S Y N DROME* SE K SI TIFS
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fort rares. Dans l’un et l’autre cas l'hémianopsie sera le plus souvent permanente.
Quant à l’existence d’un rétrécissement du champ visuel du côté correspondant à l’hémianesthésie, c’est là une particularité qui l'ail toujours défaut dans l’hémianesthésie organique et qui, lorsqu’elle s’y observe, dépend de troubles fonctionnels surajoutés de nature hystérique.
Si, et de par les raisons que je viens d’exposer, la participation des sens spéciaux dans l’hémianesthésie capsulaire n’existe pas avec les caractères qu’on lui attribuait autrefois, il n’en esl pas de même poulies troubles de la sensibilité générale que l’on observe dans ces conditions. En d’autres termes, l’hémianesthésie de la sensibilité générale relevant d’une lésion capsulaire n’est contestée par personne; mais, si l’existence de celte hémianesthésie d’origine capsulaire est généralement admise, on discute encore sur sa localisation exacte. En examinant les observations d’hémianesthésie capsulaire avec autopsie publiées jusqu ici, on voit que presque toujours la couche optique esl comprise dans la lésion et que dans les très rares cas où l’altération de ce ganglion n'est pas indiquée, on ne peut affirmer son intégrité, car il s’agit de localisations étudiées à l’œil nu.
Dans des travaux avec mon élève Long (1808) , j’ai démontré (pie I hémianesthésie capsulaire ne se rencontre (pie lorsque la couche optique esl lésée, avec ou sans participation du segment postérieur de la capsule interne à la lésion, ou bien quand la couche optique, tout en étant intacte, se trouve plus ou moins isolée de ses connexions avec 1 écorce par une vaste lésion sous-corticale ou centrale. Mais, pour produire une hémianesthésie, il ne suffit pas que le thalamus soit lésé, il faut encore <pie cette lésion siège dans une région spéciale de ce ganglion, à savoir : en avant du pulvinar, dans la partie postérieure et inférieure du noyau externe du thalamus, — région où viennent aboutir les libres du ruban de Itei 1 . Enfin, et ceci est le corollaire des propositions précédentes, j’ai pu constater qu’une lésion de la partie postérieure du segment postérieur de la capsule interne avec intégrité du thalamus, peut se traduire par une hémiplégie sans altération de la sensibilité.
En résumé, aujourd’hui il n’y a plus lieu d’admettre, dans le segment postérieur de la capsule interne, une région spéciale — carrefour sensitif — par laquelle ne passeraient que les fibres sensitives. Ces dernières, — libres corticipètes ou lhalamo-corticales, — sont intimement mélangées dans le segment postérieur de la capsule interne avec les libres de projection ; c’est pour cela qu’une hémianesthésie de la sensibilité générale relevant d’une lésion centrale d(* l’hémisphère ne peut être réalisée que dans les deux conditions que je viens d’indiquer, à savoir : 1° dans le cas de lésion lhalamique détruisant et les libres terminales du ruban de Reil et les fibres d’origine du neurone thalamo-cortical ; 2" lorsque, le thalamus étant intact, ses connexions avec la corticalilé sensilivomotrice sont plus ou moins détruites. Dans ce dernier cas la lésion centrale et sous-corticale est, du reste, toujours très étendue. Enfin, j’ajou-
SÉMIOLOGIE DU SYSTÈME NEIG EUX.
terai ([ne c’est surtout lorsque le thalamus est lésé que l'hémianesthésie est persistante.
D) Syndrome thalamique.
J'ai décrit avec mes élèves Eggcr (1903), Thomas et Chiray (1904), Long (1904), Roussy (1900), une hémianesthésie à caractères spéciaux
Fig1. 493. 494. 495. — Topographie des troubles sensitifs dans un cas do syndrome thalamique droit datant de six ans. chez une femme de cinquante-deux ans. Légère hémiplégie droite avec mouvements choréo-athétosiques intenses de la main et du pied. Ataxie marquée dans les mouvements volontaires de ce même côté. Exagération des réflexes tendineux du côté droit. Pas de signe des orteils.
Sensibilité. Douleurs spontanées très vives dans tout le côté droit. La sensibilité tactile, douloureuse et thermique est diminuée, mais non abolie, dans toute la moitié droite du corps. Erreurs considérables dans la localisation des sensations. Grand élargissement des cercles de Weber. Astéréognosie complète. Le goût, l’ouïe et l’odorat sont diminués du côté droit. La vision est intacte et il n’existe pas d'hémianopsie. Les sensibilités profondes sont plus altérées que les sensibilités superficielles. Le sens des attitudes a disparu. La sensibilité osseuse est très diminuée ilig. 494). Lorsqu’on imprime passivement une attitude quelconque à la main droite, la malade ne peut, les yeux fermés, reproduire cette attitude avec la main gauche, tandis qu’avec la main droite (côté malade), elle reproduit très exactement toutes les attitudes passives que l’on imprime à sa main saine (Salpêtrière, 190i). Voy. André Thomas et M. Chiray : Sur un cas de syndrome thalamique. lie vue neurologique, 1904, p. 505.
{thalamus). C’esl 1 c syndrome thalamique (fig. 495 à 495); il est caractérisé par:
a) Une hémianesthésie plus ou moins marquée pour les sensibilités superficielles (tact, douleur, température), mais toujours très prononcée pour les sensibilités profondes, avec réaction exagérée aux excitations douloureuses et thermiques, disproportionnée à l'inten-
Fig. 493.
Fig. 491.
Fig. 493.
SYNDROMES SEXSITIES.
sité de l’excitation. Enfin il existe souvent une astéréognosie complète;
b) Une hémiplégie très légère, habituellement sans contracture, à régression rapide, et clans laquelle le signe de Babinski fait ordinairement défiant ;
c) Un certain degré d’hémiataxie et des mouvements choréo-alhélosiques dans les membres du côté anesthésié;
d) Enfin des douleurs, souvent très vives, du côté anesthésié; ces douleurs sont persistantes, à type central, profondes, lancinantes, paroxystiques et rebelles à toute médication analgésique.
Pour produire un tel syndrome, il ne suffit pas que le thalamus soil lésé, il faut encore que cette lésion siège dans une région spéciale de ce ganglion, à savoir: en avant du pulvinar, dans la partie postérieure et inférieure du noyau externe du thalamus — région du ruban de Beil.
On peut observer, en outre, de l’hémianopsie homonyme, mais c’est là un symptôme inconstant qui ne fait pas partie intégrante du syndrome et qui indique une lésion plus profonde avant sectionné le faisceau visuel. Le goût, l’ouïe et l’odorat peuvent aussi être parfois altérés (lig. 495, 494).
L’hémianesthésie par lésion thalamique diffère de l'hémianesthésie due à une lésion corticale par certains caractères. Dans le cas de lésion eorlicale, ce sont surtout les sens de discrimination tactile, de localisation et des attitudes segmentaires qui sont altérés. Il n’existe ni douleurs spontanées, ni réaction exagérée aux excitations, et les sens spéciaux sont intacts. (Voy. Syndrome sensitif cortical.)
E) Hémianesthésie par lésions du pédoncule cérébral, de la protubérance et du bulbe. — En dehors de l’hémianesthésie corticale, sous-corticale, centrale ou thalamique, on peut observer des hémianesthésies de cause pédonculaire, protubérant ielle ou bulbaire dues à des lésions de la calotte pédonculaire ou protubérantielle et en particulier de la substance réticulée et du ruban de Beil. Leur symptomatologie présente certaines particularités. Je rappellerai que l’hémianesthésie bulbo-protubérantielle affecte très souvent le mode de dissociation syringomyélique (lig. 496 et 497).' Mais le tvpe inverse peut également s’observer; le tact et les sensibilités profondes étant alors beaucoup plus altérés que les sensibilités douloureuse et thermique. D’autres fois, tous les modes de sensibilité superficielle et profonde sont également pris (lig. 498, 499, 500). Toutes ces variétés de troubles sensitifs dans le cas de lésion pédonculaire, protubérantielle ou bulbaire, tiennent uniquement à la localisation de la lésion. On sait, en elfel, que la sensibilité tactile et le sens des attitudes passent par le ruban de Beil, tandis que la conduction des sensibilités douloureuse et thermique se fait dans la substance réticulée. (Voy. Oriyines, trajet et terminaison de la voie sensitive. Tronc encéphalique, p. 811.) Ici encore, les troubles diminuent d'intensité, do la périphérie vers la racine des membres.
Dans le cas d hémianesthésie par lésion pédonculaire, protubérantielle on bulbaire, les troubles de la sensibilité sont souvent accompagnés <1 une hémiplégie plus ou moins accusée et siégeant du même côté. C’est (jii alors la lésion, au lieu il être limitée à la calotte pédonculaire ou protubérantielle, empiète plus ou moins sur le trajet du faisceau pvra-
Fig. 496. Fig. 497.
fig. 496 el 497. — Hémianesthésie gauche d’origine bulbaire sans hémiplégie, à type syringomyélique et dissociation thermo-anesthésique, avec paralysie alterne laryngo vélo-palatine — syndrome d'Avellis — ayant débuté brusquement, chez un homme de cinquante-trois ans. A droite, paralysie de la corde vocale et de la moitié correspondante du voile du palais. A gauche, hémianesthésie dissociée. Troubles vestibulaires — vertige, chute à droite — pendant les premières semaines. Ici, les altérations de la sensibilité ne portent que sur les sensibilités douloureuse et thermique et cette dernière présente même des troubles dissociés en ce sens que la sensibilité au froid est abolie. Le contact de la glace est, en ellet, perçu comme un corps tiède et. pour la chaleur, les températures élevées ne sont pas différenciées et sont perçues comme températures tièdes. Dans le cas actuel, la lésion occupe la partie latérale de la formation réticulée du bulbe et la partie inférieure du noyau antérieur du vagospinal — nucléus amhiguus — (Salpétrière, 1912).
initial au niveau de l’étage inférieur du pédoncule cérébral ou de l'étage antérieur de la protubérance.
Dans ces cas l’hémiplégie et l'hémianesthésie se compliquent souvent de troubles cérébelleux, d’anesthésie de la face par lésion du trijumeau, de paralysies faciale et des muscles des yeux, de symptômes auditifs ou labyrinthiques par destruction des noyaux correspondants ou de leurs libres efférentes dans le pédoncule, la protubérance ou le bulbe, mais ces paralysies sont directes, siègent du même côté que la lésion, tandis que l’hémianesthésie et l'hémiplégie sont naturellement croisées.
Dans le cas, par exemple, de lésion pédonculaire du côté droit, —
.S' VXD ROM EX SE NSI TIFS.
calotte cl étage inférieur, — intéressant le noyau de la troisième paire, on aura une hémiplégie gauche avec hémianesthésie correspondante et paralysie de la troisième paire droite. De même dans le cas de lésion de la calotte prolubéranlielle atteignant le noyau du facial. La paralysie de la septième paire siégera du côté opposé à l’hémiplégie et à
Fig. 498, 499, 501). — Paralysie des VI”. VU” el VIII” paires avec hémianesthésie croisée sans hémpiplégic produite par un tubercule siégeant dans la moitié inférieure gauche de la calotte protubéranlielle, chez un homme de vingt-sept ans.
A droite, hémianesthésie du tronc et des membres, moins accusée à la face et portant sur tous les modes de la sensibilité superficielle — tact, douleur, température — et de la sensibilité profonde : le sens des attitudes qui est complètement perdu à la main, au coude, à l'épaule et au pied est encore très diminué au genou, la sensibilité à la pression est nulle, la sensibilité osseuse (lig. 500 très affaiblie. Asteréognosie absolue, le malade n'ayant même pas conservé l'identification primaire, bien qu'il n'y ait pas d’hémiplégie, le malade ne se sert de son bras et de sa jambe du coté anesthésié que lorsqu’on l’y incite, car il ne les remue pas spontanément.
A g miche , paralysie faciale à type périphérique; strabisme convergent par paralysie de la VI” paire, avec paralysie associée du droit interne du côté opposé dans les mouvements de latéralité vers la gauche; surdité par lésion de la branche cochléaire de la VIII” paire; anesthésie limitée à la cornée (Salpêtrière, 1912).
l’héinianesthésie. (Yov. Hémiplégies par lésions du tronc encéphalique,
Hémianesthésie alterne. — Dans celle variété d'hémianesthésie, les troubles de la sensibilité occupent la moitié de la face du côté correspondant à la lésion, le tronc et les membres du côté opposé. Le mécanisme de cette hémianesthésie est semblable à celui de l’hémiplégie alterne. Il faut que la lésion qui détruit les voies sensilives secondaires croisées, atteigne également le noyau ou les filets radiculaires ou la longue
SÉMIOLOGIE DU système xerveux.
racine descendante spinale du trijumeau. Il en résulte une anesthésie de la moitié de la face et des muqueuses, — langue, voile du palais, pharynx, — du même côté (pie la lésion et une anesthésie des membres et de la moitié correspondante du tronc du côté opposé. Le plus souvent, il s'agit d'une lésion des parties latérales de la calotte protu béranlielle. L hémianesthésie croisée des membres et du tronc est d'ordinaire du type syringomyélique (lîg. 496 et 497): beaucoup plus rarement, elle est du type tabétique ou porte sur tous les modes de sensibilité (lîg. 498,
l'i’K- SOI et 502. Hémianesthésie alterne par tumeur de la région bulboprotubéranticdle chez une tomme (le vingt-deux ans, à gauche paralysie des VI .VII' et VIIIe paires et anesthésie de la moitié correspondante de la lace - Ve paire — portant sur tous les modes de sensibilité. Dans la moitié droite du corps, la face exceptée, anesthésie dissociée à type syringomyélique, portant principalement sur les sensibilités thermique et douloureuse, sensibilité tactile étant peu touchée, avec intégrité des sensibilités profondes (Salpétrière, 1910).
499 cl 500). L’anesthésie de la face est globale el s accompagne de paralysie des muscles masticateurs. Cette paralysie trigéminale motrice permet de diagnostiquer le siège protubérantiel de l'hémianesthésie alterne. Elle tait, en effet, toujours défaut dans les hémianesthésies alternes par lésions bulbaires ou ponto-lnilbaires, atteignant seulement la longue racine spinale el le noyau (pii lui est adjacent. Dans ces cas, il s’agit habituellement, si la formation réticulée est seule lésée et la couche interolivaire respectée, d une hémianesthésie à type syringomyélique. puant à 1 hémianesthésie de la face dans 1 hémianesthésie alterne, elle est globale et porte alors sur tous les modes de la sensibilité lorsque la racine descendante spinale est altérée. Elle est du type svringomvélique, quand le noyau descendant el les voies secondaires trigéminales sont
N ) '.X DROME S SENS/ Tl Es.
atteints. Dans l'un et l'autre cas, le terri luire du trijumeau peut n’èlre que partiellement pris. (Vov. Syndromes protubérantiels et bulbaires, p. *218 et fig. 46 à 56 et 58 à 60 et p. 836.)
Enfin, dans les lésions unilatérales de la partie supérieure de la moelle cervicale on peut encore observer une hémianesthésie alterne si la racine descendante du trijumeau est atteinte par la lésion. (Voy. Hémianesthésie spinale. Syndrome de Br own-Séquard, p. 886.)
ANESTHÉSIE PSYCHIOUE
J’étudierai sous ce nom l’anesthésie hystérique, dans ses différentes modalités. 11 est assez difficile d’en donner un tableau d’ensemble, tant elle est complexe et polymorphe dans ses manifestations. Cependant il est possible d’en dégager les principaux caractères, et de montrer comment ils s’opposent à ceux des anesthésies organiques que je viens de décrire.
1° L’anesthésie hystérique est ordinairement complète et porte sur tous les modes de la sensibilité superficielle et profonde. Il est certain cependant qu’elle peut réaliser des dissociations plus ou moins voisines des dissociations organiques, tabétique, syringomvélique, etc.... Mais ces faits sont fort rares. Ils ne se rencontrent guère que chez les sujets éduqués, et l’on se rend habituellement compte du mécanisme psychique de suggestion ou d’imitation qui les a provoqués.
La plupart du temps, l’anesthésie hystérique porte donc également sur tous les modes sensitifs; et après ce que l’on a vu sur la fréquence de l’anesthésie plus ou moins dissociée dans tous les syndromes organiques, on peut comprendre que ce caractère total d’une anesthésie, en l’absence d’autres signes de lésion nerveuse grave, soit une des marques distinctives de sa nature hystérique. L’anesthésie est donc totale, et porte en général sur tous les modes de la sensibilité, mais tout en étant totale, elle peut être plus ou moins intense et on peut observer tous les degrés depuis l’anesthésie absolue jusqu’à l’hypoesthésie.
2° L’anesthésie hystérique ne répond à aucune topographie organique.
Elle peut affecter les localisations les plus variables; on la trouve tantôt en plaques disséminées, tantôt généralisée (fig. 557 et 558), tantôt localisée aux membres dans sa forme monoplégique ou paraplégique ; elle revêt souvent alors le type segmentaire, — anesthésie en botte, en gant, en gigot, etc., — dont le caractère est d’être limité par une ligne circulaire et perpendiculaire à l’axe du membre (506 à 508). Cette topographie ne correspond évidemment à aucune topographie des centres ou conducteurs nerveux; c’est une topographie essentiellement psychique.
Dans la forme hémianesthésique qui est peut-être la plus fréquente, les troubles de la sensibilité empiètent souvent, comme dans l’hémianesthésie organique, de un ou deux centimètres sur le côté opposé. Cette hémianesthésie présente partout la même intensité; elle ne diminue pas de la périphérie vers la racine des membres comme on l’observe dans
SÉMIOLOGIE du système nerveux.
l'hémianesthésie par lésion cérébrale; elle est égale au tronc, aux membres et à la face (fig. 503, 504 et 504 bis).
L)e plus, c’est très souvent une hémianesthésie sensitivo-sensoriellc.
I ig. 505, 504 et 50 i bi*. — Hémianesthésie hystérique du côté droit citez une jeune fi Ile de vingt ans. Début il y a cinq mois après une très violente émotion qui produisit une crise de convulsions qui dura cinq heures. Après cette crise, l’anesthésie fut d’abord généralisée, avec incontinence d’urine et des matières. Brûlure de la gorge par ingestion de liquides trop chauds non sentis. Au bout de trois jours, l’anesthésie se limita au côté droit du corps.
Hémianesthésie droite absolue pour tous les modes de la sensibilité — tact, douleur, température, sens des attitudes, sensibilité douloureuse à la pression profonde, sensibilité osseuse — ( fig- 504 bis >. L’anesthésie cutanée est strictement limitée à la ligne médiane. Hémianesthésie correspondante des muqueuses linguale et buccale. Astéréognosie absolue. Seule la sensibilité électrique, — courant faradique,' — n’est pas abolie, mais son seuil d’excitation est très augmenté. Hémianosmie et hémiagueusie droites. Rétrécissement du champ visuel du même côté. Pas de réflexe irien à la douleur. Diminution de la force musculaire à droite : au dynamomètre, 14° contre 2-4° à gauche. Pas d’ataxie. Réflexes tendineux vifs et égaux des deux côtés. Réflexes cornéen, pituitaire, pharyngé, affaiblis à droite. Réflexe cutané plantaire faible des deux côtés. Lorsqu’on pince fortement la peau de la plante du pied du côté anesthésié, il n’y a pas de retrait du membre, tandis que ce mouvement est très vif du côté sain. Le réflexe cutané abdominal est un peu plus vif du côté anesthésié. L'hémianesthésie persiste pendant lu sommeil. On peut, pendant que la malade dort, piquer, pincer énergiquement la peau ou la mettre en contact avec un bloc de glace sans produire aucune réaction dans tout le côté droit, mais dès qu’on atteint la moitié gauche du corps, elle se réveille, bette malade fut soumise à l’isolement et à la psychothérapie et, au bout de six semaines, la sensibilité commença à réapparaître au niveau des doigts et des orteils et gagna progressivement la racine des membres, le tronc et la face. Le retour des sensibilités s’est effectué dans l’ordre suivant : sensibilité à la douleur, piqûre — sensibilité à la pression, sensibilité thermique, osseuse et sens des attitudes et entin sensibilité tactile. En même temps disparaissaient les anesthésies olfactive et gustative, le rétrécissement du champ visuel et la faiblesse du bras droit. A partir du jour ou la sensibilité commença à revenir, quatorze jours s’écoulèrent jusqu’à la guérison complète (Salpétrière, 1915».
Or. ni le -rétrécissement du champ visuel, ni l’amblyopie ne se rencontrent dans l’hémianesthésie organique et les troubles de 1 ouïe, de l’odorat et du goût que l'on peut y observer parfois, n’ont
• ) WDROMES SE. Xsl T II- S.
ni l' intensité ni la durée qui ls présentent dans I hémianesthésie hystérique.
Fig. 507 et 508. — Anesthésie totale à type segmentaire, portant sur tous les modes do la sensibilité superlicielle et profonde, avec abolition du réflexe cutané plantaire du côté correspondant et intégrité de ce réflexe du côté opposé, chez une demoiselle de v i n g t - h u i t ans, atteinte depuis huit mois de contracture hystérique du membre inférieur droit (malade de la lig. £29). Ici il existe une conservation du réflexe irien à la douleur, car un pincement énergique de la •peau des régions anesthésies produit la dilatation de l’iris. 'Salpétrière, 1908.)
5° F anesthésie hystérique est paradoxale d;ms ses manifestations, c’est-à-dire qu'elle ne détermineras en général les perturbations fonctionnelles qu’on devrait logiquement en attendre.
Dejerixe. — Séniologie.
SÉMIOLOGIE DU SYSTÈME NEIiVEUX.
Cette anesthésie totale ne s’accompagne en effet ni d’ataxie, ni d'incoordination, ni de gêne fonctionnelle d’aucune sorte. L'hystérique se sert sans aucune difficulté de ses membres anesthésiés dont la force cependant peut être parfois un peu diminuée. Il est analgésique et il ne se pique pas; il est anesthésique à la chaleur et il ne se brûle pas; c’est là tout au moins une règle générale qui peut souffrir quelques exceptions. Son champ visuel peut être considérablement rétréci à l’examen, et l’hystérique se comporte comme un sujet bien portant. Il joue à la balle comme un sujet normal; il évite dans la rue tous les obstacles.
Enfin chez l’hystérique, le réflexe pupillaire à la douleur est ordinairement conservé et les excitations douloureuses, que le sujet aflinne ne pas percevoir, déterminent cependant la réaction habituelle de dilatation de la pupille, et parfois une légère accélération des battements du cœur. Dans la plupart des cas la douleur parait donc être bien être perçue par tous les centres nerveux de l’axe cérébro-spinal: seule, la conscience du sujet affirme ne pas la percevoir. Il est cependant des cas où ce réflexe disparaît ( lig. 505 et ù(M).
En résumé l’anesthésie hystérique apparaît comme une anesthésie subconsciente, et loin d’y voir comme le veulent quelques auteurs, un phénomène de perte de l’attention, je crois au contraire que c’est surtout lorsque l’attention du sujet est attirée de ce côté qu elle se manifeste. En ce qui concerne le champ visuel, la chose ne me parait pas douteuse : ce n’est que lorsqu’on en pratique l’examen au campimètre, c'est-à-dire quand on concentre l’attention du sujet sur sa vision, que l’on remarque un rétrécissement de ce champ visuel; en dehors de cette circonstance, l’hystérique, ainsi que je l'ai déjà dit, possède un champ visuel normal.
4° Tous ces caractères de l’anesthésie hystérique concourent donc à
Fig*. 500, 510, 511, 512, 513 et 51 i. — Syringomyélie. — Topographie radiculaire des troubles de la sensibilité. Homme de cinquante-cinq ans. Début de l'affection à Page de l rente-cinq ans par l'atrophie des muscles de la main droite. A l’àge de cinquante ans, début de l'atrophie des muscles de la main gauche. Atrophie musculaire type Aran-Duchenne avec grille cubitale — excessive à droite, moins intense à gauche — avec participation à l’atrophie des muscles du groupe cubital des avant-bras. Intégrité complète de tous les autres muscles des membres supérieurs. Pas d'atrophie des muscles du tronc ni des membres inférieurs. Abolition des réflexes olécraniens. Kxagération marquée des réflexes patellaires et achilléens, avec tendance au phénomène du pied, surtout à gauche. Cicatrices de brûlures sur la peau des mains et des doigts; depuis de longues années le malade se brûle sans le sentir. Myosis intense avec réaction lumineuse conservée, mais très lente. Les ligures 509 et 510 représentent la topographie de l'anesthésie à la douleur ; les figures 511 et 512,1a topographie de la thermoanesthésie et les figures 515 et 51 i. la topographie des troubles de la sensibilité au contact, «pii sont moins intenses — hypoesthésie tactile — que les troubles des sensibilités thermique et douloureuse. Intégrité du sens des altitudes segmentaires. Sens stéréognostique conservé malgré l’impotence relative des mains relevant de l’atrophie musculaire et gênant le malade dans l’acte de palperlesobjets.il esta remarquer que dans le domaine de la 1“ paire lombaire (face interne de la jambe gauche) il existe de l’analgésie et de la thermo-analgésie avec intégrité de la sensibilité tactile. Dans le cas actuel, les troubles de la sensibilité des membres supérieurs sont exactement superposables aux troubles moteurs correspondants. Tous deux en ell’et siègent dans le domaine des 7° et 8"' paires cervicales et de la 1" paire dorsale. Pour la sensibilité thermique, à droite (lig. 2fiî> le domaine de la 5° cervicale est en outre intéressé. Sur le tronc, les troubles de la sensibilité occupent à droite les territoires des 2", 5% V, 5e, 6° paires dorsales, à gauche ceux des 2'1. 5" et P. Dans h* cas actuel la topographie radiculaire des troubles sensitifs cutanés est on ne peut plus netle. < Salpétrière, 1900.)
SYNDROMES SENS I TIFS.
Fig. 51-2.
Fig. 511.
I Fig. .'il i.
démontrer son origine psychique. Dans tous les cas enfin, il est possible de la faire disparaître par la psychothérapie.
Naturellement, de ce (pie le mécanisme de l’anesthésie hystérique est certainement psychique, je me garderai bien de conclure avec certains auteurs, qu’elle soit toujours le résultat d’une création artificielle ou d’une simple auto-suggestion, car je l’ai observée dans des cas où aucune de ces interprétations n’était admissible, .le l’ai vue en effet persister pendant le sommeil (tig. 505 et 504). 11 se passe là évidemment des opérations psychologiques beaucoup plus complexes qu’on ne serait tenté de l’admettre au premier abord. Si, en effet, dans la genèse des iccidents hystériques, nous sommes fixés sur le rôle et l’importance considérables sinon uniques des réactions émotives, par contre nous sommes encore très peu renseignés sur leur mode d’action. Tout ce qui se passe dans le subconscient est en effet d'une analyse des plus difficile.
11 n’en reste pas moins que les caractères précédemment énumérés permettent de reconnaître l’anesthésie hystérique et de la distinguer facilement des anesthésies organiques, auxquelles elle peut du reste se superposer.