‹ Sémiologie des affections du système nerveuxChapitre 144 sur 222 · S ) '.Y DROME S SE NSI TI · texte numérisé non relu

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l’anesthésie, qui se traduit sous forme de bandes reproduisant plus ou moins exactement la distribution radiculaire spinale. En présence de ces faits, on est amené à se demander s’il n’existe pas dans les centres corticaux sensitifs, une systématisation radiculaire, comparable à celle qui existe pour les centres moteurs corticaux.

Ilorsley et Russell (190(1) en oui rapporté des exemples très nets; on peut citer également les cas de Madden, de Klien (1904), de Bonholïer, de Fischer (1905), de Sandherg (1900), de Mills et Weisenburg (1900),

Fis- 491 et 492. — Topographie îles troubles de la sensibilité dans un cas d’épilepsie jacksonienne du côté droit, observé chez une femme de vingt-neuf ans et datant de l'âge de dix-neuf ans. La crise débute par le côté droit de la face, puis gagne le bras et la jambe du même côté.

Il existe sur tout le côté droit du corps une hémianesthésie diminuant en allant de la périphérie vers la racine des membres. Au membre supérieur, les troubles de la sensibilité sont beaucoup plus accusés sur la face externe — teinte foncée — dans le domaine de Cv, Cvi, Cvn que sur la face interne — teinte claire — correspondant à la région cutanée innervée par Cvm, Iii et Du. Intégrité des sens spéciaux (Salpêtrière, 1909).

de Straussler (1908), de Ilorsley ( 1909 , de Goldstein (1909), de Muskens (1912). 11 s’agit toujours de malades qui présentent, avec une hypoestliésie du membre supérieur par lésion corticale, une bande d’anesthésie nettement plus marquée, siégeant sur le côté radial (Cv et Cm) ou sur le coté cubital du bras (CvmetDi). Rénédict (1907) a rapporté un exemple où des troubles semblables s’observaient au membre inférieur. Calligaris (1910) a publié un cas d’hypoesthésie gauche avec bandes anesthésiques externes au membre supérieur et au membre inférieur.

J’ai moi-même observé deux cas qui semblent rentrer dans ce cadre. Dans un cas de tumeur cérébrale sous-corticale, mais affleurant l’écorce

dans la zone rolandique, on avait constaté pendant la vie, avec des crises jacksonicnnes du membre supérieur droit et une légère hémiplégie droite, une anesthésie limitée au membre supérieur et beaucoup plus accusée sur le bord interne que sur le bord externe. Dans un autre cas d’épilepsie jacksonienne également à type brachial, j'ai constaté, en l’absence de tout symptôme moteur important dans l’intervalle des crises, une hémianesthésie prédominant sur la face externe du membre supérieur (tig. 49 1 et 492).

Il est certain qu’il faut, dans les cas de tumeur, faire une réservesurla possibilité de troubles sensilifs à topographie radiculaire dus à une hypertension rachidienne, comprimant certaines racines dans leur gaine méningée radiculaire. Dans beaucoup des cas rapportés jusqu’ici, y compris les deux qui me sont personnels, il s’agit en effet de tumeurs, dans d’autres de compressions par fractures et enfoncement du crâne; mais je me hâte de faire remarquer que cette hypothèse n’explique pas l’unilatéralité des troubles sensitifs.

Je liens jfoutefois à faire remarquer que beaucoup de ces observations manquent d'une vérification anatomique. Ce sont, en outre, des faits rares dont, pour ma part, je n’ai encore observé que deux exemples sur un grand nombre de cas d’hémianesthésie d’origine cérébrale que j’ai étudiés. Dans l’immense majorité des cas, cette hémianesthésie affecte les caractères que j’ai décrils plus haut et ne présente pas trace de topographie radiculaire. C’est donc une question encore à l’étude el pour le moment on peut dire que : s’il est possible qu’il existe au niveau de l’écorce cérébrale une répartition des zones sensitives correspondant à peu près à la distribution radiculaire spinale, le fait n'a [ias encore été démontré par la méthode anatomo-clinique.

B) Hémianesthésie sous-corticale ou supra-capsulaire. — L’hémianesthésie sous-corticale, comme l’hémianesthésie corticale, est le plus souvent associée à des troubles moteurs; elle peut être plus marquée sur un des membres; l’hémiplégie «pii l’accompagne est le plus souvent totale, en raison de la convergence des fibres de la couronne rayonnante el de leur réunion en faisceaux compacts. Elle est ordinairement déterminée par des lésions supra-capsulaires très étendues, sectionnant dans le pied de la couronne rayonnante, au-dessus de la couche optique, les fibres thalamo-eorlicales mélangées aux libres pyramidales.

C) Hémianesthésie centrale. — Dans cette forme, je n'ai pas retrouvé le type de dissociation qui se rencontre dans l’hémianesthésie par lésion corticale. Ici, tous les modes de la sensibilité sont plus ou moins altérés.

En 1859, L. Türck montra que les lésions siégeant dans la partie postérieure du segment postérieur de la capsule interne, si' traduisaient par une hémiplégie accompagnée d’une diminution de la sensibilité générale et spéciale dans la moitié opposée du corps. Charcot (1872-1880) adopta et développa les idées de L. Türck el admit (pie, dans le segment postérieur de la capsule interne, passaient les libres des sensibilités générale el spéciale. Lorsque cette partie était détruite par une lésion, la

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symptomatologie .était la suivante : hémiplégie plus ou moins accusée avec hémianesthésie dite sensitivo-sensorielle, c’est-à-dire portant sur les divers modes de la sensibilité générale (tact, douleur, température, sens musculaire, etc.) et sur les sensibilités spéciales (ouïe, goût, odorat, vision), les troubles de la vision étant caractérisés par un rétrécissement du champ visuel avec amblyopie du côté anesthésié. En d’autres termes, les troubles de la sensibilité dans l'hémiplégie capsulaire étaient les mêmes que ceux que l’on observe dans l'hémianesthésie sensitivo-sensorielle des hystériques. Charcot désigna cette partie postérieure du segment postérieur de la capsule interne sous le nom de carrefour sensitif. Les idées de Charcot sur l’hémianesthésie organique lurent h* point de départ des travaux de Veyssière (1874). Lépine, Rendu (1875), Ravmond (1876), Ballet (1881).

A celte époque on admettait, conformément aux idées deL. Türckel de Meynert, que le faisceau externe du pied du pédoncule cérébral était doué de fonctions sensitives, — d’où le nom de faisceau sensitif sous lequel il fut longtemps connu, — et que, après avoir passé par la partie postérieure du segment postérieur de la capsule interne, il venait se terminer dans le lobe occipital. Or, on sait aujourd'hui que ce faisceau externe du pied du pédoncule est un faisceau descendant et non ascendant, qu i I s’épuise dans la partie supérieure et externe de la protubérance, qu’il tire son origine de la partie moyenne du lobe temporal (Dejerine) et qu’il ne joue aucun rôle dans la transmission de la sensibilité.

Les recherches modernes ont passablement modifié l’état de nos connaissances sur ( hémianesthésie dite capsulaire, tant au point de vue clinique qu’au point de vue anatomo-pathologique. Si, depuis les travaux de L. Tiïrck et de Charcot, tout le monde est d’accord pour reconnaître qu’une lésion de la partie postérieure du segment postérieur de la capsule interne se traduit par une hémiplégie compliquée d’hémianesthésie, il n’en est [dus de même lorsqu’on étudie les caractères de cette hémianesthésie et les conditions anatomiques dans lesquelles elle se réalise, c’est-à-dire sa localisation. Tout d’abord, il faut bien le reconnaître aujourd’hui, les plus belles observations d’hémiauesthesie sensitivosensorielle, publiées autrefois à l’appui de l’existence du carrefour sensitif, sont relatives à des hystériques. Il faut, en outre, songer dans les cas d’hémianesthésie organique à la possibilité, — parfaitement connue à l’heure actuelle, — d’une association hystéro-organique.

J’ai montre avec mon élève Long (1899) que le carrefour sensitif tel que le concevaient L. Tiïrck (1859) cl Charcot (1872-1881) n’e,xiste pas. Une lésion de la partie postérieure du segment postérieur de la capsule interne ne produit en effet ni rétrécissement du champ visuel, ni amblyopie du côté opposé.

Si la lésion siège dans la région thalamique inférieure de l'hémisphère, si elle détruit le segment rétro- lenticulaire de la capsule interne, et sectionne en même temps le faisceau visuel à ce niveau, elle détermine

la production d’une hémianopsie homonyme latérale; les faits de ce genre sont maintenant assez nombreux et en 1898 j’en ai relaté plusieurs exemples avec mon élève Long. Mais toute lésion sit née plus haut que cette région thalamique inférieure ne peul atteindre le faisceau visuel, et ne détermine aucun trouble de la vision.

Il en esl de même pour les autres centres spéciaux, — audition, odorat et goût, — qui ont, eux aussi, une représentation corticale bilatérale. Les neurones auditifs venus de la première circonvolution temporale passent par la partie postérieure du segment sous-lenticulaire de la capsule interne, pour se rendre dans le corps genouillé interne cl dans le tubercule quadrijumeau postérieur. Ces libres peuvent donc être détruites dans une lésion de ce segment sous-lenticulaire, mais cette lésion ne déterminera pas de trouble unilatéral persistant de l'audition. Ce dernier symptôme, par contre, pourra durer indéliniment, dans les cas de lésion des noyaux acoustiques protubéranliels et s’accompagner d’anesthésie de la moitié opposée du corps si la partie latérale de la formation réticulée et le ruban de Keil participent à la lésion.

Les mômes réflexions s’appliquent à l’olfaction et à la gustation- Les fibres olfactives venues de la corne d’Ammon et du fascia dentata arrivent par le pilier postérieur du trigone pour se rendre au tubercule marn-illaire et ne passent pas par la capsule interne; pour qu’il se produise une anosmie unilatérale, — anosmie, du reste, passagère par suit»; de la bilatéralité du centre olfactif, — il faut donc que le pilier postérieur du trigone soit intéressé par la lésion. II en est de môme pour la gustation, dont les fibres, — d’après ce que nous savons sur l’origine corticale de ce sens, — passent probablement par la meme voie.

Dans Y hémianesthésie par lésion corticale les troubles sensoriels manquent toujours car les zones corticales des centres spéciaux, — ouïe, goût, odorat, — sont trop éloignées de la région rolandiquepour participer aux lésions de cette dernière.

En outre, une lésion unilatérale de ces centres sensoriels corticaux ne détermine pas de troubles appréciables et surtout durables — sauf pour la vision. L’audition, le goût, l’odorat, en effet, ont des centres corticaux bilatéraux communiquant entre eux, et se suppléant l’un I autre. On peut cependant observer tout au début d’une hémianesthésie cérébrale des troubles de l’audition, du goût et de l’olfaction bien caractérisés. Je l'ai constaté dans quelques rares cas, mais ce sont des troubles passagers, qui disparaissent rapidement, dès que se manifeste la suppléance par le centre du côté opposé.

Pour la vision, par contre, une lésion corticale s’étendant jusqu’au pli courbe, et sectionnant la couche sagittale dans la profondeur pourra produire une hémianopsie homonyme latérale, siégeant du même côté • pie l'hémianesthésie. Ce phénomène sera bien plus constant encore, si, outre la lésion de la zone rolandique, il en existe une seconde au niveau de la scissure calcarine; ce sont là des éventualités possibles, mais

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