‹ Séméiologie des Hémorragies Spontanées de l'OreilleChapitre 20 sur 56 · EST · texte numérisé non relu

EST

$ IX. Coqueluche.

Les hémorragies de l’oreille dans la coqueluche se produisent pendant la quinte de toux. L'air se trouve chassé dans la trompe d'Eustache et vient frapper la membrane du tympan, laquelle, étant souvent altérée par l'otite qui accompagne parfois la coqueluche, n'offre plus qu’une faible résistance et se rompt. C'est à cette rupture de la membrane tympanique que serait due l’hémorragie.

Le mécanisme est d’ailleurs le même que celui des otorragies consécutives à la strangulation, à la pendaison ou au fait de se moucher très fort.

Mais si ces hémorragies sont consécutives à un traumatisme du tympan, elles sont aussi une complication survenant dans le cours d'une maladie, et c’est à ce dernier titre que nous nous croyons autorisé à en parler 101.

C’est Wilde (de Dublin), qui a le premier signalé ces otorrag'ies dans la coqueluche ; Triquet les a observées deux fois et Gibb quatre fois. |

Dans les observations de Triquet (1), il s’agit de deux petits enfants de 4 à 6 ans, affectés d’une violente coqueluche depuis quinze jours. C'était pendant une quinte de toux et la nuit qu’avaient lieu les otorragies, à gauche chez l’un, à droite chez l'autre ; l'hémorragie n’avait été constatée que le matin seulement, on en avait trouvé les traces sur l’oreiller, La quantité de sang fut évaluée à une cuillerée.

A l’examen, il fut constaté une déchirure verticale et linéaire de la cloison tympanique, un peu au-dessous du manche au marteau, et entre les lèvres de la plaie l'existence d’un caillot de sang.

(1) Triquet. Leg. clin., 1re part., p. 186.

Chez les quatre enfants du D' Gibb, il y eut également rupture de la membrane du tympan et rupture linéaire, le plus souvent verticale. Chez deux, la rupture existait des deux côtés.

De ces faits, nous concluons que l’otorragie dans la coqueluche est peu conséquente et sans gravité, et qu’elle est toujours liée à une rupture de la membrane du tympan, rupture le plus souvent linéaire et verticale.

8 X. Affections cardiaques.

Dans les affections cardiaques, on a parfois des complications auriculaires telles que sifflements, bourdonnements, vertiges, douleur, surdité, et une beaucoup plus rare, l'écoulement de sang par l'oreille.

Nous avons trouvé une observation de Gellé dans la statistique de 1890 de sa clinique otologique annexe, de la Salpêtrière, où l’hémorragie par l'oreille se fit goutte à goutte et sans douleur. Le sang était noir et provenait de la paroi inférieure du conduit auditif où il s'était extravasé. Les tympans présentaient une teinte sombre. Nous allons, du reste, reproduire cette observation.

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