frugalité, du contentement, de l'intelligence et du bonheur, c'est ce qui n'est point dans les desseins de la Providence, mais provient uniquement de la faiblesse, de l'intempérance et de la perversité de l'homme lui-même. L'idée salutaire du développement individuel, si elle était une fois propagée chez les ouvriers, servirait plus que toute autre chose à les élever comme classe, et cela, non en abaissant les autres, mais en les élevant eux-mêmes progressivement à un état plus haut de religion, d'intelligence et de vertu.

Quand un homme jette ses regards sur l'avenir, il trouve que les trois principales éventualités temporelles contre les-

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