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énorme, et la capsule cédant, l’œdème s’étend comme dans le tabes, sur le membre au voisinage de l’articulation.

Malgré la distension parfois considérable de la synoviale, l'indolence est complète, cl les mouvements sont conservés. L'évolution de 1 affection est la même que dans le labes : la résorption du liquide est lente; elle met à se faire quelques semaines, quelques mois, et même jusqu'à un ou deux ans. Lorsque le liquide a disparu, la palpation permet de sentir les déformations considérables des têtes articulaires en présence; et, comme dans le tabes, le membre peut prendre des attitudes anormales, indiquant la destruction profonde des ligaments périarticulaires. Somme toute, comme symptômes propres à l’arthropathie syringonivélique on ne trouve guère que les récidives fréquentes sur la même articulation, et les troubles sensitifs de la peau — -dissociation syringonivélique. — Parmi les complications, il faut noter les arthrites suppuréos, assez fréquentes, probablement par infection secondaire, à la suite des plaies que présentent parfois ces malades au niveau des mains (panaris, ulcérations, suites de brûlures, etc.).

Quant aux lésions articulaires, elles sont de tout point identiques à celles qui ont été décrites dans le tabes, et ici, la névrite périphérique ne pouvant guère être mise en cause, c'est évidemment la lésion médullaire qui a amené l’arthropathie.

.l’ajouterai encore que l'on a signalé dans 1 atrophie musculaire mgélopathique des arlhropatbies nerveuses types, analogues liai1 leurs symptômes et leurs lésions à celles du tabes ou de la syringomyélie : la plupart des cas cités par Remak et par Rosenthal se rapportent à des syringomvélies méconnues, cela est du moins plus que probable. Cependant Pantois et Étienne ont observé un atrophique qui présentait une véritable arthropathie nerveuse; l’examen de la moelle montra qu'il ne s’agissait ni de tabes ni de syringomyélie, mais bien d une poliomyélite chronique. C’est Là un fait des plus exceptionnels et pour ma part je n’ai jusqu’ici jamais rencontré d’arthropathie chez les sujets atteints de poliomyélite chronique ou de sclérose latérale amyotrophique, .l'estime que dans le cas précédent il s’agit vraisemblablement d’une coïncidence.

11. Arthropathies au cours de diverses affections du cerveau, de la moelle épinière et des nerfs périphériques. — Dans beaucoup de lésions cérébrales , médullaires ou névriliques , on a signalé l’existence de lésions articulaires. Mais si l'on se rapporte aux descriptions données par les auteurs, on remarque que ces affections articulaires évoluent d'une façon tout à fait différente des arthropathies tabétiques ou syringomvéliques : à ne regarder que les symptômes cliniques par lesquels elles se traduisent, on voit qu’elles si* rapprochent beaucoup des arthrites infectieuses banales, bonde, qui a lait un relevé d un grand nombre de ces observations, les classe d’après leur évolution clinique dans les trois variétés suivantes : dans la forme aiguë, les signes sont ceux d'une arthrite infectieuse ordinaire, on observe

SÉMIOLOGIE DU SYSTÈME SE EU EUX

du gonflement de l'articulation, de la rougeur, de la douleur. le membre est immobilisé par la contraction réflexe des muscles. On observe de la lièvre et des phénomènes généraux; après une durée variable, la maladie se termine par résolution ou par suppuration.

Dans la forme subaiquë, le début se lait également au milieu de phénomènes inflammatoires violents, l’articulation est gonllée, rouge et douloureuse: puis la douleur se calme, mais l'épanchement persiste et s’éternise sous forme d'hydarlhrose.

Enfin, dans la forme chronique, après un début aigu et une marche lente, l’arthrite se termine par ankylosé fibreuse ou osseuse.

Comme on le voit, la douleur, l’immobilisation du membre, le mode de terminaison enfin, séparent nettement ces arthrites des arthropalhies tabétiques ou syringomyéliques. Mais d’autres signes les iiiiïérencient également des arthrites infectieuses ordinaires : c’est tout d’abord leur localisation dans le domaine de la paralysie dont elles ne sortent pas dans la grande majorité des cas : aussi, bien qu'il puisse s'agir de phénomènes infectieux, la localisation de l'infection ne semble pouvoir se faire que sur une articulation déjà malade du fait de la paralysie. D’autre part, les lésions constatées à l’autopsie, bien qu elles ne rappellent en rien les désordres si profonds du tabes et de la syringomyélie, ont présenté pourtant, dans un certain nombre de cas, quelques caractères qui les séparent des lésions des arthrites aiguës banales : en elfet, en dehors îles signes d’inflammation très nets de la synoviale et des tissus périarliculaires, on a pu constater parfois, surtout dans les arthrites consécutives aux névrites, une atrophie des extrémités osseuses. Ces deux caractères, localisation sur le territoire de la paralysie et désordres anatomiques un peu particuliers, suffisent à justifier une étude spéciale de ces arthropatliies.

L’existence de phénomènes articulaires dans Vhérni/iléqie (Charcot) est connue depuis longtemps : ils peuvent présenter deux aspects très différents. Dans un premier groupe de faits, on peut ranger les arthrites à évolution aiguë qui surviennent peu de temps, une semaine ou deux, après le début de l’hémiplégie et qui du reste s’observent rarement. Elles frappent surtout les petites articulations des doigts et s’accompagnent souvent d’un oedème très considérable du dos de la main; la douleur est très vive, exaspéré»' par les moindres mouvements que l'on imprime à la jointure, et, ce qui montre bien qu'il s’agit d’une infection, la température présente parfois une élévation notable. Cette infection rend le pronostic de ces arthrites assez grave. Les lésions ici n'ont rien de caractéristique; comme l'a montré Charcot (1868), on trouve seulement une synovite végétante, un exsudât séro fibrineux mêlé de leucocytes, et des cartilages très légèrement altérés.

Bien plus souvent on observe une arthrite à évolution chronique, surtout fréquente à l'articulation scapulo-humérale. llitzig. quia le premier décrit cette variété, en fait une arthrite traumatique; les muscles qui entourent la jointure et qui sont, surtout à l’épaule, de véritables liga-

TROUBLES TROPHIQUES D'ORIGINE NERVEUSE

ineuls actifs, étant paralysés, l’articulation so trouve de ce fait exposée et soumise journellement à de nombreux traumatismes: ces irritations répétées Unissent par amener une arthrite chronique; ce u’esl là qu'une hypothèse peu admissible, l'our Gilles de la Tourelle, 1 arthrite relèverait surtout de l'immobilisation du membre par la contracture : ce qui confirmerait celte théorie, c’est que l'arthrite réapparaîtrait pas chez les hémiplégiques dont on a mobilisé tous les jours le membre contracturé. Contre cette manière de voir, on peut citer les cas assez nombreux où l'arthrite est apparue, malgré une hémiplégie incomplète, qui permettait des mouvements assez étendus des membres. D’autre part, l'hypothèse de Gilles de la Tourelle, que celle arthrite chronique suffirait à expliquer l'amyotrophie des hémiplégiques et les douleurs dont ils se plaignent ne me parait pas démontrée. Je me suis déjà expliqué sur ce sujet à propos des atrophies musculaires dans l'hémiplégie. (Yoy.p.191.)

Les affections médullaires les plus variées peuvent se compliquer d’arlhropathies ; les paraplégies par mal de Poil , les lésions traumatiques portant sur la moelle épinière, les myélites aiguës d origines diverses, s’accompagnent parfois de lésions articulaires développées dans le territoire paralysé. Ce sont là du reste des faits assez rares. L importance du trouble nerveux dans la localisation de l’affection est indiscutable, et Charcot a rapporté deux observations d' hémisection de la moelle avec arthrites aiguës, siégeant dans le genou du côté frappé de paralysie. Quant à l’affection articulaire elle-même, cl h* évolue parfois sur le mode aigu se terminant par résolution ou suppuration ; d’autres fois elle aboutit à une hydarthrose qui persiste indéfiniment, d'autres fois encore elle se termine par une ankylosé.

Dans quelques cas terminés par la mort, on a pu faire l’examen microscopique des articulations malades. Dans un cas de Vallin, il s agissait d’une myélite aiguë centrale; vingt-cinq jours après le début le malade présenta une double hydarthrose des genoux avec œdème sur tout le membre; l’affection eut une évolution subaiguë; un des genoux contenait un liquide citrin, l’autre un liquide purulent, sanieux, d'aspect noirâtre; les cartilages étaient érodés, la synoviale enflammée et épaissit'; les condyles étaient atteints d’ostéite raréfiante.

Dans certains cas de névrites dues à une plaie, à une contusion d'un nerf, ou à un phlegmon de la main, on a observé parfois des troubles articulaires. L évolution de l'affection articulaire peut être aiguë, subaiguë ou chronique; les seuls points à signaler, c’est que l’arthrite est souvent accompagnée d’un œdème considérable qui s’étend à tout le membre, et qu’elle se termine fréquemment par une ankylosé. L’anatomie pathologique de l’arthropathie névritique est basée sur quelques observations (Blum, Reuillet et Boulbv) où l’examen microscopique a pu être fait : dans ces trois cas on a constaté la destruction des cartilages, I atrophie des tètes osseuses, et de l'ostéite raréfiante.

Ces troubles articulaires, au cours de la névrite traumatique, ont été décrits pour la première fois par W. Mitchell ('1864 et 1874), à la suite

de lésions des nerfs périphériques : contusions, plaies des nerfs, compression par une luxation. Ces arthrites peuvent se montrer très rapidement après le traumatisme et simuler des arthrites d’origine rhumatismale.

Dans la poli/ névrite de cause infectieuse ou toxique, les lésions des jointures sont très rares : je ne parle pas ici, bien entendu, des ankylosés plus ou moins marquées, consécutives à l'immobilisation prolongée des membres. Il ne faut pas en outre mettre sous la dépendance de lésions nerveuses, les arthrites plus ou moins généralisées que l’on observe parfois au début de la polynévrite et qui sont la conséquence de l’infection générale.

Dans la lèpre , par contre, il n’est pas rare de rencontrer, surtout au niveau des extrémités des membres, des arthropathies avec résorption des tètes articulaires.

Je rappellerai qu’un certain nombre d’auteurs ont voulu ranger le rhumatisme chronique déformant parmi les arthropathies d’origine nerveuse : ils appuient principalement leur manière de voir sur l'évolution symétrique et progressive de l’affection, et ils invoquent en faveur de celle idée les plaques de méningite spinale que l’on a rencontrées dans un certain nombre de cas de rhumatisme chronique et la présence fréquente dans celle affection du signe de Dabinski (A. Péri). Pour ma part, jusqu’ici, il ne me paraît pas encore possible d’établir un rapport entre ces lésions médullaires et les lésions arthropathiques ; ce ne sont vraisemblablement que des faits pathologiques concomitants, résultant tous les deux d’une même infection primitive.

III. Hydrops articulorum intermittens. — C’est une affection excessivement rare, décrite pour la première fois par Moore et dont le symptôme principal est un épanchement passager dans les articulations. Par son allure elle ressemble beaucoup aux troubles trophiques cutanés d’origine nerveuse. Périodiquement, tous les quelques jours ou toutes les quelques semaines, le plus fréquemment au niveau du genou, mais parfois dans d’autres articulations — vertèbres, mâchoires — (Féré), on voit se former un épanchement synovial sans réaction locale, sans trouble thermique ou douloureux, sans modification apparente de la peau. Au bout de trois à huit jours, il y a résorption du liquide et tout est fini. Tantôt l'hydarthrose apparaît d’emblée, tantôt elle est précédée d un traumatisme ou se manifeste chez un individu nerveux ou de souche nerveuse; la maladie de Basedow ,/’ hystérie ont été notées comme concomitantes de l’hydrops articulorum intermittens. Chez une hystérique, Féré a vu l’hydrops apparaître au moment de la suppression de la morphine et disparaître à la suite d une injection. Des troubles trophiques cutanés sous-dermiques ou des annexes de la peau se sont associés plusieurs fois à cette manifestation nerveuse, qui ne saurait être regardée, malgré sa ténacité parfois très grande, comme une variété de rhumatisme articulaire aigu ou sulmigu.

TROUBLES TROPHIQUES D'ORIGINE NEIGEUSE

lOSà

L’hydrops articulorum intermittens, de même <|ue les autres arthropalliies nerveuses, n’a pas une pathogénie élucidée d'une façon précise. La paralysie vaso-motrice, l’action des nerfs ou des centres trophiques, l'influence réflexe ont été tour à tour invoquées, mais sans preuves suffisantes à l’appui.

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