‹ Séméiologie des Hémorragies Spontanées de l'OreilleChapitre 42 sur 56 · TN · texte numérisé non relu

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Les polypes du tympan prennent surtout naissance à sa circonférence et à la partie postérieure et supérieure. Ils présentent les mêmes caractères que ceux du conduit, avec cette différence toutefois qu'ils sont douloureux à la pression.

Les hémorragies se produisent aussi fréquemment dans un cas que dans l’autre et de la même façon : elles naissent spontanément ou sont provoquées.

Quand les polypes du tympan sont volumineux, ils obstruent le conduit et occasionnent les mêmes phénomènes que ceux du conduit : bourdonnements d'oreille, surdité, vertiges, rétention du pus dans la caisse, d'où possibilité de complications cérébrales graves, etc.

A l'examen otoscopique, la tumeur se présente de la même façon que celle qui s'implante sur les parois du conduit: tumeur rouge, saignante, molle, dépressible, mais douloureuse à la pression.

Cette douleur qui existe dans le polype du tympan et qui fait défaut dans celui du conduit est un excellent signe pour reconnaître l’origine de la tumeur.

Parfois les polypes du tympan se présentent sous forme de petites granulations disséminées à la surface de la membrane tympanique, comme dans Îles cas d'otite externe chronique avec propagation au tympan, et comme cela se voit également chez les scrofuleux qui ont une inflammation chronique de cette membrane.

Ces granulations polypoïdes ne donnent lieu qu’à de légères hémorragies avec un cortège de symptômes peu accentués.

Nous n'insisterons pas davantage sur ces tumeurs que nous avons décrites en détail au sujet des hémorragies liées au conduit auditif externe.

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Les tumeurs malignes du tympan sont très rares et nous n'avons pu en relever qu’un cas. Il à été observé par Kirk Duncanson (1). Il s'agissait d’un épithélioma qui tout d'abord avait été pris pour un polype mais qui s’étendit bientôt aux parties voisines.

Outre les hémorragies abondantes et répétées que dut produire cet épithélioma, sa marche envahissante et rapide dut occasionner une série de symptômes graves qui ne devaient pas permettre de douter de la nature maligne de la tumeur. Au début de l'affection cependant, le doute était possible, car le volume du néoplasme n’était pas suffisant pour produire des phénomènes sérieux de compression. D'autre part, nous savons que les polypes donnent leu quelquefois à des hémorragies très abondantes. Il n’est donc pas surprenant qu’au début d'un épithélioma du tympan, étant donné sa rareté sur cette mem- . brane, on soit tenté de penser à l'existence d’un polype.

Les tumeurs malignes du tympan occasionnent de la surdité, des bourdonnements et des douleurs très violentes. Si elles envahissent la caisse, elles peuvent produire des troubles du côté du cerveau, ainsi que des hémorragies promptement mortelles. Nous reviendrons, du reste, sur ces phénomènes, dans le chapitre prochain en parlant des tumeurs de la caisse.

L’examen direct permet de constater une tumeur molle, grisätre et saignant facilement.

Enfin l’état général cachectique du malade doit mettre sur la voie du diagnostic.

(1) Kirmisson, loc. cit.

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