II. — Les troubles trophiques du pied
Il me reste à considérer maintenant les troubles trophiques du pied que I on peut observer dans les diverses affections nerveuses, et à indiquer leur valeur sémiologique. Comme dans le précédent chapitre j’ai déjà décrit l’atrophie musculaire, je passerai en revue seulement les lésions trophiques portant sur le squelette du pied ou sur ses téguments.
SÉMIOLOGIE DÉ FACIES.
Parmi les maladies <|iii déterminent souvent ce genre de lésions, il faut citer en première ligne le tabes. J'ai déjà fait remarquer précédemment, que fréquemment le tabes s’accompagne de névrites (pii amènent l'atrophie des petits muscles du pied et je n’ai pas à y revenir ; mais très souvent la maladie provoque aussi des troubles trophiques des os et des téguments : l’atrophie du squelette du pied présente tous les caractères des lésions osseuses d’origine tabétique : la plupart des os sont profondément touchés, le calcanéum, l’astragale sont poreux et fragiles, les os du tarse sont déformés, parfois soudés entre eux par des néoformations osseuses, parfois désagrégés, isolés, et à la dissection ou ne trouve plus qu’une bouillie osseuse. Ces lésions se traduisent par la série des symptômes habituels aux ostéo-arthropathies tabétiques; on y remarque le môme début brusque, le même gonflement considérable, la même indolence complète : le pied se déforme, se dévie plus ou moins, se raccourcit, la voûte plantaire s’affaisse, la mobilité des différents segments diminue. (Voy. Troubles trophiques osseux.)
Les troubles trophiques s’étendent en général aux tissus fibreux, aux capsules articulaires qui sont lâches, distendues, souvent perforées; aux ligaments très altérés dans leur structure et qui parfois disparaissent complètement, aux tendons, qui peuvent se rompre, et enfin à la peau. (Voy. Troubles trophiques cutanés.)
Je n’insisterai pas sur les atrophies osseuses (pii peuvent résulter d'une paralysie infantile; associées en général à de l’atrophie musculaire, elles ne sont pas toujours proportionnelles à cet te dernière. L'atrophie frappe plus ou moins profondément les divers os du pied, amenant des déformations très variables. Des lésions osseuses tout à fait analogues peuvent s’observer dans Y hémiplégie cérébrale infantile. (Voy. Troubles trophiques osseux.)
Enfin dans Y acromégalie, les pieds présentent des altérations en tous points semblables à celles qui ont été décrites à propos de la sémiologie de la main : ils sont énormes, et bien qu’ils aient conservé leur longueur habituelle, ils sont considérablement accrus en largeur et en épaisseur et deviennent de véritables « pattes ».