S' ) 'ND ROME S SENS! TIFS
ne perçoivent, dans les brûlures même intenses, qu’une sensation de contact. L’analgésie marche d’ordinaire de pair avec la thermo-anesthésie, et présente en général la même topographie que cette dernière. Au début la syringomyélic, la sensibilité thermique peut, d’après Roth, être abolie de longues années avant l’apparition de l’analgésie.
À côté de ces modifications importantes, la sensibilité au contact peut être émoussée; mais elle est 1res souvent parfaite; le malade sent le contact d’un cheveu sur la peau.
La dissociation peut dans quelques cas atteindre le sens thermique lui-
Fig. i76 et -177. — Topographie des troubles de la sensibilité dans un cas de paralysie radiculaire du plexus brachial d’origine traumatique compliqué d’hématomyélie. Dans ce cas, ayant trait à une paralysie radiculaire dans le domaine de Cv, Cvi, Cvn, les troubles de la sensibilité dépassent le domaine des racines traumatisées et présentant sur le tronc et la face interne du bras la dissociation syringomyélique, indiquant la présence d’une hématomyélie. Voy. J. Dejerine et M. Egrer : Deux eus de paralysie radiculaire du plexus brachial compliqués d’hématomyélite, llvvue neurologique , 1902, p. 537.
même. Ainsi que je l’ai montré avec Tuilant, on peut rencontrer dans la syringomyélie la conservation de la sensibilité au froid avec abolition de la sensibilité à la chaleur. ■
La dissociation syringomyélique n’a pas toujours dans les autres lésions de la moelle des caractères aussi tranchés. Elle peut êtreassociée à des troubles de la sensibilité tactile. C’est assez souvent le cas au début, dans Y hématomyélie, et ce n’est que plus tard et peu à peu qu’apparait le mode de dissociation syringomyélique, qui est alors aussi net que dans la syringomyélie elle-même. Le sens des attitudes peut aussi être altéré dans certains cas d’hématomyélie (fig. 182 el 48ô).
Les tumeurs, les compressions de la moelle, se traduisent souvent par des troubles portant surtout, parfois même exclusivement, sur les sensibilités douloureuses et thermiques. Cette dissociation syringomyélique est assez fréquemment observée au début des paraplégies par compression,— mal de Poil, pachyméningite — surtout lorsque la paraplégie se développe rapidement (fig. 463 et 464). Elle peut être passagère ou plus ou moins durable.
Dans quelques cas même de fracture de la colonne vertébrale avec
Fig. 478 et 479. — Topographie des troubles de la sensibilité dans un cas de syringorayélie unilatérale, datant de quinze ans chez un homme de cinquante-neuf ans. Dans toute la région teintée, la sensibilité tactile est intacte, la sensibilité douloureuse et la sensibilité thermique sont abolies. Il en est de même sur la face interne de la joue droite et la moitié correspondante de la langue. Intégrité des sensibilités profondes. Les réflexes radiaux et olécraniens sont abolis des deux côtés. Le membre supérieur droit est très atrophié dans le domaine de Cv et Cvi — deltoïde, biceps, brachial antérieur, long supinateur. Enophtalmie et léger myosis du même côté. Le membre supérieur gauche et les membres inférieurs sont intacts. Exagération des réflexes patellaires et achilléens. Pas de signe des orteils (Malade de la pratique privée, 1910).
écrasement complet de la moelle, on peut observer parfois au-dessus de la zone d’anesthésie totale une large bande de dissociation syringomyélique, en rapport avec une destruction de la substance grise au-dessus de la lésion principale. Dans un cas que j'ai observé de paraplégie flasque par écrasement de la moelle lombaire, outre une anesthésie totale et absolue des membres inférieurs, il existait, consécutivement à une bématomyélie unilatérale, une anesthésie dissociée du type syringomyélique et à topographie radiculaire, de la moitié droite du tronc et de la face intérieure du membre supérieur (fig. 480 et 481).
SYNDROMES SENSITIFS.
g. iS() et 481. — Dissociation syringomyélique à topographie radiculaire — moitié droite du tronc et face interne du membre supérieur— dans un cas d’hématomyélie traumatique. Homme de cinquantequatre ans, frappé de paraplégie des membres inférieurs il l'àge de vingt-sept ans — fracture de la colonne vertébrale, — à la suite d’une chute. Paraplégie absolue, llasque, avec abolition des réflexes tendineux et incontinence d’urine. Abolition de tous les modes de sensibilité superficielle^ et profonde dans toutes les régions teintées en cloisonné. Au-dessus de cette ligne, réapparition proo-ressive de la sensibilité tactile qui redevient normale à i ou 5 centimètres au-dessus de l’ombilic et persiste intacte dans le tronc, les bras, le cou, la face. Analgésie et thermoanesthésie dans les régions teintées par des lignes horizontales, se limitant peu fi peu à la moitié droite antérieure et postérieure du thorax, jusqu’un peu au-dessous de la clavicule en avant et de l’omoplate en arrière. Sur la face interne du membre supérieur, anesthésie' et thermoanesthésie sous forme de bande longitudinale siégeant dans le domaine de Di, Du et Cvm. A l'autopsie, destruction complète de la moelle épinière par les fragments osseux, au niveau des 1", 2' et 5* p. lombaires. Au-dessus, cavité syringomyélique par hématomyélie qui, à partir de la 10” p. dorsale, se limite à la base de la corne postérieure droite, qu’elle détruit complètement jusqu’au niveau de la 1" dorsale. Au niveau de la S’ et de la 7” p. cervjcales, la corne postérieure n'est pas détruite, mais séparée par la lésion d avec la corne antérieure. Au-dessus de la 7” cervicale la lésion n existe plus. Intégrité des racines ]>o> t< rieures. Dans le cas actuel, la dissociation syringomyélique est A topographie exclusivement radiculaire et occupe sur le thorax les territoires innervés par les racines postérieures dorsales — de la S” a la 2” inclusivement — et, sur le membre supérieur, les territoires innervés par la 1" dorsale, la 8° cervicale et une partie de la T. (Bicêtre, 1803.) Cette observation suivie d'autopsie démontre que dans la substance grise des cornes postérieures de la moelle épinière la terminaison des fibres radiculaires courtes, conductrices des sensibilités douloureuse et thermique, se fait par étages superposes, et que chacun de ces étages correspond au territoire cutané de la racine correspondante. (Voy. .1. De.ierine, Sur T existence (le I roubles de In sensibilité à topographie radiculaire dans un cas de lésion circonscrite de la corne postérieure. Soc. de neurol. de Paris, séance du 15 juin 1899, et Journal de Physiologie et de pathologie générale, 1905, p. 657.)
Dans la myélomalacie, par artérite syphilitique, la dissociation syringomyélique est rare.
Syndrome de Brown-Séquard. - Dans I hémiplégie ou l’hémiparaplégie spinale avec syndrome de Brown-Séquard, réalisé par lésion unilatérale de la moelle, les troubles sensitifs peuvent être de deux ordres.
Au niveau delà lésion on constate l’existence d’une bande radiculaire d’anesthésie qui peut être à mode syringomyélique, mais qui plus
Kig. 482 et 485. — Topographie des troubles de la sensibilité — dissociation syringomyélique — dans un cas d’hêmatomyélie spontanée datant de quatre ans, chez une demoiselle de vingt-sept ans. très atrophiée des membres inférieurs (voy. lig. 162 et 163). Ici, la dissociation syringomyélique est presque pure, le tact étant à peine touché. Les troubles de la sensibilité douloureuse et thermique siègent dans le même domaine que les troubles moteurs — Lv, Si, S0. La sensibilité à la pression est diminuée à gauche dans le domaine de Lv, Si. Su. Le sens des attitudes est aboli dans les articulations du pied gauche et il est seulement diminué dans les mêmes jointures à droite. La sensibilité osseuse est normale. (Salpêtrière, 1911.)
souvent frappe aussi les autres modes de sensibilité, ('.elle bande d’anesthésie se trouve du même côté que la lésion (lig. 415 et 41(i).
Dans le syndrome de Brown-Séquard, l’anesthésie croisée prédomine souvent dans le domaine des sensibilités douloureuse et thermique (Oppenheim, Lamy, Erissaud, Dejeriue et Thomas) et, même dans le cas où il existe de la dissociation syringomyélique, si la sensibilité tactile parait intacte, par contre les cercles de Weber sont très agrandis (lig. 456 et 457). Du reste, ainsi que je l’ai déjà indiqué dans le syndrome de Brown- Séquard, la sensibilité tactile est habituellement altérée en même temps que les sensibilités douloureuse et thermique. Enfin lorsqu'il existe, et la chose est presque constante, des troubles îles sensibilités profondes,
SYNDROMES SENSITIFS.
— sensibilité à la pression, musculaire et osseuse, — c’est toujours du même côté que la lésion; ces troubles ne sont pas croisés. C’est encore là si l’on veut un mode particulier de dissociation sensitive médullaire. (Voy. Syndrome de Bvown-Sêquard, p. 887.)
Les lésions du bulbe et de la protubérance, hémorragie, tumeurs ou ramollissement atteignant l’appareil sensitif, se traduisent souvent, mais non toujours, par le même syndrome de dissociation syringomyélique.
Cette dissociation syringomyélique apparaît donc comme le mode le plus fréquent des dissociations de la sensibilité de cause médullaire ou bulbo-protubérantielle : c’est le syndrome central par excellence, neltement opposable aux syndromes périphériques.
Elle peut cependant se rencontrer aussi dans la maladie de Morvan et dans la forme névritique de la lèpre-, mais le fait esl très rare, et dans ces deux dernières affections les troubles sensitifs n’affectent pas le type absolument pur de la dissociation syringomyélique. Dans la lèpre, la sensibilité tactile est toujours plus ou moins altérée.
L’interprétation de cette dissociation syringomyélique, si fréquente dans les lésions médullaires, repose, ainsi qu’on l’a vu plus haut, sur l’existence dans le névraxe de conducteurs spéciaux pour les différents modes de la sensibilité superficielle et profonde. (Voy. Origine, trajet et terminaisons de la voie sensitive, p. 793.)
Il est enfin des cas, et en particulier lorsqu'il s’agit de compression médullaire, où toutes les sensibilités ont disparu, sauf la sensibilité osseuse (fig. 503 et 564).