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CHAPITRE

TROUBLES VISCÉRAUX D'ORIGINE NERVEUSE

Respiration. — Circulation. — Appareil digestif. — Hein. — Vessie. — Appareil génital. — Fièvfe nerveuse.

•l’étudierai successivement la sémiologie des troubles respiratoires , circulatoires , digestifs , urinaires et génitaux ainsi que les modifications de la température — fièvre nerveuse — que I on rencontre au cours des affections du système nerveux.

A. — TROUBLES RESPIRATOIRES DORIGINE NERVEUSE

Ces troubles sont de deux ordres, selon qu'ils traduisent une lésion organique ou bien un simple désordre fonctionnel du svstème nerveux. Dans le premier cas, tantôt ils ne sont qu’un des éléments, généralement accessoire, de l’ensemble symptomatique propre à l’affection nerveuse organique, tantôt, au contraire, ils prennent une importance capitale par la gravité de leurs conséquences ou l’importance diagnostique de leur apparition. Quant aux troubles respiratoires qui apparaissent à l’occasion des affections nerveuses sine materia, ils méritent de retenir l’attention, parce qu’ils peuvent concentrer eu eux tout l’intérêt symptomatique. en représentant provisoirement la seule manifestation objective de l'état névropathique et en offrant des attributs particuliers qui permettent de les rattacher à leur véritable cause.

I. — Troubles respiratoires dans les maladies organiques du système nerveux.

Il existe dans le bulbe un centre respiratoire, double et bilatéral, situé vers la pointe du V du calamus scriptorius, au niveau de l'origine du pneumogastrique. II se compose de deux portions distinctes : l’une présidant à 1 inspiration, l’autre à l'expiration. Ce centre bulbaire est influencé par diverses impressions sensitives (voies centripètes), dont la voie principale est le pneumogastrique, et aussi par les centres cérébraux de la phonation et de la respiration, qui sont localisés dans 1 opercule frontal. D’autre part, le centre bulbaire commande aux centres médullaires d innervation des muscles respirateurs, qui siègent entre la 4e paire cer-

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vicale cl la 8 paire dorsale: parmi ces centres médullaires «pii président aux actes moteurs de la respiration (voies cent ri luges), le plus important est celui du nerf phrénique.

Les lésions qui peuvent intéresser ce système d innervation de l'appareil respiratoire sont multiples et entraînent des expressions symptomatiques variables, selon le point où elles siègent.

Dans les affections destructives du cerveau (hémorragie, ramollissement) ou compressives (tumeurs, épanchements) la respiration devient lente et profonde, stertoreuse, c’est-à-dire que le voile du palais, passivement agité par le passage de l’air, produit le ronflement. Souvent, dans le coma d’origine cérébrale, on observe le type respiratoire bien connu de Cbeyue et Slokes, caractérisé par des pauses respiratoires durant quelques secondes et suivies de reprises qui augmentent de force cl de fréquence, pour diminuer ensuite et aboutir à un nouvel arrêt de la respiration. Ce signe est généralement précurseur de la mort.

Parfois, dans Y hémiplégie d’origine cérébrale, on note que les muscles respiratoires thoraciques du côté malade se contractent moins énergiquement (pie du côté sain. D’autre part, dans quelques observations la paralysie des muscles innervés par le’ nerf récurrent a pu être rattachée à une lésion hémisphérique (Carel et Dor, Dejcrinc).

Dans la méningite de la base, surtout dans la méningite tuberculeuse, la respiration est souvent modifiée. Au cours de l’affection, on peut observer un type irrégulier, caractérisé par la discordance entre les mouvements du diaphragme et ceux du thorax dans l’acte respiratoire. Souvent, et surtout à la fin de la maladie, la respiration est irrégulière et elle s’accélère jusqu'au moment de la mort. Ici le rythme de Cheyne et Slokes s’observe aussi à la période terminale.

L’atrophie des noyaux du bulbe, dans la paralysie glosso-labio-laryngée par exemple, est accompagnée d’une dyspnée continue et paroxystique, qui témoigne de l’extension de la lésion au centre respiratoire et aux origines des nerfs vagues. Au début, la voix est faible et monotone en raison de la parésie des muscles innervés par le récurrent. Lorsque la paralysie des constricteurs est complète, l'aphonie survient et le phénomène de l’effort est impossible. Si, au contraire, les abducteurs des cordes vocales sont paralysés, il eu résulte une dyspnée avec tirage et sifflement qui peut nécessiter la trachéotomie. A la longue, le malade s’épuise lorsqu’il parle; il est incapable d’une forte expiration et se trouve dans un état de dyspnée permanente. Le moindre catarrhe des bronches 1 expose à succomber rapidement à l’asphyxie, parce qu’il ne peut rejeter les mucosités bronchiques. D’autre part, la béance de la glotte permet l'introduction accidentelle de parcelles alimentaires dans la trachée, d’où le développement de bronchites et de broncho-pneumonies.

Ainsi se comportent également d’autres affections susceptibles de porter atteinte aux noyaux bulbaires : la sclérose latérale amyotropliique, la poliencèphalite aigue ou subaiguë, la paralysie bulbaire aiguë

ou subaiguë pur hémorragie ou ramollissement, quelquefois et beaucoup plus rarement la poliomyélite aiguë. Dans la polynévrite de cause infectieuse ou toxique, on peut parfois observer des symptômes de paralysie labio-glosso-laryngéc par lésions des nerfs bulbaires.

Les troubles laryngés ne sont pas très communs dans la syringomyélie et ils apparaissent dans cette alîection dès que la gliomatose a envahi le bulbe. L anesthésie dissociée de la muqueuse du larynx a été assez rarement constatée, parfois il n existait que de la thermo-anesthésie seule. Les troubles moteurs se caractérisent par une paralysie laryngée unilatérale à forme récurrentielle. La parole devient rauque, et à I examen laryngoscopique on constate qu’une corde vocale est en position cadavérique. Plus rarement les phénomènes paralytiques sont bilatéraux. Somme toute, dans la syringomvélie les troubles moteurs laryngés portent sur les muscles vocaux, et la paralysie des erico-aryténoïdiens postérieurs est rare, contrairement à ce (pie l’on voit dans le tabes où les muscles respirateurs, les dilatateurs de [la glotte, sont surtout frappés. On a encore signalé dans la syringomyélie, en dehors de toute paralysie apparente, des mouvements saccadés et réguliers dos cordes vocales. Quant aux crises laryngées proprement dites elles ne s’observent que très rarement dans cette affection.

La destruction progressive des rentres moteurs de la moelle épinière dans la région dorso-cervicale est caractérisée par une dyspnée croissante à mesure que les muscles inspirateurs sont successivement paralysés. Bientôt se produit une anxiété considérable, un ralentissement notable de la respiration, une inspiration très lente et difficile, exigeant l'intervention des muscles auxiliaires, l’abaissement du diaphragme suppléant au défaut d’élévation des côtes. A l'ampleur et à la lenteur de l’inspiration s’oppose la brièveté de l’expiration, suivie d’une pause longue qui précède l'inspiration suivante. Quand l'origine supérieure.du nerf phrénique (5e paire cervicale) est atteinte, le diaphragme est complètement paralysé et l’asphyxie s’ensuit.

Ces symptômes s’observent dans les hémorragies intra- ou péri-médullaires , les fractures ou luxations de la colonne cervicale, les tumeurs ou les exsudais comprimant la moelle, à ce niveau, Yhématomyélie, traumatique ou spontanée, les myélites aiguës ou chroniques de la région cervico-dorsale, la poliomyélite aiguë, subaiguë ou chronique . la sclérose latérale amyotrophique .

Une lésion destructive des parties supérieures de la moelle peut agir comme une lésion bulbaire, en supprimant les libres qui établissent les communications entre les centres respiratoires secondaires (médullaires) et le centre bulbaire.

Pendant la période irritative des lésions médullaires ou bulbaires, avant la désintégration des éléments, la dyspnée est spasmodique au lieu d'ètre paralytique et elle ressemble à l’asthme, avec des intermittences qui sont en rapport avec la manifestation toujours discontinue des excitations anormales des éléments nerveux.

TROUBLES VISCÉRAUX D'ORIGISE SERVEUSE.

Troubles laryngés dans le tabes. — Ces troubles, décrits pour la première fois en 1868, par Fcrréol, étudiés depuis par différents auteurs, Jean, Charcot et Krishaber, Cherchewskv, Landouzy cl Dejerine, Kahler, Schlesingcr, Oppenlieim, Dejerine et Petren, etc., sous le nom de crises laryngées des ataxiques ou de laryngisme tabétique , sont extrêmement fréquents dans le tabes et peuvent s’observer à une période quelconque de Dévolution de la sclérose des cordons postérieurs. Les statistiques de différents auteurs sont à cet égard très démonstralives; c’est ainsi que sur 36 tabétiques Krause en trouve 13 — soit 34,2 pour 100 — chez lesquels existaient des troubles manifestes du côté du larynx. Marina a constaté encore une proportion beaucoup plus forte, car, sur 36 malades également, il dit n’en avoir pas rencontré un seul dont le pharynx et le larynx fussent en état d intégrité parfaite. Mais cette proportion esl certainement exagérée, d’autant plus que l’auteur fait entrer dans sa statistique et comme seul phénomène laryngé, chez plusieurs de ses malades, l’existence d’une simple anesthésie pharyngienne, phénomène que l'on peut observer chez des gens absolument sains.

L’examen du larynx chez les tabétiques a été pratiqué avec grand soin et d’une manière systématique, dans mon service et à ma consultation externe de la Salpêtrière de 1896 à 1899, par Naticr, et cet examen a porté sur 102 malades : 73 hommes et 29 femmes. Or, sur ces 102 tabétiques, il s’en esl trouvé 45 — soit 44,2 pour 100 — qui présentaient îles troubles divers du côté de l’organe vocal.

Relativement à l'àge, les résultats obtenus ont été les suivants :

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