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DES RÉACTIONS MÉCANIQUES ET ÉLECTRIQUES DES. NERFS ET DES MUSCLES

l.e système nerveux périphérique et les muscles de la vie de relation peuvent être actionnés expérimentalement par des agents d'ordre mécanique, physique ou chimique. En clinique, on se borne à rechercher l'action exercée sur les nerfs et les muscles striés par des excitants mécaniques ou électriques. C*-t te élude présente au point de vue sémiologique une assez grande importance.

A. — Excitabilité mécanique des nerfs moteurs et des muscles.

I. Nerfs. — L’excitabilité propre des fibres nerveuses motrices peut être mise en jeu par des procédés mécaniques tels que le pincement ou la percussion. L’excitation est transmise dans une direction centrifuge et des contractions se produisent dans les muscles qui correspondent aux filets nerveux excités. Ce mode d’excitation peut être facilement employé dans les recherches physiologiques, mais chez l’homme il est d’une application plus difficile et forcément restreinte. Le nerf, en effet, ne pouvant être soumis à la percussion qu'à travers la peau, ne doit pas être trop profondément situé, et, d’autre part, il doit reposer sur une surface suffisamment résistante, un plan osseux, pour que le choc percuteur soit efficace. Un assez petit nombre de nerfs répondent à ces conditions; les plus facilement accessibles à l’exploration mécanique sont le nerf cubital, le nerf péronier, le nerf radial dans la gouttière de torsion et diverses branches du nerf facial. L’exploration mécanique des nerfs doit, d’ailleurs, être faite prudemment; elle n’est pas toujours sans danger et un choc trop violent ou trop répété, peut entraîner des troubles paralytiques plus ou moins accentués et parfois de la névrite dégénérative.

Aussi n’est-ce guère que Y augmentdlion de l’excitabilité mécanique des nerfs qu’on a l’occasion de rechercher et de constater cliniquement. Elle se rencontre surtout dans la tétanie, dans certaines formes d’hystérie, et dans certaines hémiplégies, parallèlement à l’excitabilité électrique. Dans la tétanie, elle a été principalement signalée par Trousseau, pour

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les nerfs des membres, par Ch vos tek pour le lier! facial; elle esl souvent très développée dans la branche supérieure de ce nerf (Weiss). Elle a été rencontrée dans la tuberculose et chez les gens affaiblis, mais a un degré moins accusé. Elle est moins prononcée dans la tétanie des enfants que dans celle de l’adulte. Dans V hystérie, elle se montre principalement dans les manifestations auxquelles on a donné le nom de diathèse de contracture; elle se voit aussi dans ce que 1 on appelait autrefois la phase léthargique du grand hypnotisme; mais chez lhysteiique, il s agit de phénomènes dus à la suggestion.

Dans certains cas, lorsqu’on procède à 1 exploration de 1 excitabilité mécanique des nerfs, on voit des contractions apparaître non seulement dans le domaine du nerf excité, mais encore dans le domaine de nerls voisins ou plus ou moins éloignés. Les contractions obtenues dans le domaine du nerf exploré ne sont pas toujours dues alors à l’excitation mécanique de ce nerf, mais elles peuvent dépendre d’une excitation réflexe: lorsqu’il en esl ainsi, on peut les obtenir encore, en faisant porter la percussion en dehors de ce nerf.

11. Muscles. — La percussion portée sur le corps même d’un muscle, surtout en se servant du marteau percuteur animé d’un mouvement assez rapide, provoque aussi des contractions de ce muscle. Du point percuté part dans les deux sens nne onde musculaire. Parfois il se produit au niveau du point percuté un gonflement saillant, nodal, du muscle. Souvent les contractions sont limitées aux faisceaux musculaires correspondant au point percuté, et sont dues à la mise en jeu de l’excitabilité propre des fibres musculaires ( excitabilité idio-musculaire ); parfois elles s’étendent à tout le muscle et sont alors produites, soit par voie réflexe, soit par l’excitation du rameau nerveux innervant le muscle.

L’excitabilité idio-musculaire est augmentée dans divers états fébriles, notamment dans la fièvre typhoïde, dans certaines formes ou a certaines périodes de la tuberculose et dans les cachexies.

Dans la tétanie, l’excitabilité mécanique des muscles est augmentée, comme l’excitabilité mécanique des nerfs, en général cependant à un moindre degré.

L’hvperexeilabilité mécanique des muscles se rencontre encore dans les névrites aiguës, subaiguës et même chroniques. Elle est d ailleurs une manifestation parfois transitoire de la réaction île dégénérescence et marche de pair avec Lhyperexcitabilité galvanique des muscles; ainsi dans la réaction de dégénérescence résultant d un traumatisme grave d un nerf, elle apparaît dans le cours de la deuxième semaine et se prolonge pendant deux ou trois semaines pour faire place ensuite à de 1 hypoexcitabi li té. Dans la polynévrite sensitivo-motrice (“I dans la forme motrice dont le type est la paralysie saturnine, elle persiste pendant des mois. Dans la sciatique radiculaire, totale ou dissociée, l’excitabilité idiomusculaire est constante et il en est de même dans les radicalités motrices ou mixtes.

L'augmentation de l’excitabilité mécanique des muscles se montre aussi dans les affections aiguës, subaiguës et chroniques de la moelle épinière, portant sur les cornes antérieures. Dans les formes aiguës — poliomyélites — c’est surtout dans la période initiale qu’on observe celle hyperexcitabilité musculaire. Dans la poliomyélite aiguë une fois le processus inflammatoire éteint, 1 hyperexitabilité va en diminuant et fait complètement défaut dans les cas anciens. Dans les formes subaiguës et chroniques, elle s’observe tant que l’atrophie musculaire n'est pas arrivée à un degré de développement excessif.

Dans tous ces cas, qu’il s’agisse de névrites ou d'affections des cornes antérieures de la moelle, l'b yperexcitabili té mécanique des muscles coïncide avec la diminution ou Yabolition des réflexes tendineux. Dans d’autres cas, dans les afléctions spinales atteignant à la fois les cellules des cornes antérieures et les cordons antéro-latéraux, la sclérose latérale amyotrophique par exemple, l’exagération de l’excitabilité idio-museulaire existe aussi, mais c 1 le coïncide avec 1 exagération des réflexes tendineux. Il en est de même dans les atrophies musculaires dites réflexes, atrophies musculaires par irritation nerveuse périphérique. dont le type est l'atrophie musculaire d'origine articulaire.

Dans les atrophies musculaires de cause myopathique — myopathie atrophique progressive — l’excitabilité idio-musculaireest toujours affaiblie ou abolie. C’est là une particularité de première importance poulie diagnostic avec les atrophies musculaires de cause myélopathique ou névritique, où cette excitabilité est toujours exagérée.

L’hyperexcitabilité idio-musculaire se rencontre aussi dans la maladie de Thomsen, avec des caractères particuliers sur lesquels j’aurai à revenir à propos de la réaction dite myotonique.

B. — Excitabilité électrique des nerfs moteurs et des muscles.

L’excitabilité électrique des nerfs et des muscles peut être appréciée bien plus exactement que l’état de leur excitabilité mécanique. L’agent excitant, en effet, le courant électrique, peut être dosé et mesuré plus facilement et plus rigoureusement que l’excitant mécanique.

Les courants électriques sont régis par des lois régulières, dont une des plus importantes à connaître est la loi d’Ohm : 1 intensité, I, d'un courant électrique, e^t directement proportionnelle à la force électromotrice, L, qui produit ce courant, et inversement proportionnelle à la résistance, II, qu’il rencontré; ce qu'on peut exprimer par la formule l =

Actuellement, ces divers éléments d'un courant électrique sont évalués à l’aide d’unités de mesure universellement adoptées depuis 1881. L’unité de force électro-motrice est le volt, correspondant à peu de chose près à la force électro-motrice d'une pile Daniell. L'unité de résistance

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