IMPORTANCE DE L'EDUCATION PHYSIQUE
sique, d'action, de travail, d'occupations corporelles de toutes sortes.
Daniel Malthus , ayant un fils au collège, lui recommandait de donner tous ses soins à la culture de son intelligence, mais de ne pas négliger non plus les jeux athlétiques , qui, disait-il, étaient le meilleur moyen qu'il pût employer pour maintenir au pins haut point de vigueur les forces de son esprit et la faculté de jouir des plaisirs de l'intelligence, u Toute espèce de savoir, » disait-il, « toute communion avec la nature et l'art vous amusera et » fortifiera votre esprit ; et je suis très-heureux que le jeu de » cricket puisse en faire autant pour vos bras et vos jambes. » J'aime à vous voir exceller dans les exercices du corps, •' et je pense moi-même que la meilleure et la plus agréa- » ble partie des plaisirs de l'esprit est celle dont on peut » jouir en se promenant. « Mais un des plus grands avantages de l'activité soutenue est celui sur lequel insiste avec tant de raison l'évèque Jeremy Taylor. « Évitez la » paresse, » dit-il, « et que vos moindres instants soient » pris par de fortes et utiles occupations ; car la luxure s'in- » troduit aisément par les vides que font en nous l'inaction » del'àme et le bien-être du corps, et nul, que nous sachions, » n'est resté chaste, qui, jouissant d'une bonne santé et d'un » assez grand bien-être, s'est vu exposé aux tentations qui » accompagnent l'oisiveté : surtout n'oubliez pas que de » toules les manières de tenir le malin à distance, la plus » utile et la plus efficace, c'est le travail manuel. «
Le succès dans la vie active dépend bien plus qu'on ne le croit de la santé physique. Hodson, officier du régiment du même nom, aux Indes, écrivantàunamien Angleterre, disait : « Si je fais mon chemin , ce sera , je crois , à ne parler n que du physique, grâce à une bonne digestion. » La faculté de s'appliquer au travail d'une manière suivie doit en effet, quelle que soit notre profession, dépendre en grande
iO-i LUI CATION DE SOI-MEME.
partie de ce l'ait, en apparente prosaïque, de la digestion; d'où la nécessité de veiller à sa propre santé, même alors qu'on ne la considère que comme une des conditions du laheur intellectuel. On peut sans doute s'exagérer la valeur de l'éducation physique; mais il n'en est pas moins incontestable qu'il est de la plus haute importance pour les jeunes gens d'apprendre de bonne heure à se servir librement de tous leurs membres. C'est là cependant une de ces propositions élémentaires qui dans l'éducation moderne ne sont que trop souvent négligées. Aussi tous les jours voit- on sortir des collèges et des écoles des jeunes gens qui , pleins du savoir des Grecs et des Romains, savent à peine à quoi leurs pieds et leurs mains peuvent leur être bons : ils se connaissent très-bien sans doute en gérondifs et en participes, mais ne savent se servir de leurs yeux, et, en tout ce qui se rapporte à la faculté très-commune de l'observation, sont en général inférieurs aux garçons de charrue.
Peut-être, avec un peu plus de science, la sagesse pratique viendra-t-elle aux instituteurs, qui sans doute reconnaîtront alors que l'un des principaux objets de l'éducation est de préparer les hommes à la vie active et de les amener à s'intéresser et à prendre part aux affaires journalières du commun des hommes. Il n'y a, après tout, aucune incompatibilité entre l'éducation qui donnerait aux jeunes gens une idée des connaissances usuelles les plus indispensables et celle qui les élève au plus haut degré de culture intellectuelle; c'est même le contraire qui est la vérité. Apprendre, par exemple, à manier des outils dans un atelier, serait un excellent complément de l'éducation ; car, par ce moyen , les jeunes gens arriveraient à savoir se servir de leurs bras et de leurs mains ; ils se familiariseraient avec un travail salutaire, exerceraient leur activité sur des choses visibles et tangibles, acquerraient quelques notions de mécanique pratique, deviendraient, à leur grande satisfaction ultérieure,