RÉACTIONS MÉCANIQUES ET ÉLECTRIQUES DES NERFS ET DES MUSCLES
est l 'olun, représenté par la résistance à 0 degré d'une colonne de mercure de 1 m. 06 de longueur et de I mm2 de section. I. 'unité d'intensité est Y ampère, c’est-à-dire l’intensité d’un courant produit par une force électro-motrice de 1 volt et traversant une résistance de 1 ohm. Poulies intensités électriques employées dans les applications médicales, l'ampère est une unité beaucoup trop élevée; on compte généralement par millièmes d’ampère ou milliampères, parfois même par dixièmes de milliampère. Par conséquent, les appareils destinés à mesurer les intensités des courants appliqués au corps humain, ou galvanomètres, doivent être divisés en milliampères; il convient même qu'ils permettent d’apprécier les dixièmes de milliampère. Dans la plupart des explorations électrodiagnostiques on ne dépasse guère 20 à 25 milliampères; il suffira donc, pour ces applications, que le galvanomètre puisse mesurer jusqu’à cette intensité.
Dans le principe, on se guidait sur la direction du courant, pour différencier les effets obtenus dans l’exploration de l’excitabilité des nerfs et des muscles. Le courant était dit ascendant, lorsque le pôle positif était placé du côté de la périphérie et h* pôle négatif du côté des centres nerveux; il était dit descendant dans les conditions inverses. Depuis, avec Chauveau et Brenner, la notion de direction du courant a été remplacée par la notion des effets produits au niveau des pôles. Cette interprétation, plus claire et plus précise, a été généralement adoptée et c’est la méthode polaire que l’on emploie communément dans l’exploration de l’excitabilité électrique des nerfs et des muscles.
Dans cette méthode, l’une des électrodes, dite indifférente ou neutre, est placée loin de l’organe à explorer. On la choisit de larges dimensions, de 50 à 100 cm2, par exemple, pour que les lignes de llux pénètrent sur une grande surface, que la densité du courant s'y trouve très diminuée cl que, par suite, scs effets chimiques et physiologiques sur les organes sous-jacents et sur les organes voisins soient très affaiblis. De cette façon, l’électrode indifférente peut rester appliquée longtemps à la même place, sans que l’on ait à redouter les ellets chimiques du courant sur la peau: mais il est nécessaire que le métal sur tous les points en contact avec le tégument cutané, soit recouvert d’une substance spongieuse bien imbibée d’eau simple, ou d’eau salée. On place de préférence l’électrode indifférente sur la partie médiane du corps, soit au-devant du sternum, soit entre les épaules, soit sur la région sacro-lombaire, de façon que l’exploration puisse être pratiquée symétriquement sur les deux côtés du corps.
L'autre électrode, électrode différente ou exploratrice, doit être au contraire de petites limensions, pour concentrer les lignes de llux sur l’organe à explorer et y obtenir le maximum de densité du courant. Stintzing recommande dans la généralité des cas une électrode de 5 enf de surface (2 cm. de diamètre environ) : Erb conseille plus habituellement une électrode de 10 cm2 (5 cm. 5 de diamètre). Comme les organes à explorer ne peuvent être abordés par le courant qu’à travers la peau.
au-dessous de laquelle ils son t plus ou moins profondément situés, une partie seulement des lignes de flux arrive à ces organes, l'autre partie se trouve dérivée dans la peau ou dans les tissus voisins. Les lignes de flux ainsi dérivées sont en d’autant plus grand nombre, que l'organe est plus profondément situé; par suite, il faut pour l’exciter dans ces conditions une intensité de courant plus forte; comme on le conçoit facilement d’après ce qui vient d'être dit, on n’en doit pas conclure, que l’excitatabilité même de l'organe est plus faible que celle d'un organe plus superficiel qui se trouve excité par un courant de moindre intensité.
D’ailleurs, dans l’exploration de l’excitabilité électrique des nerfs et des muscles, il convient de placer l’électrode différente sur des points déterminés que l’expérience a appris à connaître et que l’on appelle points d'élection. Ceux-ci ont été spécialement signalés par Duehenne de Boulogne, puis ils ont été plus particulièrement étudiés par Remak, v. Ziemssen, Erb, Onimus, Castex, etc. Pour les nerfs, ils correspondent, en général, aux points où ces organes sont plus superficiellement placés ou plus facilement accessibles: pour les muscles, ils correspondent aux points où les principaux rameaux nerveux intra-musculaires les pénètrent ou si; trouvent plus rapprochés de la peau.
L’exploration de l’excitabilité électrique des nerfs et des muscles est généralement pratiquée avec les courants faradiques et avec les courants galvaniques. Ces deux ordres de courants ont, en raison de la forme de leur onde, une certaine différence d’action, plus apparente encore dans diverses conditions pathologiques que dans les conditions normales. Les décharges statiques peuvent mettre enjeu aussi l’excitabilité des nerfs et des muscles Elles ont été utilisées pour explorer les modifications pathologiques de leur excitabilité, mais ces modifications sont encore assez peu définies.
Exploration des nerfs moteurs et des muscles par les courants faradiques. — Du commence habituellement l'examen de l’excitabilité électrique des nerfs et des muscles avec les courants faradiques. On agit ainsi, parce que l’exploration faradique est plus simple <pie l’exploration galvanique et qu’elle ne produit pas de modifications dans la résistance des tissus. Elle est pratiquée généralement avec des appareils volta-faradiques, dans lesquels des courants sont produits par induction au moment de la fermeture et au moment de l'ouverture du courant inducteur. Ces deux ordres, de courants induits sont de sens contraire, autrement dits alternatifs; ils ont des propriétés physiologiques différentes, le courant induit à l'ouverture du courant inducteur produisant une excitation plus forte des nerfs et des muscles; c’est le pôle négatif de ce courant qui est le plus excitant, c est lui par conséquent que l’on doit faire correspondre à l’électrode exploratrice.
Parmi le's divers genres d’appareils volta-faradiques, les appareils à chariot sont ceux auxquels il faut donner la préférence. Ils permettent de graduer les courants en rapprochant ou en éloignant l une de I autre
RÉACTIONS MÉCANIQUES ET ELECTRIQUES DES N ERES E T DES Ml SCLES. 703
les deux bobines, et de rapporter la valeur du courant excitant à l’écartement des bobines. Cette manière de faire est encore la plus pratique; les indications qu’elle fournit n’ont aucune valeur absolue et ne s'appliquent qu’à un appareil donné, mais jusqu’ici la mesure des courants faradiques n’a pu être faite d'une façon satisfaisante en les rapportant aux unités de mesure électrique. Il convient que le courant inducteur conserve une valeur constante, pour que des observations laites dans une même séance ou dans des séances différentes soient comparables.
Les excitations faradiques peuvent être produites par îles courants induits à intervalles espacés, ou par des courants induits à intervalles rapprochés. Les courants faradiques à intermittences rares ou peu fréquentes produisent des excitations isolées, et les contractions musculaires correspondantes restent séparées et distinctes les unes des autres. Lorsque les courants faradiques sont à intermittences fréquentes, les contractions musculaires se fusionnent en un tétanos élei trique incomplet ou complet, suivant la fréquence des intermittences. Pour un même écartement des bobines, les courants faradiques à intermittences fréquentes sont plus excitants que les courants faradiques à intermittences peu fréquentes ou rares.
Il y a augmentation de l'excitabilité faradique lorsque, les autres conditions restant les mêmes, l’écartement des bobines, suffisant pour produire la plus faible excitation du nerf ou du muscle considéré, doit être diminué pour produire une même excitation sur l’organe homonyme de l’autre côté du corps, ou chez une autre personne, ou bien encore, lorsqu’un même écartement des bobines produit une excitation plus forte du nerf ou du muscle du côté examiné que de l'autre côté. Il faut savoir cependant qu’on observe d une personne à l’autre, et même sur une même personne d’un côté à l’autre du corps, de légères différences, dans l’écartement des bobines nécessaire pour produire une excitation semblable (Stintzing). Aussi l’augmentation de l’excitabilité faradique, ou au contraire sa diminution, doivent-elles être bien caractérisées pour qu’on puisse y attacher de l'importance.
C’est surtout dans la tétanie, que se montre l’augmentation de l’excitabilité électrique (signe d’Erb) et elle est surtout manifeste lorsqu’on emploie le courant galvanique. On obtient en effet facilement le tétanos musculaire à la fermeture du pôle négatif en emplovanl un courant faible. Avec le courant faradique, l'augmentation de l’excitabilité est moins nette. On la rencontre aussi, mais généralement beaucoup moins prononcée, dans quelques cas de paralysies d'origine cérébrale de date récente. On la voit, quelquefois aussi, dans des affections de la moelle : myélites aiguës et subaiguës, myélites transverses a leur début; on l a signalée dans des cas de tabes récents. Entin on l’a constatée parfois au début d atrophies musculaires progressives, et aussi dans des paralysies par compression des nerfs ou dans des névrites récentes-, mais, le plus souvent, dans ces derniers cas, les réactions électriques ne sont pas seulement modifiées en quantité, elles le sont aussi en qualité.
SÉMIOLOGIE DÉ SYSTÈME XERVEUX.
La diminution de l’excitabilité faradique se reconnaît à la nécessité de rapprocher davantage les bobines, les autres conditions restant les mêmes, pour obtenir les premières manifestations d’excitation des organes explorés, ou pour obtenir des contractions aussi étendues que celles qui sont produites par l’excitation des muscles normaux. La diminution de I excitabilité faradique est observée bien plus souvent que l'augmentation, elle peut être très prononcée et aller jusqu’à l’abolition. Assez fréquemment elle reste simple, accompagnée en général de modifications quantitatives analogues de l’excitabilité galvanique; dans d’autres cas, elle est associée à des modifications qualitatives de l’excitabilité galvanique,' 'comme on l’observe par exemple dans la réaction de dégénérescence, et, souvent alors, les modifications quantitatives de l’excitabilité galvanique ne marchent plus de pair avec elle.
La diminution simple de l'excitabilité faradique se rencontre, mais à une période généralement avancée de l’affection, dans certains cas de paralysies d' origine cérébrale ou de paralysies d'origine spinale, autres que celles dues à des lésions des cellules des cornes antérieures. Fréquemment, en effet, les réactions électriques restent longtemps sensiblement normales dans ces divers genres de paralysies; elles sont quelquefois même augmentées au début, comme je l’ai déjà indiqué. Cette diminution peut s'observer de même dans le tabes.
Dans les paralysies dynamiques ou fonctionnelles , telles que les paralysies hystériques , fréquemment les réactions électriques restent sensiblement normales. Cependant elles sont parfois diminuées; c’est assez souvent le cas lorsqu'il s’y ajoute de l’atrophie musculaire, mais généralement, cette diminution de l’excitabilité électrique reste simple et purement quantitative.
Dans les atrophies musculaires, dues à des altérations des cornes antérieures de la moelle . la diminution de l’excitabilité électrique est habituelle et souvent très prononcée; mais dans un grand nombre de cas, elle est associée à des manifestations qualitatives de réaction de dégénérescence; dans quelques cas, cependant, à évolution lente et chronique, comme la poliomyélite chronique , la syrinyomyélie , et parfois même la sclérose latérale amyotrophique, la diminution de l'excitabilité électrique reste simple, sans autres modifications qualitatives. Cela s’explique par la lenteur du processus et par la conservation, pendant longtemps, dans les nerfs et les muscles, de fibres normales dont les réactions masquent les réactions des fibres dégénérées. Dans ces cas, cependant, il n’est pas rare de constater sur quelques-uns des muscles altérés des traces de réaction de dégénérescence. Au contraire, dans les atrophies musculaires de nature myopathique, la diminution simple de l'excitabilité électrique est la règle; elle est plus ou moins prononcée suivant le degré d’atrophie des muscles et aussi suivant son ancienneté. Elle est la règle encore dans les atrophies myopathiques avec pseudohypertrophie.
De même, dans les atrophies musculaires dites réflexes, la dimiuu-