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SYNDROMES SE N SI TIFS

12e paire dorsale, toutes les paires lombaires et la lre paire sacrée. On pourra partant observer du eôlé de la lésion, une paralysie du membre inférieur avec anesthésie dans le domaine des racines correspondantes et des paralysies à type radiculaire dos muscles de la région antérieure de la cuisse el même de la jambe. Du côté opposé à la lésion il existera des troubles de la sensibilité souvent à type syringoinyélique, dans le domaine des premières paires sacrées. (Yoy. fîg. 458, 459 et 451 .)

Enfin dans le cas de traumatisme ou de compression siégeant encore

Fig. 458. Fig. 459.

Fig. 458 et 459. — Topographie des troubles sensitifs dans un cas de syndrome de Brown-Séquard, type lombo-sacré. Coup de couteau ayant pénétré entre les apophyses épineuses de la 11' et de la 12' vertèbres dorsales et ayant lésé la moitié gauche de la moelle au niveau du 1" segment sacré et sectionné en même temps les racines antérieures et postérieures Dxii, Li, lui, I.m, Ltv, Lv et Si. Lésion datant de trois ans.

La lésion radiculaire a produit : à gauche, l'une atrophie musculaire avec RD complète dans les muscles innervés par les nerfs crural et obturateur — psoas iliaque, quadriceps fémoral, adducteurs — et une DR incomplète dans le jambier antérieur sans atrophie et sans paralysie nette; 2" une anesthésie portant sur tous les modes de la sensibilité superficielle dans le domaine de Li, Lu, Lin, l.iv. Lv, Si et une légère diminution du sens des attitudes dans les orteils; 5° une abolition du réflexe patellaire et du réflexe crémastérien ; 4° des phénomènes d’ordre irritatif : douleurs à type fulgurant et contractions fasciculaires des muscles, localisées principalement dans le quadriceps.

La lésion médullaire, caractérisée au début par une paralysie flasque et complète du membre inférieur gauche et par des troubles vésicaux, a laissé comme résidu après trois ans : à gauche, une exagération du réflexe achilléen, un clonus du pied et un signe des orteils; à droite — coté opposé à la lésion médullaire — de l’hypoesthésie pour les sensations thermiques à la face postérieure du membre inférieur dans le domaine 'de Si et Su. Dans ce membre inférieur droit, les réflexes tendineux ne sont pas exagérés, le réflexe cutané plantaire est normal. (Salpêtrière, 1912.) Vov.K. Long et J. Jumentié : Syndrome de Brown-Séquard à type inférieur. Revue neurologique , 1912, t. 1, p. 422.

plus bas, au niveau de la lre vertèbre lombaire — et intéressant le cône terminal — on notera du côté de la lésion l’existence de troubles sensitifs el moteurs dans le domaine de toutes les racines lombaires et sacrées et, du côté opposé, des troubles sensitifs dans celui des dernières paires

SÉMIOLOGIE 1)1 SYSTÈME NERVEUX.

sacrées — cône terminal. Souvent même ce dernier pourra être indemne et la symptomatologie être réduite à celle d'une lésion unilatérale de la queue de cheval.

En terminant, je ferai remarquer que, suivant les cas, le tableau

Fig. 460, 461 et 462. — Topographie des troubles de la sensibilité dans un cas de paraplégie des quatre membres à type radiculaire — Cvu, ('.vin et lli — pour les membres supérieurs, datant de huit mois chez un acrobate de dix-sept ans et consécutive à une luxation de la colonne cervicale, ayant détruit dans toute sa hauteur le 7* segment cervical et comprimé des deux côtés les racines antérieures et postérieures Cvm et Di. Malade de la fig. 78. Diagnostic confirmé par l’autopsie et l’examen histologique. Paraplégie Masque et absolue, sans atrophie, des muscles du tronc, de I abdomen, des membres inférieurs et de ceux innervés par Cv et Cvi. Atrophie légère dans le domaine de ceux innervés par Cvu, très accusée dans ceux dépendant de Cvm et Di. Abolition des réflexes tendineux des membres inférieurs et des radiaux des deux côtés ainsi que de l’olécranien gauche. A droite, inversion de ce réilexe. Incontinence d’urine et des matières.

Sensibilité. Dans toutes les régions foncées et jusqu'à la hauteur de ('.vin et Di les sensibilités superficielles — tact, douleur, température — ont complètement disparu, ainsi que la sensibilité douloureuse à la pression et le sens des attitudes. Abolition des sensibilités viscérales. Il en est de même pour la sensibilité au diapason (fig. 462) dont les vibrations sont cependant un peu perçues au sternum et au niveau des vertèbres sus-jacentes à la 2" vertèbre lombaire. 11 est probable qu'il s’agit de transmission par le thorax faisant caisse de résonance, aucune sensibilité ne pouvant, en effet, passer, la moelle étant complètement sectionnée. Dans les régions teintées en clair, face externe de l’épaule, du bras et de l’avant-bras — Cv, Cvi, Cvu — il existe une dissociation à type syringomyélique. Anidrose dans toutes les parties anesthésiées. Les réflexes cutanés — crémastérien et abdominal — sont conservés des deux côtés. Le réflexe cutané plantaire est normal à droite et à gauche. Dans toutes les régions anesthésiées, le pincement de la peau produit de très vifs rétlexes de défense. A noter ce fait que : 1" malgré l'anesthésie absolue, le réflexe cutané plantaire a lieu comme à l'état physiologique et que: 2" malgré une dégénérescence complète et totale du faisceau pyramidal des deux côtés, ce réflexe n’est pas inverti. L’absence du signe des orteils dans ce cas d’interruption complète de la moelle épinière prouve que le réflexe de Babinski n’est pas un réflexe d’origine médullaire et qu’il n’est pas conditionné uniquement par la dégénérescence du faisceau pyramidal. Enfin, la persistance du réflexe cutané plantaire normal, malgré l’anesthésie absolue, superficielle et profonde qui existait chez ce malade, prouve que ce réflexe cutané plantaire peut être assimilé aux mouvements de défense, qui, ici, étaient particulièrement intenses. (Voy. Sémiologie des réflexes.)

Pour les détails du cas actuel : Voy. .1. Dejerine et .1. Lf.vy-Valensi : Paraplégie cervicale d’origine traumatique, etc., Herue neurologique, 1911, t. II. p. 141. Pour l’autopsie voy. .1. Dejerine et E. Long : Examen d'un cas de section complète de la moelle épinière, etc. Revue neurologique, 1 Ô 1 2 , t. II, p. 769.

SYNDROMES SE NSI Tl FS.

clinique peut être variable, car les racines antérieures et postérieures ne sont pas forcément et toujours altérées ensemble ni au même degré : la lésion pouvant être plus ou moins antéro ou postéro-latérale.

En dehors des cas de traumatisme, de foyer myélitique unilatéral on de compression médullaire, le syndrome de Brown-Séquard peut s’observer dans la syringornyélie unilatérale (lig. 559 et -”>60) ; il est fréquent dans l’ hématomyélie spontanée ou traumatique (fig. 275 et 452).

Fig. 465 et 464. — Topographie des troubles de la sensibilité dans un cas d’infiltration gliomateuse de la région cervicale de la moelle épinière avec symptômes de pachyméningite. Paralysie des quatre membres et du tronc datant de six mois, chez une femme de vingt-neuf ans. Aux membres supérieurs, les troubles moteurs accompagnés d’atrophie musculaire sont limités aux muscles innervés par Cviu et l)i, les troubles sensitifs qui portent sur tous les modes de sensibilité superficielle et profonde avec astéréognosie à topographie radiculaire sont limités au domaine de Cvui, Di , Du, région qui correspond au point où la moelle épinière et les racines sont comprimées. Au-dessous de Du. il existe une dissociation à type syringomvélique — conservation de la sensibilité tactile avec altération très intense des sensibilités douloureuse et thermique — sauf dans le territoire de Si et Su où la sensibilité superficielle est intacte. Aux membres inférieurs le sens des attitudes segmentaires n’existe plus et la sensibilité osseuse est presque abolie (Salpêtrière, 1908). Un an après, la dissociation syringomyélique avait disparu et tous les modes de sensibilité étaient altérés à partir de Du, y compris les zones respectées dans le territoire de Si et Su. Diagnostic confirmé par l’autopsie ' 1915) qui montra l’existence d’une gliomatose avec pachyméningite légère.

Topographie paraplégique. — La disposition paraplégique des troubles de la sensibilité s’observe, comme celle des troubles moteurs, à la suite de lésions localisées intéressant plus ou moins complètement toute la largeur de la moelle épinière — section, écrasement de la moelle par luxations ou fractures de la colonne vertébrale, myélite transverse, compressions médullaires par exsudats méningés, tumeurs, mal de I'oll.

Selon l’intensité de la lésion transverse médullaire, les troubles sen-

Dejerixe. — Sémiologie.

sitifs, de même <|iie la paraplégie qui les accompagne, peuvent présenter des degrés d’intensité très variables; ou bien les troubles de la sensibilité font complètement défaut, le fait est assez commun dans la paraplégie spasmodique d’origine syphilitique, ou bien ils sont peu accusés, — anesthésie incomplète, — ou bien enfin ils sont portés au maximum, — anesthésie totale.

L’anesthésie porte tantôt sur tous les modes de la sensibilité superfi-

Fig. 466.

Fig. 465, 466, 467. — Topographie des troubles sensitifs dans un cas de mal de l’ott cervical observé chez une femme de vingt-huit ans. Ici, l’anesthésié porte sur le domaine de Cvu à Cn et s’étend su r le domaine du trijumeau, en particulier des branches ophtalmique et maxillaire inférieur, par compression de la racine spinale descendante de la Ve paire. 11 existait, en outre, chez cette malade, du côté de l’anesthésie, un peu de faiblesse du membre supérieur et une monoplégie crurale. (Voy. .1. lier cm n r et P. Camus : Un cas de mal de Pbtt cervical avec troubles très étendus de la sensibilité par méningite concomitante. Revue neurologique , 1906. p. 660.)

cielle et profonde, tantôt elle se présente sous forme de dissociation syringomyélique. Ce mode de dissociation peut exister en dehors de I ’hématomyélie et de la gliomatose médullaire. 11 est, en elfet, assez fréquemment observé au début des paraplégies par compression, mais il est rarement persistant et tôt ou tard apparaissent les troubles de la sensibilité tactile (fig. 470 et 471).

11 n’existe pas, du reste, de parallélisme entre l’intensité des troubles moteurs et celle des troubles sensitifs; mais si l’on observe assez souvent une paraplégie très prononcée sans troubles nets de la sensibilité, l'inverse se rencontre rarement, et une altération très intense de la sensibilité s’accompagne habituellement de troubles paralytiques très marqués. Je parle ici, bien entendu, de paraplégie de cause organique, les hysté-

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