XIV PREFACE
excellent; et je m'attendais à toutes les jouissances que promet le chef-d'œuvre. — Dans l'andante, les épouvantemens du terrible et souterrain regno del pianto s'emparèrent de moi , l'horreur pénétra dans mon âme. La joyeuse fanfare, placée à la septième mesure de l'allégro retentit comme les cris de plaisir d'un criminel; je crus voir des démons menaçans sortir de la nuit infernale , puis des figures animées par la gaîté , danser avec folie sur la mince surface d'un abyme sans fond. Le conflit de la nature humaine avec les jouissances inconnues qui la circonviennent pour la détruire , se présenta clairement à mon esprit. Enfin, la tempête s'apaisa, et le rideau fut levé.
« Gelé et malcontent sous son manteau , Leporello fait sentinelle sous le pavillon , par la nuit noire , et commence : Notte e giorno fatigar. — Ainsi de Vitalien^ me dis-je : Ah! che piacere ! je vais donc entendre tous les airs, tous les récitatifs, tels que le grand maître les a reçus dans son esprit et tels qu'il nous les a transmis! — Don Juan se précipite sur la scène, et derrière lui, dona Anna retenant le coupable par son manteau. Quel aspect ! quelle tôte ! des yeux d'où s'échappent, comme d'un point électrique^ l'amour, la haine , la colère , le déses-