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Troubles respiratoires dans les névroses

Ce groupe répond simplement à des troubles fonctionnels du système nerveux dont le substratum anatomique échappe à notre connaissance, et cela en raison de sa légèreté et de sa disparition rapide car l’allure paroxystique du symptôme indique bien l’intermittence et la bénignité de la lésion.

Il suffit de signaler les troubles respiratoires qui se montrent dans 1 épilepsie, car ils n’ont pas d indépendance symptomatique. Parmi les symptômes de l'aura, on signale une angoisse respiratoire accompagnée d’une sensation de spasme laryngé.

Les troubles qui accompagnent l’attaque d’épilepsie sont plus marqués. Pendant la phase tonique, la poitrine est immobilisée en expiration, la respiration est nulle et la face se congestionne. Pendant la phase clonique, la respiration est saccadée, bruyante et incomplète : la cyanose persiste. A la période de stertor, la respiration devient ample, régulière. Parfois le mal comitial donne lieu à des hémorragies pulmonaires.

Dans la neurasthénie les troubles respiratoires objectifs font presque toujours défaut. Dans les formes graves de celle affection on a parfois noté la faiblesse de la voix, de l'essoufflement el une toux sèche rebelle.

Mais ce que l’on trouve très souvent chez les neurasthéniques, sous l’influence de l’espèce d'état d’attente émotive où ils se trouvent presque continuellement, c’est une diminution notable de la ventilation pulmonaire.

D’autre part un certain nombre de cas de fausses asthénies avec épuisement rapide sonl dus à une respiration insuffisante des malades qui pour ainsi dire s’étouffent eux-mêines. Surveillant leur marche ou l’effort physique quelconque qu’ils foui, ils en oublient de respirer et en arrivent ainsi à une forme particulière d’épuisement — épuisement respiratoire en quelque sorte.

C’est à Y hystérie que se rattachent ce qu’on appelle communément les

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troubles fonctionnels respiratoires d’origine nerveuse : la toux nerveuse, la dyspnée nerveuse, etc. ; troubles qui paraissent avoir une indépendance symptomatique telle, qu’on les appelait autrefois « essentiels ».

Les troubles respiratoires dans l’hystérie ont un caractère important : leur allure paroxystique; mais ce qui est capital, — car au point de vue du diagnostic ce fait a une valeur de première importance, — tous les troubles respiratoires de V hystérie , quels qu’ils soient, disparaissent pendant le sommeil; Briquet cataloguait ces troubles sous le terme de spasmes respiratoires. Pitres classe en trois groupes les spasmes rythmiques respiratoires :

1° Spasmes respiratoires simples : les secousses convulsives survienmml exclusivement pendant l’inspiration ou l’expiration. Les spasmes expiratoires produisent des phénomènes plus ou moins analogues à la toux ou au rcnâclement; les spasmes inspiratoires produisent des phénomènes ressemblant au hoquet ou au reniflement.

2U Spasmes respiratoires mixtes : les mouvements physiologiques d inspiration et d’expiration sont tous deux modifiés par 1 intervention des convulsions (bâillement, éternùment, rire).

5° Spasmes respiratoires compliqués : les secousses convulsives intéressent à la fois les muscles de la respiration et de la phonation (bruits, cris inarticulés, paroles distinctes prononcées d’une manière convulsive).

Charcot ramenait aussi à deux chefs le mécanisme des bruits laryngés. Les uns, de nature expiratoire, se rapprochent plus ou moins du type de la toux; les autres, de nature inspiratoire, se rapprocheraient du hoquet. En raison souvent d'une imitation involontaire, automatique, de ce qu’on appelle la contagion nerveuse, ces bruits ressemblent fréquemment aux cris habituels à divers animaux : aboiement, hurlement, miaulement, grognement, mugissement, gloussement, coassement, etc..

J’examinerai tout d’abord les troubles de la phonation et de la respiration qui correspondent, non pas à une lésion locale, mais à une influence générale d’origine centrale (spasmes inspiratoires, expiratoires, altérations du rythme respiratoire); je m’occuperai ensuite de ceux qui sont en rapport avec une lésion locale du larynx (paralysie, contracture), ou du poumon (hémorragie).

Parmi les spasmes expiratoires, la toux est le plus fréquent et le mieux étudié (Lasègue, 1854). La toux hystérique si* présente presque toujours sous forme paroxystique, avec un certain degré de permanence dans la répétition des accès à divers moments de la journée.

Les secousses se groupent généralement par séries de trois ou quatre. Les secousses isolées et les groupes de secousses sont séparés par des intervalles égaux. La toux cesse pendant le sommeil.

Sur cet état permanent, mais non continu, se greffent souvent, mais pas toujours cependant, des paroxysmes. Ce sont de véritables crises ou

attaques auxquelles les secousses de toux donnent un cachet particulier: crises qui peuvent se terminer par une période délirante, être entrecoupées ou suivies par de véritables convulsions. Les paroxysmes sont généralement périodiques et réglés, se reproduisant, identiques dans leur forme et souvent à la même minute, une ou plusieurs fois par jour, surtout le soir, et pouvant durer une ou plusieurs heures.

Cependant il n'y a ni dyspnée, ni suffocation, ni signes stéthoscopiques, à moins que la toux ne soit sura joutée à un catarrhe laryngo-bronchiquc banal.

La tour hystérique débute d’ordinaire dans l’adolescence, chez les jeunes li 1 les de-préférence. C’est une hystérie locale, subsistant souvent à l’état isolé, sans accompagnement d’autres stigmates de la névrose, sauf parfois des troubles de la sensibilité sous forme d’hémianesthésie. Lorsqu’elle n’est pas traitée par les méthodes employées en pareil cas, — isolement avec psychothérapie, — cette toux est tenace, rebelle à tout calmant, peut durer des mois, des années; elle est capable de disparaître brusquement à la suite d’une attaque, d’une émotion et récidive facilement. Quelquefois elle alterne avec d’autres symptômes hystériques. Le plus souvent toutefois c’est une manifestation plutôt monosymptomatique de l'hystérie.

Les caractères généraux de celle description de la toux hystérique se retrouvent dans la généralité des spasmes respiratoires que l’on rencontre dans celte névrose : début brusque le plus souvent à la suite d’une cause émotive, allure paroxystique, équivalence d’attaque hystérique, ténacité, disparition brusque, récidives, manifestation isolée d'hystérie, etc. Ainsi se comportent le renâclement, et tous les cris d’animaux précités. Parfois on observe des épidémies de bruits laryngés chez les hystériques, véritable contagion par suggestion. Le fait était fréquent autrefois dans les hôpitaux lorsqu’on n'isolait pas les hystériques.

Le Inquet est le type des spasmes expiratoires. Il est plus rare que lu toux. Survenant volontiers chez les hystériques gastralgiques, il apparaît pour une cause légère, une ingestion alimentaire, ou même sans cause. Il est bruyant, rare dans les attaques, cesse dans le sommeil, associé parfois au bâillement. Le reniflement est un phénomène du même ordre.

Le bâillement esl un spasme respiratoire mixte. C'est un accident assez rare qui se présente à l’état permanent ou paroxystique. Permanents, les bâillements cessent pendant h; sommeil, réapparaissent au réveil, durent des mois et des années; ils sont rythmés, souvent entrecoupés de quintes de toux; l’écartement des mâchoires est extrême, mais l'inspiration ne dépasse pas la profondeur de l'inspiration normale. Paroxystiques, les bâillements se répètent coup sur coup, subintrants, pendant quinze, trente minutes et plus; l’accès cesse et recommence ensuite. On y retrouve souvent un fragment de l’attaque hystérique, avec convulsions.

Les éternûments alternent souvent avec la toux. Ils se produisent sous

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forme d'accès durant de quelques minutes à quelques heures, avec ou sans sécrétion nasale et se répétant 50 à 40 fois par minute.

Le rire hystérique procède aussi par accès; il précède, accompagne ou suit les attaques convulsives, on se montre dans leurs intervalles.

D’après une description de Briquet, il existerait un asthme hystérique qui serait analogue à l'asthme vrai ou à l’accès d’asthme symptomatique de l’emphysème, mais qui présenterait les particularités suivantes : sa grande intensité, sa persistance pendant des mois, son apparition et sa disparition brusques à l’occasion d’une attaque, son alternance possible avec une paraplégie hystérique.

La dyspnée hystérique par contre a une existence indiscutable. Elle est caractérisée par une accélération extrême des mouvements respiratoires, qui peuvent atteindre le nombre de 170 à 180 par minute. C’est une véritable polypnée. La respiration se fait sans bruit, sans effort, sans anxiété, sans cyanose; le pouls reste à 00 ou 80 pulsations. Il n'y a ni expectoration, ni signes stéthoscopiques. Cette dyspnée disparait pendant le sommeil. Elle survient par accès qui durent trois à quatre heures et s’accompagnent souvent de quelques symptômes (aura, pleurs) qui permettent de les assimiler à des attaques d’hystérie D’autres fois elle existe à l’état permanent. C’est aussi une hystérie monosymptomatique, pouvant coïncider ou non avec des attaques convulsives. On l’a attribuée à un spasme de la glotte, à un spasme des bronches, à la paralysie du diaphragme, mais en réalité aucune de ces hypothèses n’est encore démontrée. Avec ou sans polypnée, on peut encore observer dans l’hystérie une respiration saccadée.

Des manifestations locales de l’hystérie sur le larynx, — hystérie laryngée, — apparaissent sans cause ou à l’occasion d’une cause locale, légère généralement, tenant à une lésion du larynx, ou de son voisinage ou d’un organe éloigné (organes génitaux).

L anesthésie laryngée n’est pas constante. Elle peut se limiter à 1 épiglotte. Si elle envahit le larynx elle est bilatérale; elle n'y est jamais partielle comme le fait peut s’observer dans l’anesthésie de cause névi i tique (diphtérie).

V hyperesthésie du larynx se manifeste quelquefois parla phonophobie, le sujet craint de parler à voix haute sous peine de douleurs aiguës au larynx. Habituellement elle est caractérisée par des sensations de brûlure, de déchirure, de corps étranger, allant du sternum à la gorge, et provoquant des efforts d’expulsion avec toux quinteuse.

La paralysie et la contracture des muscles du larynx ont une importance capitale dans l'hystérie laryngée. .Mais il est souvent difficile d’interpréter l’image glottique et de l’attribuer soit à la contracture des adducteurs, soit à la paralvsie des abducteurs, ou inversement. Le trouble, généralement bilatéral, peut être unilatéral; et la difficulté peut être encore augmentée parce que l’antagoniste du muscle paralysé peut être contracturé, et inversement, comme cela s’observe aux yeux ou à la face.

L aphonie hystérique est considérée comme un phénomène para-

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lytique. Elle est caractérisée par l'impossibilité de parler à voix liante avec intégrité de la parole à voix basse, ce qui la distingue du mutisme hystérique qui ne permet l'articulation d’aucun mot. Chose paradoxale, la toux est souvent sonore, le chant quelquefois peut se faire à haute voix, ainsi que le rêve parlé. Il est aussi des cas dans lesquels aucun son, aucun bruit laryngés ne peuvent être produits. L’aphonie survient en général à la suite d une émotion vive ou parfois d’un paroxysme convulsif: souvent à l’occasion d'une inflammation légère du larvnx. Elle coïncide quelquefois avec une plaque d’anesthésie cutanée de la région thyroïdienne. La respiration est libre et l’image glottique donne au miroir des aspects variables d’un jour à l’autre, sans lésions locales aucunes. Le pronostic eu est bénin, quoique la durée puisse en être très longue, parfois des années. Elle peut aussi ne durer que quelques minutes ou quelques jours, et récidiver facilement. Elle guérit parfois subitement, comme elle est apparue, à l’occasion d’une émotion, d’un paroxysme convulsif. D autres fois elle disparait progressivement. (Voy. Aphasie et mutisme hystériques , p. 451 et 468.)

Le spasme laryngé se montre sous une forme paroxystique dans 1 attaque dite de spasme; la sténose du larynx domine la scène, mettant parfois le malade en danger de mort et paraissant nécessiter la trachéotomie, remède auquel pour ma part je n’ai jamais eu besoin d’avoir recours et que je ne saurais encourager.

La toux et la dypsnée hystériques peuvent se compliquer de spasmes laryngés.

Dans l’intervalle des crises de spasmes il peut exister un cornage permanent, de la dypsnée, du tirage, l’expiration étant facile et l'insjtiration difficile, simulant le croup. Le cornage peut exister aussi à 1 état permanent, très rarement toutefois.

Chez une malade que j’observe depuis treize ans, ce tirage inspiratoire accompagné de râle trachéal est permanent, sauf pendant le sommeil. L’examen laryrigologique dans ce cas a toujours été négatif et on peut se demander si ici il ne s’agirait pas d’une contracture des muscles de Reissessen. Lorsque, dans ces cas de cornage permanent, il n'existe aucun symptôme quelconque d’hystérie, le diagnostic peut être très difficile. Tel fut le cas pour la malade dont je viens de parler qui. grande hystérique autrefois, ne présente plus aucun stigmate de cette névrose depuis qu’elle est atteinte de cornage.

L'hémoptysie hystérique était admise autrefois sans conteste, comme un phénomène s’observant surtout chez la femme, mais aussi parfois chez 1 homme, différent par conséquent, quant à son origine dans ce dernier cas, de 1 hémoptysie supplémentaire. Mais aujourd'hui que la description de l’hystérie, telle que la concevaient les auteurs du milieu du siècle dernier a été soumise à une révision sévère, la nature de certaines manifestations qu’on avait attribuées à cette névrose est fortement mise en doute. L’hémoptysie hystérique est de ce nombre et il est probable que la plupart des faits décrits jadis sous ce nom, sinon tous.

TROUBLES V1SCÉRA I -V IfOR IC IXE NERVEUSE.

se rapportaient à des hémoptysies de la période initiait* de la luberrulosc, ou dues à une autre affection organique latente et méconnue, ou rentraient dans le groupe des héinopliysies dites supplémentaires. Aussi n’insisterai-je pas sur sa description.

Dans la maladie de Parkinson, en dehors des troubles vocaux proprement dits, — faiblesse de la voix, parole lente, — le tremblement des cordes vocales est souvent observé. Graeffner (1911) a constaté : I" un tremblement des cordes vocales et de tout le larynx, synchrone au tremblement généralisé (20,25 pour 100); 2° un tremblement des cordes vocales non synchrone au tremblement du corps (35,75 pour 100); 5° une absence de tremblement des cordes vocales (40 pour 100).

Dans le goitre exophtalmique qui n’est pas une névrose, mais un syndrome d’origine glandulaire, les troubles respiratoires ne sont pas fréquemment observés. Dans certains cas, on a noté des modifications de la courbe respiratoire, retard de l’inspiration et de l’expiration qui sont d’intensité irrégulières. Une toux sèche, spasmodique a parfois aussi été observée. Enfin, il n’est pas très rare de rencontrer dans cette affection une respiration saccadée Minor).

Les troubles respiratoires dont il vient d’étre question, sont secondaires à une affection du système nerveux bien caractérisée, localisant accessoirement ses effets sur un point du système nerveux de l’appareil respiratoire.

Il existe un syndrome respiratoire qui est l'expression pure d'un trouble nerveux, et dont le caractère fondamental est un spasme des muscles inspirateurs : c’est l 'asthme, dit essentiel parce qu'il est indépendant de tout état morbide connu. L’athsme procède par crises qui surviennent à intervalles variables, quelquefois périodiques comme la migraine, l’épilepsie. C’est une névrose qui aurait pour point de départ une excitabilité exagérée ou pervertie des centres respiratoires bulbaires; la crise éclate lorsqu’une cause, actionnant le bulbe directement ou par la voie d'un nerf centripète (trijumeau, vague), vient influencer ces centres. Cette névrose respiratoire est susceptible d’alterner avec, d’autres états morbides de même essence : l'urticaire, l’angine de poitrine, la sciatique, la migraine; elle apparaît ainsi comme un des éléments (b* la diathèse neuro-arthritique. Il suffisait de signaler ces faits, car la description de l'asthme ne saurait entrer dans le plan de cet ouvrage.

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