‹ Selmours de FlorianChapitre 9 sur 120 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

PHRASIUS, FANNY.

pHRAsius sortant du cabinet.

Voilà ma lettre à bout.

FANNY

Ma patience aussi^ Donnez.

PHRASIUS.

Ne faut-il pas que je pointe les I , Que je barre les T , je soigne les virgules ; Le sljlc, euîin , le style ?...

FANNY

Ah ! quels yeux ridicules Vous me faites !

PHRASIUS , lisant.

(( Monsieur.... Ce petit air sournois « M'enchante, et vous avez le plus piquant minois , <( L'œil le plus agaçant , oui , le diable m'emporte , K Si je

FANNY

Vous écrivez des choses de la sorte A monsieur Pickle ?

PHRASIUS*

Eli ! non , parbleu , je vous les dis^ Ange femelle , à vous, lose de Parjdis. Ah ! çà , de ce logis vous êtes la maîtresse?

FANNY

Non , je suis la soubrette.

PHRASIUS.

Eii bien ! enclianteresse , C'est égal; je vous aime, et mon cœur trop ardent.... Non , Eve n'était pas plus belle aux yeux: d'Adam.

FANNY

Quel compliment î

PHRASIUS.

Puisé dans Milton , notre Homère; Oh ! vous êtes vraiment fraîche comme la mère Du genre humain.

FANNY

Flatteur ! petit serpent !

PHRASIUS.

Voulez-vous m'épouser , Mademoiselle ?

FANNY

Moi? Bon!

Non.

Vous allez vite au moins.

PHRASIUS.

Vovez , je ne m'informe Ni si votre naissance à la mienne est conforme, Ni si vous êtes riche , et sans rémission

Je vous enlève avec votre permission.

Vous verrez mon collège , et, reine dans ma classe ...

, FANNY

Qui? moi ! pauvre ignorante! y serais- je h ma place ?

PHRAsius.

Laissez donc; lorsqu'avec quelqu'assiduité Nous aurions fait ensemble un cours d'humanité...

FANNY

Oh ! vous y perdriez votre latin.

PHR^SIUS.

Peut-être L'éoolicre bientôt eu montrerait au maître.

TANNY.

Mon cher monsieur, pour moi l'inte'rêt n'est d& rien. Dans le choix d'un mari ; mais ma foi j'en convien , Je mettrais, si de vous j'acceptais pareille oîi're^ La dot...

PHRASIUS*

Où?

TANNY.

Dans mon Ut.

PHRASTUS.

Et l'époux?

FANNY

Dans le coffre.

PHRASIUS.

oh! dans quel traquenard mon cœur s'est-il fourré!

FANNY

Eh bien ! vous déchirez votre lettre ?

PHRASIUS, déchirant la lettre.

Ah ! c'est vrai.

Devine qui pourra.

FANNY

Quel message est le vôtre? Que dirai-je pour vous?

PHRASIUS.

Rien ; je cours après l'autre...

FANNY

Après qui ?

PHRASIUS.

Oui, cherchez ! je vais chercher aussi. Jeune homme inconséquent! des yeux comme en voici

T'auront tourné la tête , et ma disgrâce approche

L'amour — Moi qui croyais l'attraper par le coche. Mais par où donc sortir ?

FANNY

Quel embrouillé conteur !

Un jeune homme et mes yeux , le coche , un précepteur , Cette lettre — voilà pour troubler vingt cervelles. Par ici, suivez-moi: sachons quelques nouvelles, Car il est par ma foi si bête, qu'il m'a l'air D'être le précepteur du pauvre sir Robert.

PHRASIUS.

Venez, courons, cherchons.... surtout, ma belle amie, Ne vous mariez pas sans moi, je vous en prie !

riN DU PREMIER ACTE.

( tS)

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