OBSERVATION XXXIV
{ARSLAN, Arch. ilal. di olologia, etc., 1896, no 1) (1).
Un chanteur de 40 ans fut pris brusquement d'une violente douleur dans l'oreille gauche, avec diminution de l’ouiïe, un malaise général et un léger mouvement fébrile. Dans l'oreille, examinée pour la première fois deux jours après le début des accidents, on constatait une tuméfaction bleuâtre, fluctuante, douloureuse à la pression, insérée par une large base sur la paroi inférieure. Incision suivie d’un tamponnement à la gaze antiseptique. |
Amélioration immédiate et guérison rapide,
$ II. Tumeurs malignes.
Les tumeurs malignes de l'oreille sont rares. La première observation de cancer de l'oreille remonte à 1804, elle est dûe à Fischer. La forme la plus commune est l’épithélioma.
Ces tumeurs se rencontrent à tout âge. Cependant, l’épithélioma et le carcinome seraient plus fréquents dans la seconde moitié de la vie.
L'épithélioma du conduit auditif externe se développe au milieu des symptômes d’eczéma humide : forte démangeaison d'abord, puis ulcération ; on a ensuite des douleurs pulsatiles, de la tuméfaction circonscrite de la paroi du conduit qui, en quelques semaines, se transforme en une surface ulcérée.
Il yaun engorgement ganglionnaire considérable. La tumeur a un aspect ulcéré, et il se fait par le conduit un suintement ichoreux, fétide et sanguinolent.
La marche est rapide et le malade tombe dans la cachexie.
(1) Presse médicale, 15 février 1896.
er)
On peut encore constater dans le conduit la présence de tumeurs qui y sont étrangères. Aïnsi, des polypes ou des tumeurs malignes de la caisse peuvent, après avoir perforé la mémbrane tympanique, venir obstruer le conduit. Il en est de même de certaines tumeurs crâniennes, telles que le fongus de la dure-mère qui, ainsi que les autres néoplasmes, occasionnent des hémorragies parfois considérables (1).
Ce sont là autant de causes qui peuvent induire en erreur, même les praticiens expérimentés, surtout en ce qui concerne le fongus de la dure-mère. Dans ce cas-là, en effet, on conçoit la difficulté du diagnostic.
On ne peut soupçonner un fongus de la dure-mère qu’à partir du moment où un relief se laisse apercevoir sur le crâne. Tous les autres symptômes, tels que céphalalgie, douleurs, peu vent manquer, et les autres signes sont trop incertains.
-(1) Triquet, Lec. clin., 2e partie, p. 138.