‹ Selmours de FlorianChapitre 39 sur 120 · XVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XVIII PREFACE

fond du théâtre s'ouvrit. La joie éclata; le choc des verres retentit; les paysans et tous les masques attirés par la fête de don Juan, dansaient et formaient des groupes animés. — Les trois masques conjurés pour la vengeance s'avancèrent. Tout devint solennel; puis 5 on se remit à danser jusqu'au moment où Zerline est sauvée , et où don Juan s'avance courageusement, l'épée haute, au-devant de son ennemi. Il fait sauter l'épée des mains de son rival, et se fraie un chemin à travers la multitude qu'il met en désordre.

(c Déjà depuis long-temps, je croyais entendre derrière moi une haleine fraîche et voluptueuse , et comme le frôlement d'une robe de soie; je soupçonnais la présence d'un être féminin; mais entièrement plongé dans le monde idéal que m'ouvrait l'harmonie^ je ne me laissais pas distraire de mes rêves. Quand le rideau se fut abaissé, je me retournai. — Non , il n'est pas de paroles pour exprimer mon étonnement. Dona Anna, entièrement habillée comme je l'avais vue sur le théâtre^ se trouvait là et dirigeait sur moi son regard plein d'âme et d'expression ! Je restai sans voix , la contemplant d'un œil effaré ; sa bouche ( à ce qu'il me sembla du moins) forma un sourire ironique et léger, dans

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