‹ Selmours de FlorianChapitre 34 sur 120 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

et dans son absence, il a fallu demander à ses symphonieSj à sa musique religieuse, à la Clémence de Titus^ à la Flûte enchantée ^etc, , toute cette harmonie où nul, dans notre temps, n'aurait voulu s'aventurer. Quel autre que Mozart oserait grossir d'un air la partition de Don Juan? Quel autre que Raphaël ajouter une tête à la Transfiguration?...

Le but qu'on se propose aujourd'hui est dç rendre populaire en France la gloire de Mozart. Pour y arriver , le plus sûr moyen était de choisir dans la foule de ses chefs-d'œuvre , l'opéra le plus complet^ le plus élevé, le plus synthétique, Don Juan^ celui qui, à la richesse d'harmonie, à la vigueur d'instrumentation, au luxe varié du chant, joint encore, par bonheur, l'intérêt pittoresque d'un drame original, et toujours^ dans ses situations les plus terribles^ comme dansses imbrogUosXes plus bouffons, conçu et présenté à la manière des pièces de Shakespeare!

Donc, respect pour le poëme comme pour la musique. Indépendamment de ce que le style de Mozart est approprié de telle sorte à chaque situation , à chaque personnage^ qu'on ne peut jamais faire dire à ses notes ce qu'elles ne disent pas, le libretto de Casti est par lui-même une œuvre d'art qu'il eût été' malséant de déranger ou d'arranger. Si l'on s'est per-

PUÈFACE. XIII

mis quelques développemens de scènes et de caractères, ce n'est qu'avec la collaboration de E. T. A. Hoffmann, dont personne ici ne récusera l'autorité, surtout à propos de Don Juan.

C'est le poète allemand qui parle :

« On donne ce soir Don Juan^ du célèbre

Mozart.... »

(( La salle était spacieuse , décorée avec élégance et magnifiquement éclairée. Le parterre et les loges étaient chargés de monde. Les premiers accords de l'ouverture me convainqmrent que l'orchestre était

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