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RÉACTIONS MÉCANIQUES E T ÉLECTRIQUES DES NERFS ET DES MUSCLES

lion de l’excitabilité électrique reste simple et elle persiste souvent longtemps.

Dans les paralysies par névrites périphériques, la diminution de l'excitabilité électrique s’observe habituellement, mais fréquemment elle est associée à des modifications qualitatives. Cependant elle peut rester simple et purement quantitative dans les formes légères de ces paralysies. Il en est de même dans certaines paralysies toxiques, la diminution simple de l’excitabilité électrique se rencontre par exemple dans des formes légères de paralysies arsenicales, de récrites alcooliques et de paralysies sulfo-carbonées, mais dans d’autres formes plus intenses et de même origine, elle est très souvent associée à des modifications qualitatives de réaction de dégénérescence. Dans d’autres paralysies toxiques, la paralysie saturnine par exemple, la diminution de l'excitabilité électrique est presque toujours accompagnée de modifications qualitatives.

Dans certaines paralysies par compression, la paralysie radiale par exemple — nerf radial comprimé au niveau de la gouttière de torsion, — la diminution de l’excitabilité électrique présente quelques particularités intéressantes. Au niveau du point comprimé et au-dessus de ce dernier, l’excitabilité électrique est en général abolie, tandis qu elle est conservée et normale au-dessous (Erb). En d’autres termes, si on excite le nerf radial dans l’aisselle ou dans le triangle sus-claviculaire avec un courant faradique ou galvanique aussi intense qu’on b; voudra, le triceps brachial se contracte seul et les muscles des régions postérieure el externe de l’avant-bras restent immobiles. Au-dessous de la compression, par contre, et cela pendant toute la durée de l'affection, l’excitation du nerf radial fait contracter ces derniers muscles comme à l étal normal. Cette particularité de l'état de l’excitabilité électrique, dans la paralysie radiale par compression, peut s'observer, quoique beaucoup plus rarement, dans la paralysie par compression du médian et du cubital.

L’explication de ces réactions si spéciales du nerf radial, dans les paralysies par compression, n'est pas encore donnée, et dans des expériences pratiquées autrefois sur les animaux avec mon regretté maître Vulpian 11886), nous n’avons jamais pu reproduire cette particularité. I/excitabilité du bout central est sans doute conservée elle aussi, mais la conductibilité du nerf se trouve suspendue au niveau du point comprimé, aussi bien pour l’inllux nerveux produit par l’excitation électrique que pour l’influx nerveux volontaire; par contre, la conductibilité trophique est conservée puisqu'il n’v a pas d’atrophie musculaire. L excitabilité du bout central cependant ne semble pas absolument intacte car, dans mes recherches avec Yulpian, nous avons constaté que l’excitabilité des filets sensitifs, dont les effets suivent une voie centripète, est aussi notablement diminuée (').

1. .l’ai rapporté avec mon interne Bernheim, un cas d’autopsie de paralysie radiale par compression. Dans ce cas, qui à ma connaissance est jusqu'ici le seul qui ait été suivi d'autopsie, le nerf radiai présentait les réactions électriques classiques que l’on observe dans la paralysie radiale par compression. Au niveau du point comprimé ce nerf était ecchymosé et légèrement aplati. L'examen histologique des branches périphériques ne

Dejerixe. — Sémiologie. 45

Exploration des nerfs et des muscles par les courants galvaniques- — L’exploration des nerfs et des muscles avec les courants galvaniques est plus complexe qu’avec les courants faradiques; en effet, il y a lieu d’examiner les réactions au moment de la fermeture du courant, pendant son passage et au moment de son ouverture, et, aces divers moments, le degré d’excitabilité n'esl pas le même avec le pôle négatif et avec le pôle positif.

lu Courants faibles. — Dans l’état normal, les premières manifestations d’excitabilité des nerfs apparaissent avec le pôle négatif et au moment de la fermeture du courant. Avec les courants faibles, on n’observe que celte réaction, que l’on désigne habituellement en abrégé par NFC (Négatif, Fermeture, Contraction). Au moment de l’ouverture avec le pôle négatif, comme à la fermeture et à l’ouverture avec le pôle positif, on n'obtient aucune contraction.

2° Courants moyens. — En augmentant l'intensité du courant, les contractions obtenues à la fermeture avec le pôle négatif augmentent d amplitude, et on voit apparaître aussi des contractions avec le pôle positif. Assez souvent ces contractions apparaissent d’abord au moment de la fermeture, DEC (Positif, Fermeture, Contraction). D’autres fois, cependant, les contractions obtenues au pôle positif apparaissent avec un courant de même intensité à la fermeture et à l’ouverture du courant. PFC = POC (Positif, Ouverture, Contraction) ; parfois même les contractions apparaissent en premier lieu à l'ouverture, POC>PFC, et il faut nu courant d’une intensité plus élevée pour voir apparaître PFC. Cette prédominance de POC sur PFC est fréquente sur certains nerfs, le nerf radial par exemple; elle est assez fréquente sur d’autres, tels que le nerf cubital, le nerf médian, le nerf péronier; rare au contraire et exceptionnelle sur le nerf facial, le nerf musculo-cutané, le nerf spinal, etc. Les contractions d’ouverture, d'ailleurs, sont en grande partie sous la dépendance du courant secondaire, résultant de la polarisation des électrodes et des tissus (Griitzner, Tigcrstedt, Rouxeau, Dubois (de Derne). I Inet) ; elles sont augmentées par les conditions qui favorisent cette polarisation, telles que le passage prolongé du courant et la répétition des excitations avec des courants dirigés dans le même sens; elles sont augmentées aussi par la disposition de certains appareils interrupteurs et inverseurs (la clef double par exemple) qui facilitent l’établissement du courant secondaire de polarisation.

Avec ces courants de moyenne intensité, les contractions au pôle négatif ne se produisent qu'à la fermeture du courant; aucune contraction n’apparaît à l’ouverture.

Courants forts. — Avec des courants de forte intensité, les contrac-

montrait qu’un état grenu de la myéline qui, en outre, se colorai! moins intensivement en noir par l'acide osmique que dans le nerf radial du côté sain. Les cylindraxes présentaient les caractères de l’état normal. Cet aspect grenu de la myéline ne s'observait que dans les rameaux du nerf comprimé et faisait totalement défaut dans ceux des nerfs médian et cubital (voy. .1. Dejeuine et II. Bernheim : Un éas de paralysie radiale par compression suivi d autopsie, Revue Neurologique, 18119, p. 785).

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