ACTE IV, SCÈNE V
Ah , quelque femme encor !
DO IV JUAIV.
Et quoi donc ? — Je rencontre en une rue obscure , Une belle ayant l'air.,.. J'approche..., un vrai trésor, Une divinité de taille et de figure !
Je l'accoste, elle veut s'enfuir, je la retien
Avec quelque douce parole.
Elle me prend.... pour qui ? voyons !
LEPOIIELLO.
Je n'en sais rien.
Eh! pour Leporello!
DOÎV JUAIV.
LEPOKELLO.
Pour moi.*^ DON JUAN.
Pour toi.
LEPOKELLO.
Fort bien, DON JUAN.
Oh ! dès lors nous changeons de rôle , C'est elle*qui m'arrête et m'embrasse !
LEPORELLO
Très drôle !
Et puis, de sa petite voix :
« Mon cher Leporello, mon doux ami !» — Je vois Que c'est une de tes maîtresses.
96 DON JUAN
LEPOUELLO, stupéfait.
Ah! ah!
( Pendant ce dialogue , Don Juan a jeté à Leporello son manteau et son chapeau , et ils ont repris chacun leur costume. )
D03V JUAN
Je profitais comme il faut de l'erreur. Elle me reconnaît , pousse un cri de terreur,
J'entends du monde , je m'évade , Je traverse la ville à grands pas , j'escalade Ce petit mur, et je me trouve ici.
LEPORELLO
Mais, vous me dites tout ceci ^
D'un sang-froid ! . . . . ^
BON JUAN
Pourquoi pas ?
LEPORELLO
Si c'eût été ma femme !
DON JUAN , riant très-fort.
Ah , ah, ah! c'eût été trop joli, par ma foi î
LA STATUE
Tu cesseras de rire avant l'aurore.
BON JUAN
Hein?
Quoi ^
BON JUAN
Qui parle ^