‹ Selmours de FlorianChapitre 38 sur 120 · PRÉFACE. XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XVII

du traître don Juan , et le compatissant Leporcllo remarquait fort ingénieusement qu'elle parlait comme un livre : parla corne un libro stampato ^ lorsque je crus entendre quelqu'un derrière moi. On pouvait facilement avoir ouvert la loge et s'être placé dans le fond. Cela me chagrina singulièrement. Je m'étais trouvé si heureux d'être seul dans cette loge, de pouvoir entendre sans être troublé , le divin chefd'œuvre, si bien représenté; de me laisser saisir par toutes les impressions qu'il porte et de m'abandonner à moi-même! Un seul mot, un mot absurde m'eût douloureusement arraché à mon enthousiasme ! Je résolus de ne faire aucune attention à mon voisin, et tout adonné à la représentation , d'éviter chaque mot , chaque regard. La tête appuyée sur ma main , tournant le dos k mon compagnon , je dirigeai mes yeux vers la scène. Tout y répondait à l'excellence du début. La petite Zerline, vive et amoureuse, consolait par des traits charmans le pauvre sot de Masetto. Don Juan épanchait son mépris pour ses semblables , dont il ne faisait que des instrumens de plaisir, dans l'air brusque et coxx^è fin ch'han dal^ ^ino. Le jeu de ses muscles exprimait admirablement sa pensée. Les masques parurent. Leur trio était une prière qui montait on accords purs vers le ciel. Le

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