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II. — - Troubles trophiques cutanés dans les névroses

Dans la première édition de cet ouvrage, j’avais cru devoir donner à ce chapitre une certaine étendue. A cette époque, le travail de révision

Fig. 55i. — Rétraction de l’aponévrose palmaire. .Maladie de Dupuytren — avec troubles de la sensibilité à topographie radiculaire — remontant à huit ans, chez un homme de cinquante-trois ans. Ici il existe des deux cotés une bande d’hynoesthésie dans le domaine de Cvm et de lit (voy. lig. iiô et ttii. (Salpêtrière, 1909.)

TROUBLES TROPHIQUES D'ORIGINE NE RUE USE

de l’hystérie, qui s’est fait au cours de ces dix dernières années, n’était pas encore entamé et l’on faisait rentrer dans cette névrose toute une série de troubles trophiques, .levais l’appeler rapidement en quoi ils consistaient et on verra ensuite ce qu’il faut en penser.

Ces trouhles trophiques « hystériques » constituaient une série ininterrompue allant des plus graves aux plus légers. Le dermographisme et l’urticaire formaient le premier degré. Cette dernière aurait été liée le plus souvent à l’attaque hystérique. Puis venait l’œdème avec ses deux variétés : l’œdème blanc décrit par Sydenham, l’œdème bleu décrit par Charcot. Quant aux éruptions cutanées soi-disant hystériques, elles avaient presque toujours le caractère bulbeux, pustuleux ou vésiculeux. On avait signalé un herpès zoster gangréneux d’origine hystérique; des cas d’eczéma hystérique avaient été produits.

Mais les troubles trophiques les plus importants que l'on rattachait à la névrose étaient les hémorragies et les gangrènes de la peau. Les hémorragies, plus ou moins localisées, rappelaient d’ordinaire la disposition des plaies de Jésus-Christ sur la croix. On croyait avoir observé l’apparition de ces stigmates à la suite de la suggestion hypnotique.

D’autres troubles cutanés avaient encore été décrits. On parlait de eanitie hystérique, d’onyxis hystérique. Bref, on était arrivé à faire rentrer dans l’hystérie tous les faits que l’on ne s’expliquait pas.

Une réaction devait fatalement se produire. On sentait de toutes parts la nécessité de réviser les choses et, en 1908, la « Société de Neurologie de Paris » s’est efforcée de classer tous ces faits. Quelle que soit la définition que l’on donne de l’hystérie, il est certain que l’on ne saurait y faire rentrer la plupart des prétendus troubles trophiques, Pour certains d'entre eux, il est démontré qu’ils sont le fait de la simulation. C’est le cas des lésions cutanées à forme de pemphigus et de gangrène : c'est le cas de bon nombre d’œdèmes dits hystériques où on relève souvent la trace d’un lien constricteur. Chaque fois que le sujet a pu être soumis à une surveillance, on a découvert la supercherie. Tantôt il s’agit de ce besoin morbide de mensonge que Dupré nomme mythomanie. Parfois il s’agit d’ auto- mut ilaleurs comme dans le cas de Dieulafoy, où un malade se produisait, par des applications de potasse caustique, des escarres profondes à un bras. Croyant à une lésion irrémédiable, on lui proposa l’amputation et il accepta cette solution! Ces cas de « pathomimie » sont certainement des plus rares. Le plus souvent le simulateur agit dans un but intéressé. Dans tous les cas de ce genre, le devoir du médecin est de songer à une fraude. Il faut, pour en écarter l’hypothèse, isoler le malade, le soumettre à une surveillance de tous les instants, couvrir la lésion d’un pansement cacheté, etc. Mais ce serait sans doute une exagération que d’expliquer tout par la simulation. Parmi les lésions cutanées (pie les anciens auteurs attribuaient si généreusement à l’hystérie, il est des cas où la simulation n’intervient pas. Ce n’est pas à dire qu’il soit prouvé que l’hystérie v intervienne davantage. Il est vraisemblable qu’un certain nombre ne furent que des erreurs de

SÉMIOLOGIE DU SYSTÈME Eli T EUX.

diagnostic (œdème aigu angioneurotique, pemphigus infectieux, etc.), qu’aurait redressées un examen plus approfondi du malade. En tout cas, si des iroubles trophiquescutanés peuvent exister au cours des états fonctionnels, ils sont sans contredit des plus rares : à l’heure actuelle, on ne sauiail prendre au sérieux la relation d’un de ces cas qui ne serait pas accompagnée des plus sérieuses investigations cliniques et biologiques.

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