‹ Selmours de FlorianChapitre 43 sur 120 · XXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXIV PREFACE

nemi de notre race ait conservé la puissance de consumer l'homme par l'homme lui-même, en lui donnant le désir de l'infini, la soif de ce qu'il ne peut atteindre. Ce conflit du Dieu et du démon , c'est la lutte de la vie morale et de la vie matérielle. — Les désirs qu'enfantait la puissante organisation de don Juan l'enivrèrent, et une ardeur toujours entretenue fit bouillonner son sang, et le porta incessamment vers les plaisirs sensuels, avec l'espoir d'y trouver une satisfaction qu'il chercha en vain.

« Il n'est rien sur la terre qui élève plus l'homme dans sa plus intime pensée que l'amour. C'est l'amour, dont l'influence immense et victorieuse éclaire notre cœur, et y porte à la fois le bonheur et la confusion. Peut- on s'étonner quQ don Juan ait espéré d'apaiser par l'amour les désirs qui déchirent son sein, et que le démon ait tendu son piège? C'est lui qui inspira à don Juan la pensée que par l'amour, par la jouissance des femmes, on peut déjà accomplir sur la terre les promesses célestes que nous portons écrites au fond de notre âme; désir infini qui nous apparente dés le premier jour avec le Ciel. Volant sans relâche de beauté en beauté, jouissant de leurs charmes jusqu'à satiété , jusqu'à l'ivresse la plus accablante; se croyant sans cesse trompé dans son choix, espérant atteindre

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